The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Cte d'Ivoire, by Various

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Title: Le Tour du Monde; Cte d'Ivoire
       Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: July 29, 2009 [EBook #29538]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; CTE D'IVOIRE ***




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                    LE TOUR DU MONDE




                         PARIS
                IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
                  20, rue du Dragon, 20




                NOUVELLE SRIE--11e ANNE
                       2e SEMESTRE




                    LE TOUR DU MONDE

                         JOURNAL
              DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS




                     Le Tour du Monde
             a t fond par douard Charton
                        en 1860




                         PARIS
              LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
             79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
         LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
                          1905

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES MATIRES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_

  I. De Paris  Srnagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay 
     Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de
     Rawal-Pindi  Srnagar. -- Les Kachmiris et les matres du
     Kachmir. -- Retour  la vie nomade.                             1

  II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et
     batelires. -- De Baramoula  Srnagar. -- La capitale du
     Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de
     Srnagar.                                                      13

  III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. --
     Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de
     Martand. -- De Brahmanes en Moullas.                           25

     IV. Le plerinage d'Amarnth. -- La valle du Lidar. -- Les
     plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre.
     -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles.           37

  V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et
     hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. --
     Frissons d'automne. -- Les adieux  Srnagar.                  49


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.

  I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso.
     -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. --
     Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? --
     Arrive  Dioubasso.                                           61

  II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De
     Mop  Betti. -- Bni, roi de Betti, et sa capitale. --
     Retour  Petit-Alp.                                          73

  III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur
     conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
     Supriorit de la faune.                                       85

  IV. La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.                                              90


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_

  I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial.
     -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre 
     Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur.
     -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un
     enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
     blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes
     de l'le.                                                      97

  II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
     Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la
     Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de
     l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte
     orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
     de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer.             109

  III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San
     Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
     aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
     le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates
     sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
     L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par
     le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut
     chercher  Elbe les vraies reliques impriales. Apollon
     gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse
     Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
     la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du
     Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les
     broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
     Porto-Ferraio.                                                121


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

  I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route
     d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu
     d'Alep.                                                       133

  II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
     Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
     Souvenirs des Htens. -- Excursion  Resapha. -- Comment
     atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin  Orfa!    145

  III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep.
     -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.                                        157


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_

      qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou
     Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. --
     L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. --
     L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
     Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir.                           169


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_

  I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole
     sacre. -- Les glises, les palais: deux poques.             182

  II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
     moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
     Kreml et la ville.                                            193

  III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
     L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. --  bord du
     _Sviatoslav_. -- Une visite  Kazan. -- La sainte mre
     Volga.                                                       205

  IV. -- De Samara  Tomsk. -- La vie du train. -- Les
     passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe:
     l'effort des hommes. -- Les migrants.                        217

  V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux
     fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de
     l'tat dans l'oeuvre de colonisation.                         229

  VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
     Grande-Russie. -- Conclusion.                                 241


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_

     La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
     d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de
     Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. --
     Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
     Procds employs pour le transfert des fresques.             253


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_

  I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession
     franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour  notre
     concession. -- La police municipale et la prison. -- La
     cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de
     volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux.          265

  II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. --
     Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
     d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le
     fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
     Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
     Fou-tchou-road. -- Statistique.                              277


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_

     Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut
     Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
     L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
     Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la
     casuistique de la Constitution.                               289


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_.

  I. -- Arrive  Astrabad. -- Ancienne importance de la
     ville. -- Le pays des Turkomans:  travers le steppe et les
     Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque;
     son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de
     Kirman.                                                       301

  II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la
     faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et
     dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
     province. -- Une saison sur le plateau de Sardou.             313

  III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe
     Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad.  325

  IV. -- Dlimitation  la frontire perso-baloutche. -- De
     Kirman  la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de
     dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la
     Commission. -- De Kouak  Klat.                              337

  V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
     Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le
     Helmand. -- Retour par Yezd  Kirman.                         349


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_

     De Sagon  Pnm-penh et  Compong-Chuang. --  la rame sur
     le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap.
     -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la
     civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
     -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le
     palais de Norodom  Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne
     devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor.        361


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_

  I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
     valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march
     de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana.                    373

  II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
      Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.                       385

  III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la
     Couronne.                                                     397


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._

  I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
     -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march.
     -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
     aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits
     enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais.           410

  II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.                           421

  III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
     La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
     jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
     l'eau.                                                        423

  IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
     Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le
     fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu
     des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
     filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. --
     Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. --
     Houille locale.                                               433


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_

     Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos  travers les
     dynasties,  l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur
     spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs.         445


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_

  I. -- De Tachkent  Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
     En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les
     gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
     chef kirghize.                                                457

  II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
     traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
     valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
     Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue
     du Khan-Tengri.                                               469

  III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
     valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef
     kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar.
     -- Arrts par les rochers.                                   481

  IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. --
     En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqus
     par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle
     de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. --
     Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize.   493

  V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous
     retrouvons la douane. -- Arrive  Prjevalsk. -- La
     dispersion.                                                   505

  VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et
     Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
     khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
     -- Mariages khirghizes. -- Conclusion.                        507


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_

     Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
     l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
     vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La
     pche aux baleines. -- Excursions diverses  travers
     l'Archipel.                                                   517


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_

     Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et
     ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels
     de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
     les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
     L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La
     fivre de la politique.                                       529


UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_

  I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
     Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois.      541

  II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
     Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
     Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la
     parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
     posie.                                                       553


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_

     Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
     -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
     Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements
     indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
     plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
     Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
     -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
     Sidi Abd el-Aziz.                                             565


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_

  I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
     _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La
     Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
     hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
     palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. --
     Un souvenir de l'inondation du Tage.                          577

  II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
     Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre
     du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. --
     Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses
     transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
     -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
     est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite
     mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle
      la bataille de Toro.                                        589

  III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les
     chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa
     Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
     portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. --
     Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
     couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes.           601

  IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son
     architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de
     l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa
     mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
     Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
     -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss
     et dors.                                                     613




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--6e LIV.          N 6.--11 Fvrier 1905.

[Illustration: La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement
de force pour la mise  l'eau d'une pirogue. D'aprs une photographie.]




SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par le Docteur LAMY

_Mdecin-major des troupes coloniales._

     I. -- Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso. --
     La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. -- Villes et
     villages abandonns. -- O est donc Betti? -- Arrive 
     Dioubasso.


[Illustration: Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de
l'auteur.--D'aprs une photographie.]

Le 25 novembre 1898,  Marseille, je m'embarquais  bord du _Stamboul_,
impatient de faire la connaissance des officiers avec lesquels je devais
voyager: le capitaine du gnie Houdaille, chef de mission, que nous
devions appeler le commandant pour le distinguer des deux autres
officiers du mme grade, Crosson-Duplessis et Thomasset; le lieutenant
du gnie Macaire et l'adjoint du gnie Borne.  ces officiers, le
commandant avait joint 7 sergents, 8 caporaux et soldats, tous du gnie.
Au total, 21 Europens.

Longeant les ctes d'Espagne, afin d'viter les lames encore trop
violentes, nous passions Gibraltar, faisions escale  Las Palmas, puis 
Dakar, o s'embarquaient le capitaine Thomasset et vingt-cinq
tirailleurs sngalais qu'il avait recruts pour servir d'escorte  la
mission.  Konakry, nous choisissions les porteurs qui nous taient
ncessaires. Ils taient quatre-vingt-quatre, diviss en quatre quipes:
Sngalais, Sous-Sous, Mends, Timns.

Le 16 dcembre, nous dbarquions  Grand-Bassam, sans avoir trop 
souffrir de cette fameuse barre dont on nous parlait depuis notre
dpart. Il est vrai que si elle fut clmente pour nos personnes, elle le
fut moins pour nos nombreuses caisses d'instruments, de vivres, etc...,
dont quelques-unes reurent un bain d'eau sale.

Heureusement nous arrivions en dcembre! car c'est surtout pendant les
mois d'avril  septembre que la barre occasionne de nombreux et graves
accidents aux voyageurs qui, sur les grosses pirogues de barre conduites
par des Minas ou des Kroumen, doivent affronter les normes vagues
venant se briser sur le rivage avec un bruit de tonnerre.

 terre, installs dans une ancienne factorerie, nous terminons nos
prparatifs, tout en recueillant sur l'intrieur du pays les
renseignements qui pourront nous tre de quelque utilit. Mais,  notre
grand tonnement, nous constatons que, en dehors de la lagune et du
fleuve Como, la fort est compltement inconnue. Il faut donc faire
quelques reconnaissances prliminaires; le capitaine Crosson-Duplessis
et le lieutenant Macaire se rendent  Petit-Bassam; le capitaine
Thomasset  Dabou, sur la lagune.

Le dimanche, 25 dcembre, la fte de Nol vient nous rappeler, par de
nombreux et bruyants tam-tams, que nous sommes en pays ngre jouissant
d'un certain degr de civilisation. En effet, pendant ces danses, les
noirs se vident des flacons d'essences et d'alcools parfums sur la tte
et les paules: cela s'appelle fter le christmas chez les indignes,
dont quelques-uns connaissent certains mots anglais et subissent
l'influence de Cape Coast, grce  leur mlange avec les Apolloniens. 
la fin du mois, les prparatifs sont termins; nous avons fait
l'acquisition de trois interprtes, de quelques boys, et, le 30
dcembre, nous quittons Grand-Bassam pour remonter le fleuve Como 
bord de la canonnire le _Diamant_, jusqu'au point terminus de la
navigation, Petit-Alp,  50 kilomtres de la cte. C'est l que se
montrent les premiers rochers dans le lit du fleuve; aussi les vapeurs
faisant le commerce s'arrtent-ils  Petit-Alp pour y transborder
leurs marchandises dans les pirogues du pays; celles-ci remontent la
rivire jusqu'aux rapides infranchissables de Malamalasso,  60
kilomtres plus loin.

En dbarquant  Petit-Alp, nous dbutons dans notre voyage  travers
la fort: c'tait la vraie vie de brousse qui allait commencer pour
nous. Aussi, laissant de ct les maisons des ngociants et les cases du
village, commencions-nous par tablir le campement, opration trs
simple quand l'emplacement a t choisi et qui se rpta bien souvent
par la suite.

 Petit-Alp, il nous fut facile de nous initier et peu  peu de nous
accoutumer  notre nouvelle faon de vivre en pleine fort; nous avions
encore sous la main les ressources alimentaires et autres des
factoreries de Grand-Bassam.

[Illustration: Travail et maternit ou Comment vivent les femmes de
Petit-Alp.--D'aprs une photographie.]

Une nuit,  deux heures du matin, j'entendis mes deux voisins qui se
levaient prcipitamment. Ils venaient tous deux de se rveiller,
entours de fourmis, de grosses fourmis noires, aux morsures trs
douloureuses; leurs lits, leurs tentes, en taient couverts; j'eus le
temps de m'habiller et de sortir de chez moi assez rapidement pour
viter cette invasion. Ces armes de fourmis sont si nombreuses qu'il
n'y a qu' partir, les laisser passer, et on revient tranquillement
quelques heures aprs. Le feu, la fume, n'y peuvent rien.

D'ailleurs le jour se levait, et  nos souhaits de ne plus avoir de
sitt une nouvelle alerte, nous mlions nos voeux de bonne anne:
c'tait le 1er janvier!

Le lendemain avait lieu le dpart pour la brousse; nous l'attendions
avec impatience depuis notre arrive dans la colonie. La corne annonce
le rveil: il est six heures. Les tentes sont plies, les cantines
fermes, et chaque porteur se place auprs de sa charge, sur laquelle il
assujettit de son mieux son lger bagage personnel. En avant! et la
colonne se met en marche sur l'unique sentier qui sort de Petit-Alp et
se dirige vers Motso et Grand-Alp.

[Illustration:  Motso: soins maternels.--D'aprs une photographie.]

Quelques tirailleurs forment la tte du cortge: le pays est inconnu, et
nous ne savons encore quelle rception nous devons attendre des Attis.
Ceux-ci sont, en effet, proches parents des Ebris, avec lesquels le
Gouvernement de la Cte d'Ivoire est en hostilits depuis plusieurs
mois; de plus, les peuplades de la fort nous ont t dpeintes comme
trs guerrires et armes de fusils de traite en grand nombre. Le gros
des porteurs est au centre;  l'arrire-garde les Europens et les
derniers tirailleurs.

Dans le sentier troit, montant, la colonne s'allonge; il faut marcher
en file indienne, l'un derrire l'autre, en vitant du pied les racines,
de la tte, les lianes qui barrent le chemin. Un tronc d'arbre norme,
abattu par le dernier orage, intercepte le sentier; il faut passer. Les
porteurs de petite taille se glissent sous le tronc, d'autres
contournent l'obstacle pendant que quelques paresseux dposent leurs
charges et profitent de cet arrt pour prendre un repos de courte dure.

Nous arrivons  Motso, aprs quatre heures de marche, et constatons
avec dsappointement que le village est de peu d'importance et
compltement vacu par les habitants. Le chef ne peut fournir de
vivres, dit-il; il ne possde rien. C'est la misre dans tout son pays,
tandis que ses voisins de Grand-Alp et de Memni sont dans l'abondance.

Le campement est cependant tabli  300 mtres environ du village, et
pendant que les officiers commencent le lever du pays, je me rends 
Grand-Alp, en compagnie de mon boy Allou.

Ce brave garon, n aux environs de Grand-Bassam, s'tait propos pour
mon service  mon arrive dans la colonie. N'ayant aucune indication
pour clairer mon choix, j'accepte Allou en lui faisant crdit sur la
mine: la figure me parat franche, bien ouverte, et, de temps en temps,
un clair d'intelligence illumine son visage toujours souriant. Je lui
parle: il comprend que je m'adresse  lui; mais c'est tout, et avec
empressement il m'apporte le premier objet qu'il a sous la main.

Je ne puis demander plus et le nomme mon boy-cuisinier.

En sa compagnie, je me dirige donc vers Grand-Alp; sur l'paule, j'ai
mon fusil de chasse qui me quitte rarement, tandis qu'Allou porte
l'insparable appareil photographique. Aprs une heure de marche, la
fort devient moins paisse et,  travers une claircie, j'aperois
devant moi le village.

Sur l'unique rue s'alignent, de chaque ct, les cases en terre,
recouvertes de feuilles de palmiers. Les toits se succdent aussi loin
que peut aller la vue, et les dernires maisons se perdent dans la fort
qui,  l'autre extrmit de la rue, recommence,  demi voile par le
brouillard et la fume du village.

L'entre de la rue est barre par une sorte de palissade ne laissant
passage qu' une personne; les pieux se sont transforms en arbres et
sont couverts de feuilles. Une branche de palmier ferme le haut de la
porte et,  terre, de chaque ct, sont entasses les poteries du pays,
auxquelles adhrent encore des plumes, du sang, des jaunes d'oeufs. La
palissade n'est pas dfensive. C'est ftiche! me dit mon boy. Seules,
les personnes au coeur loyal et que n'animent pas de mauvaises
intentions, peuvent y passer.

Nous entrons, mais dj notre arrive est signale. Dans tout le
village, ce sont des cris: toutes les portes s'ouvrent et, dans la rue,
chacun se sauve, s'arrtant de temps en temps pour m'examiner de loin.
Les animaux domestiques, chvres, poulets, effrays, sautent de tous
cts et augmentent le vacarme. Allou explique de son mieux mes
intentions pacifiques et,  la dfiance, succdent immdiatement un
sans-gne et une curiosit sans bornes. Je suis entour, touch de tous
cts. On m'offre des oeufs, des poulets, du vin de palme, et l'on me
demande mon fusil, un cadeau....

Je n'ai pour salut que la fuite et je repars bien vite pour Motso.

Notre sjour  Motso me permit de faire connaissance avec quelques
habitants et, en tudiant leurs moeurs et leurs coutumes, d'tre tmoin
de quelques scnes de famille.

 la Cte d'Ivoire, il est d'usage, au moins sur le littoral et  peu de
distance de la cte, de combattre l'atonie de l'intestin par des lavages
quotidiens. Sur une petite pierre, aplatie par l'usage, sont mlanges
diverses poudres de graines de diffrentes couleurs, parmi lesquelles le
poivre et le piment rouge. Le tout, bien cras, est dlay dans de
l'eau et introduit dans l'appareil destin  cet usage. Cet appareil
n'est autre qu'une courge en forme de carafe, perce aux deux
extrmits, et qui se rencontre communment dans le pays. Il n'est pas
rare, en plein Grand-Bassam, de voir, vers six heures, au petit lever,
les indignes, hommes ou femmes, sortir de leurs cases, tenant  la main
l'appareil tout prpar. On se promne, on se dit les nouvelles, puis
chacun se retire  quelques pas et, derrire un coin de case,
s'administre le contenu de la courge. L'opration acheve, la
conversation est reprise; on se rend au march en oubliant que l'on
tient toujours  la main l'instrument qui vient de servir.

 Motso, j'entrai dans une case, attir par les cris d'un enfant au
moment o la mre s'apprtait  rendre ce service  son dernier n. Je
priai la mre de ne se dranger en aucune faon et je la vis introduire
un appareil de petit modle et souffler fortement  l'extrmit oppose.
L'opration tait termine et russie, ce dont je fus averti par les
cris de l'enfant.

[Illustration: Installation de notre campement dans une clairire
dbroussaille. D'aprs une photographie.]

Pendant mes excursions aux environs, je dcouvris, au milieu d'une fort
de palmiers, ce que je pourrais presque appeler une usine pour la
fabrication de l'huile de palme. Cette usine, compose de plusieurs
hangars dpendant du village de Grand-Alp, contenait une douzaine de
mortiers de trs grande taille, creuss dans d'normes troncs d'arbres.
 l'aide de gros pilons en bois, les indignes crasent dans ces
mortiers les graines de palmiers quand elles sont rouges, c'est--dire
bien mres. L'huile recueillie est place sur un feu violent dans de
grandes terrines; l'eau s'vapore, et l'huile ainsi pure est bonne au
commerce ou  l'usage indigne. On la transporte  la lagune et, de l,
dans la factorerie; une petite quantit est conserve pour l'clairage,
quelques soins mdicaux et surtout pour la cuisine: elle sert  prparer
le plat du pays, le _foutou_, fricasse d'animaux divers, fortement
pice.

[Illustration: Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie,
et une douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
de palme.--D'aprs une photographie.]

Les relations trs cordiales pendant les deux premiers jours ont, au
troisime, brusquement chang. Un des notables du pays, accompagn de
ses deux femmes, vint se plaindre d'un de nos porteurs, qu'il accusa
d'avoir voulu attenter  l'honneur et mme aux jours de ses compagnes.
On parle, on discute: tapage pouvantable pendant une demi-heure. Tout
le village commente l'histoire avec force gestes et cris; on se comprend
de moins en moins. Le vieux et ses deux femmes, voyant que l'on ne fait
pas droit  leur requte en leur donnant un cadeau proportionn 
l'offense, se retirent furieux, quand le porteur, sujet de la
discussion, apprenant la cause de tout ce bruit, vient trouver le
commandant. Il voulait tout simplement acheter des ignames que portaient
ces dames; effrayes, elles ont prfr prendre la fuite. Tout
s'explique, et aprs une heure et demie de palabre, l'accord est fait.

En quittant Motso, nous arrivons, aprs une heure de marche,  Memni,
o se trouve une mission catholique. Nous ne faisons qu'y passer et nous
nous mettons en marche dans la direction de Dengura.

Au sortir du village, le chemin n'est autre que le lit d'un ruisseau
dans lequel il faut patauger pendant prs d'une heure. Nous le quittons
au moment o, l'habitude aidant, nous commencions  comprendre et 
estimer la prfrence des noirs pour ce genre de chemin, qui, outre
qu'il est tout trac, prsente l'avantage de rafrachir les pieds
pendant la marche.  la sortie du ruisseau, le sentier est presque
impraticable.  tout instant ce sont des obstacles, des lianes surtout,
qui, s'accrochant aux charges, les font tomber de la tte des porteurs.
Nous avons quelque raison de regretter le joli ruisseau au-dessus duquel
la brousse rare et leve permettait un passage facile. La halte, vers
midi, est de courte dure, et, le soir, nous devons nous arrter en
pleine fort pour prparer le campement.

En vitant autant que possible les fourrs trop pais, les arbres
pineux ou  racines sortant du sol, il nous est facile, en moins d'une
demi-heure, d'avoir un emplacement net et prt  recevoir les tentes.
Les porteurs, mettant  terre leurs charges, s'arment de leur sabre
d'abatis et frappent  qui mieux mieux, tranchent lianes, arbustes, pour
en rejeter les dbris sur les cts. En quelques minutes, sur
l'emplacement indiqu par chacun de nous, les tentes s'lvent, et, dans
la solitude et le silence de la fort, surgit un village o chacun
termine rapidement son installation. Les boys montent le lit du matre,
alignent les cantines ou versent dans la cuvette d'mail l'eau boueuse;
plus loin, les tirailleurs et les porteurs, allumant leurs feux,
prparent le repas ou nettoient le sol sur lequel ils doivent reposer.

Mais la nuit s'avance plus tt que d'ordinaire; le vent s'lve et
devient plus froid: tout annonce une tornade pour la nuit. Pendant que
l'on consolide les tentes, les porteurs prvoyants cherchent un abri;
une racine d'arbre sur laquelle ils appuient des branches de palmiers,
et voil leur refuge,  moins que, stoquement, connaissant d'avance
l'inutilit de leurs travaux, ils ne prfrent attendre l'orage. Dj le
tonnerre a rsonn au loin et s'avance rapidement.

Le repas, bien sommaire, se termine  la lueur des clairs, de plus en
plus brillants. Sous les arbres touffus, les roulements de tonnerre sont
sans fin, et le vent, qui augmente de force, fait craquer la cime des
arbres et jette  terre les branches pourries et couvertes de
mousses.... Un grand silence, et tout parat se calmer, quand un coup de
vent formidable vient ranimer les feux qui s'teignaient; les
tincelles, les feuilles volent de tous cts; la pluie tombe 
torrents.

 l'abri, sous nos tentes, nous nous endormons au bruit monotone de
l'eau sur la toile, entrevoyant,  la lueur des derniers clairs, les
noirs, le dos  la pluie, les pieds auprs du feu teint et fumant
encore. Au bruit de l'eau qui tombe se mle la voix du conteur qui,
toute la nuit, fera oublier  ses amis, insouciants, l'inclmence de la
nature.

La fracheur de la nuit nous permet un repos rconfortant; aussi, au
signal du lever, tout le monde est dispos et prt  reprendre la marche
en avant. Les noirs se secouent, tordent leurs habits et se rendent au
travail, car, toute la journe, il faut faire le lever du pays.

Trois jours entiers, dans ce camp, nous vivons en pleine humidit;
aussi, le 16 janvier, au matin, le quittons-nous avec empressement. Un
guide de Memni doit nous conduire  Dengura. Il le fait bien malgr
lui, car les races de Memni et de Dengura sont diffrentes, par
consquent ennemies, et comme nous le verrons souvent par la suite, les
indignes n'aiment pas s'aventurer en pays inconnu.

Le terrain argileux rend la marche glissante et, aprs quelques heures
de voyage, la fatigue intervenant, les chutes de porteurs se font de
plus en plus frquentes. Le chemin, toujours trs mauvais, est coup de
nombreux cours d'eau auxquels succdent des marcages o l'on s'envase.
Il est dit que la journe sera dure.

Voici midi. Le soleil, qu'on ne voit pas, mais dont on subit la chaleur
torride, traverse l'pais rideau de verdure qui devrait nous protger.
La vapeur que l'on respire nous touffe, et toujours nous ne voyons que
marais et qu'humus glissant et dtremp. Pas trs gaie, cette marche,
dans les sentiers du pays: tellement d'herbe et de brousse que vous ne
voyez mme pas les talons de celui qui vous prcde. Impossible de lever
les yeux au ciel  cause des racines d'arbres qui vous font buter 
chaque pas;  droite,  gauche, des branches vertes, sches, pourries,
des fourrs, des arbres toujours, toujours.

Enfin, le terrain remonte peu  peu, le sol devient rsistant et, de
chaque ct, des plantations de bananiers, entrevues derrire la brousse
qui borde le chemin, nous annoncent qu'un village ne peut tre loign;
 deux heures, nous tions  Dengura.

[Illustration: Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file
indienne. D'aprs une photographie.]

Cette fois encore notre arrive tait annonce, car nous trouvions le
chef et les notables du village nous attendant sous une case. Il est, en
effet, presque impossible de passer une porte ftiche sans que votre
passage soit prvu. Les Attis, par raison stratgique, vitent de faire
dboucher les chemins brusquement en plein village: le sentier contourne
toujours une partie des habitations, et ce n'est qu'aprs un coude
prononc qu'il aboutit  la porte ftiche. En dehors des deux issues qui
se font face aux deux extrmits de la rue, le village est compltement
entour de broussailles qui s'opposent  toute attaque de ce ct.

Nous tions installs depuis la veille dans un campement, auprs du
village de Dengura, quand, vers midi, nous entendmes un tam-tam
tourdissant qui s'approchait de nous. C'tait le roi! le roi de
Dengura, ou plutt des diffrents groupes appels Dengura, et dont
nous ne connaissions que l'un des villages.

L'entre fut triomphale et bruyante; toute la suite royale hurlait 
pleins poumons, pendant que les tam-tams, de diffrentes tailles,
faisaient rage. Six noirs, au souffle puissant, la figure et le cou
gonfls par l'effort, faisaient rsonner les trompes de sa Majest: des
dfenses d'lphant, perces d'une ouverture latrale auprs de la
pointe; l'accord, ainsi obtenu, tait d'une grande justesse.

L'importance de l'orchestre aurait pu nous faire esprer un roi puissant
et riche. Ce n'tait encore qu'un vulgaire chef noir sans autorit, se
reconnaissant le plus pauvre de tous ses sujets, et ne sachant que
tendre la main pour demander un cadeau.

Nous ne restmes au camp de Dengura que le temps ncessaire pour le
lever du chemin parcouru et de celui qui devait nous mener  Kodioso, o
nous campions quelques jours plus tard.

Toute cette partie de la fort entre Dengura et Kodioso a un aspect
particulier. Les grands arbres y sont peu nombreux; la vgtation parat
moins ancienne que dans les autres lieux dj visits, et ce sont, de
tous cts, plantations abandonnes et ruines nombreuses. De vritables
forts de goyaviers, aux troncs tortueux, recouvrent les emplacements
de villages immenses, de villes, tmoins jadis d'une population plus
nombreuse qu' l'poque actuelle. Les villages qui existent sont rares,
disperss et sans importance; les cases sont moins bien construites, et
beaucoup d'entre elles tombent en ruines.

[Illustration: Nous utilisons le fut renverse d'un arbre pour traverser
la M.--D'aprs une photographie.]

Sont-ce des villages dtruits, brls pendant les dernires guerres? ou
ne faut-il pas plutt voir dans ces ruines les consquences d'un abandon
volontaire, conforme  la coutume de la fort, qui est d'une hygine
bien comprise? Par la prsence d'une agglomration nombreuse, le sol est
souill; aussi, aprs un sjour de 40, 50 ans, les habitants
abandonnent-ils leurs cases: ils se dplacent. Il en est de mme pour
leurs plantations, dont ils jugent le sol appauvri par une culture
continue. Les arbres de la fort sont abattus, brls sur place, et l'on
a ainsi un nouveau champ, au sol fcond et enrichi par les cendres des
derniers incendies.

Pendant notre marche en avant, les provisions on rserve diminuant de
jour en jour, il nous fallait  chaque tape,  chaque village, nous
ravitailler auprs des habitants. Les ignames taient, depuis longtemps,
notre unique lgume, accommod  diverses sauces. Les poulets tiques du
pays, rares d'ailleurs, alternaient avec quelques cabris apports par
les chefs. Les indignes, qui ne mangent pas les oeufs, les offrent 
leurs divinits; aussi n'est-il pas rare, aux entres de village,  la
porte ftiche, de trouver une vritable omelette. Ces oeufs, conservs
pieusement, nous taient vendus  des prix exagrs, et rgulirement,
le pauvre Allou venait m'annoncer que sur la douzaine rcemment achete,
il s'en trouvait deux ou trois mangeables, je ne dis pas frais.

Notre disette de vivres nous fit donc estimer d'autant plus les cadeaux
du chef de Kodioso, o nous sjournmes quelques jours, s'il est
possible d'appeler cadeau un objet qui doit tre pay le double ou le
triple de sa valeur.

[Illustration: La popote dans un admirable champ de bananiers. D'aprs
une photographie.]

Il faut s'entendre, en effet, sur le sens donn au mot cadeau dans ce
pays. On vous offre un oeuf, un poulet, un boeuf,  une condition, la
seule, c'est de rpondre  cette gracieuset par une autre, mais de
valeur beaucoup plus grande. Si, au premier cadeau, vous ne donnez en
change qu'un objet juge insuffisant, vous pouvez dire adieu  toute
autre offre de ce genre. Par contre, si vous avez pay largement, c'est
une cohue de gens du village se prcipitant sous votre tente pour vous
faire un cadeau,  grand renfort de cris et de bousculades. Chacun
vous apporte quelque chose: un oeuf, un igname, un poulet, du vin de
palme, des ananas, des cannes  sucre, du poutou. L'objet offert n'est
pas encore en votre possession que le noir a dj dsign ce qu'il veut:
gnralement, un miroir, un couteau, parfois un fusil, votre casque,
voire mme vos propres habits.

Heureusement nous savions qu'un convoi de vivres, qui nous tait
destin, avait remont le Como et devait se trouver  Betti. Cette
seule esprance nous faisait avaler, avec moins d'amertume, les ignames
indignes et trouver savoureux le boeuf en boulettes ou en salade, que
le chef cuisinier retirait chaque jour de nos dernires botes de
conserves.

Suivant les cartes du pays et d'aprs le relev du chemin que nous
avions parcouru depuis Petit-Alp, Betti ne pouvait tre loin et
devait se trouver au nord-est. Quel ne fut pas notre tonnement, quand
le chef de Kodioso nous rpondit par l'interprte: Betti, connais pas!
mais Adoko ne peut manquer d'tre sur la route de ce pays.

On s'entend avec le chef de Kodioso, qui nous donne un guide pour nous
conduire, le soir mme,  Adoko. Avec plaisir on part en plein midi, et
cependant, au milieu des immenses champs de bananiers, quelle chaleur
jusqu' trois heures! On marche toujours aussi lgrement, jouissant
dj du repos annonc; nous devons, en effet, coucher  Adoko.

D'heure en heure, les kilomtres s'ajoutent aux kilomtres.  cinq
heures, on interpelle le guide: Adoko? La tte ahurie du personnage
nous tient lieu de rponse.

[Illustration: Indignes coupant un acajou.--D'aprs une photographie.]

Mais  quoi bon crier? il faut d'abord camper. O? Pas une goutte d'eau.
Nous devons donc reprendre la marche en avant.  six heures, le guide
desserre les dents pour nous annoncer la rivire M,  peu de distance,
_acaco-coco_, un peu loin, pas trop; ce qui veut aussi bien dire
quelques mtres que quelques kilomtres.

Je pars en avant avec le guide, et aprs une demi-heure de marche, nous
dbouchons brusquement sur une rivire, large de 80  100 mtres, la
rivire M. Mais pas d'Adoko. La nuit nous a dj surpris et nous force
 nous abriter sous quelques huttes abandonnes au milieu de la fort.

Notre campement tait tabli le lendemain sur les bords de la rivire,
auprs du pont qui la traverse. Un arbre immense a t jet au-dessus de
l'eau; la racine tient  la berge, et les branches prennent appui dans
le lit de la rivire.

Devant le camp, se trouve un acajou de plus de 50 mtres de longueur,
qui vient d'tre abattu rcemment par les indignes, ainsi qu'en
tmoigne l'chafaudage, frachement mont autour du pied de l'arbre. Le
tronc a prs de 1m50 de diamtre, et l'arbre, de la section aux
premires branches, a pu fournir cinq billes d'acajou de 4 mtres de
longueur chacune. Ces normes masses seront roules jusqu' la rivire
et voyageront, par le fleuve et la lagune, jusqu' Grand-Bassam, pour
tre, de l, expdies en Europe.

 Apiagui, o nous passions quelques jours plus tard, nous obtenions la
mme rponse que prcdemment: Betti tait inconnu. N'ignorant pas que
dans ce pays atti les mmes villages avaient des noms diffrents et
souvent nombreux, le commandant crut ncessaire d'expliquer qu'il
s'agissait d'un village sur un grand fleuve.... Le fleuve tait connu,
trs vaguement d'ailleurs, mais non Betti. Et cependant les vivres
faisaient compltement dfaut. Le menu quotidien tait toujours: igname,
boeuf de conserve, vin de palme. Plus de riz, plus de biscuit.

 Adoko, o nous arrivions le 30 janvier,  35 kilomtres de Kodioso,
ce fut encore la question pose au premier notable qui voulut bien nous
honorer d'une palabre. Betti tait toujours inconnu, ou plutt il
existait un village de ce nom, mais trs loin, si loin, qu'il tait
prfrable de se rendre d'abord dans le pays de Ska, qui n'tait pas
trop loign, et o les renseignements seraient certainement plus
prcis.

On ne pouvait attendre plus longtemps, et le 1er fvrier, le commandant,
avec le capitaine Thomasset et quelques tirailleurs, partait en
reconnaissance,  la recherche de Betti, et surtout du convoi de
vivres.

 six heures du matin, au moment o le commandant quittait le campement,
arrivait le chef d'Adoko, apportant une chvre en cadeau. Je suis
charg de rpondre  ce souhait de bienvenue par un autre prsent.
Pendant quelque temps, le chef erre dans le camp au milieu des porteurs
et des tirailleurs, et, ne voyant pas survenir l'objet prcieux attendu
en change, il dlie de ses propres mains la chvre attache  un arbre
et retourne au village. Je lui adresse mon interprte en lui faisant
dire qu'un cadeau donn ne peut tre repris.  ces justes observations,
le chef rpond que son cadeau n'a pas t pay et que, de plus, il a
t fait au commandant et non pas  moi. D'ailleurs, il se demande
pourquoi il s'occupe de tout cela, puisqu'il n'est pas le chef
vritable, lequel, effray de la prsence des blancs, est, parat-il,
dans la brousse.

Il tait de toute ncessit de voir le chef dont l'autorit s'tendait
sur le pays. On le fait demander. Il rpond qu'il viendra le lendemain.
Le lendemain, personne.  midi, on nous annonce son arrive. Cela dure
deux jours, et encore pas de chef. Enfin, le deuxime jour,  huit
heures du soir, les trompes royales rsonnent: c'est Sa Majest qui fait
son entre dans son village.

Au matin, il se prsente au camp, se croyant  son dernier jour, et
tremblant d'motion et de vieillesse.

Le pauvre petit vieux!

Il a nom Lelipi et porte la barbe du menton tresse en signe
d'autorit. Aprs un quart d'heure de palabre, se sentant encore en vie
et combl de cadeaux pour lui et ses royales pouses, il ne peut retenir
ses larmes. Il serre avec frnsie les mains des blancs assistant  la
runion et jette  nos pieds un peu de terre prise devant lui, signe de
grande reconnaissance et de profond respect.

Lelipi parat trs intelligent et possde une autorit vritable et
inconteste sur tous ses sujets. Il promet des porteurs pour transporter
les bagages, des vivres en abondance; tout marche  merveille.

Une bouteille de gin, donne en cadeau, court de main en main, passe de
bouche en bouche, et, rapidement absorbe par la Cour, met en mouvement
toutes les langues. Oumbrenon!--Les blancs! dit le roi, et dans ce
seul mot se condense son admiration pour nous.

[Illustration: La Cte d'Ivoire.--Le pays Atti.]

Nous sommes des amis, si bien que, le soir mme, je dbute et vais
tcher d'extraire, de la cuisse d'un jeune homme, des projectiles qui y
ont t placs par la maladresse d'un ami. Oh! tout simplement, comme en
France, une histoire de chasse. Son compagnon le prend pour une biche et
lui adresse la charge de son fusil en certaine partie charnue peu
protge chez les noirs de ce pays. Le mal n'aurait pas t grand si
c'et t du plomb bien calibr de Saint-tienne ou d'ailleurs. Mais ici
les chasseurs ne possdent pas de Lefaucheux et se servent de
canardires  pierre, longues de deux mtres et bourres, jusqu' la
gueule, de poudre et de balles. Les balles sont des rognures de fer, des
botes  conserves plies, qui font gnralement des plaies trs
srieuses. C'est ce produit qui a t administr  mon client, lequel ne
parat pas enchant de me voir  son chevet. Je ne puis pourtant
l'abandonner, car j'ai t conduit prs de lui par la volont du roi
qui, me voyant, ce matin, faire des pansements aux porteurs, a cru que
je pourrais en faire autant  son bless.

En me rendant chez mon client, j'ai rencontre,  un coin de rue, le
doyen de la Facult de Mdecine d'Adoko, une bonne petite vieille, 
figure rjouie, couverte de gris-gris, de perles, etc. Elle se demande
ce qui pourra bien advenir  ce pauvre garon, assez peu soucieux de sa
vie pour se mettre entre les mains d'un mdecin blanc! Cependant, nous
nous faisons bonne figure, et nous nous serrons les mains avec le
plaisir qu'on prouve  se trouver entre confrres.

Le projectile, qui a travers la cuisse, roule sous la peau. Une simple
incision peut le faire sortir. Je dois le gurir, me dit-on, mais il ne
faut pas parler d'opration. Impossible.

Je quitte donc le malheureux bless, qui continuera son martyre chaque
matin. Au moyen d'une baguette l'oprateur indigne repousse la peau, et
de cette faon, le projectile doit reprendre la voie par laquelle il est
entr. Le pansement se compose de feuilles bouillies dans une dcoction
d'corces astringentes.  mon retour, je retrouverai ce malheureux; la
balle sera tombe, et, avec elle, une partie des chairs de la cuisse.

Pendant notre sjour  Adoko, le roi tint toutes ses promesses. Aprs
des adieux touchants, nous nous dirigeons vers Dioubasso, en regrettant
de quitter ce pays, dont les habitants nous ont donn une si franche
hospitalit.

Le petit village de Dioubasso ne pouvait tre pour nous un centre assez
riche en ressources; aussi fut-il ncessaire de rayonner aux environs,
afin de nous procurer les vivres dont nous avions besoin.  l'est, je
trouvai un village beaucoup plus important, Biasso, et dcidai les
indignes  venir nous ravitailler au campement. Pour la premire fois,
un blanc paraissait chez eux. Je veux prendre une photographie: tous
fuient au bruit de l'appareil. Mais l, comme partout, la plus grande
familiarit succde rapidement  l'tonnement et  la crainte du dbut.

[Illustration: Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
indignes mon appareil photographique. Dessin de J. Lave, d'aprs une
photographie.]

Je reviens  Dioubasso, suivi de nombreux indignes apportant des
provisions que nous voulons acheter avant le djeuner. Le prix lev
qu'ils en demandent ne nous permet pas de conclure le march. Cela nous
est d'autant plus pnible que nous ne possdons plus de vivres.

On se met  table en esprant que les noirs reviendront plus
conciliants, et comme le campement est envahi par les habitants du
village, discutant entre eux et faisant un bruit assourdissant, nous les
prions de rentrer chez eux. Personne ne bouge; le vacarme continue, et
les vivres ne nous viennent pas. Par les soins de quatre de nos
tirailleurs, le camp est enfin vacu et l'incident parat termin.

Une heure plus tard, mon ancien infirmier, le tirailleur Ali-Sadjou,
vient me trouver. Les noirs l'ont mis en joue pendant qu'il traversait
le village pour aller chercher de l'eau. Il n'avait pas son fusil et
revenait. Nous avions, en effet, commis la faute de camper loin d'un
point d'eau et de laisser le village intercepter la route qui menait au
ruisseau.

Quelques instants aprs, en armes, nous arrivons  l'entre de
Dioubasso; les tirailleurs, en avant, prcdent les porteurs qui doivent
faire la corve d'eau. Les habitations sont abandonnes. Les indignes,
embusqus dans les broussailles qui entourent le village  30 mtres
environ des cases, ont apprt leurs fusils. Quand la provision d'eau
est faite, on s'arrte au centre des maisons, prs de la case 
palabres. Un boeuf qui erre prs de nous est saisi, et l'interprte
annonce  haute voix que, comme amende, nous emportons le boeuf, et que
les maisons ne seront pas brles.

Dans la soire, les notables venaient reconnatre leurs torts, mais
dj, le boeuf, coup en quartiers, tait distribu aux affams que nous
tions, trop heureux de cette bonne aubaine.

De Dioubasso, un guide nous conduisit dans le pays de Ska-Ska o nous
arrivions assez tard dans la soire. L'entrevue avec le chef du village
fut assez froide: sa police l'avait mis au courant de l'affaire de
Dioubasso.

Il nous parla du passage du commandant qu'il avait autoris  traverser
son village, il y avait quelques jours; il lui avait mme fourni un
guide pour le conduire  Betti. Betti tait donc connu dans ce pays,
et nous pouvions esprer tre bientt ravitaills. Il s'offrait,
moyennant des cadeaux plus importants que ceux de l'autre blanc,  nous
indiquer le mme chemin.

On ne pouvait nous mettre plus poliment  la porte. Or nous devions
attendre le commandant dans ce village.

 cette dclaration de notre part, le chef bondit sur le tabouret en
bois  trois pieds qui lui servait de trne. Ce meuble portatif est dans
ce pays un insigne de l'autorit du personnage qui a le droit de s'y
asseoir. Le chef bondit, se frappa les lvres de la paume de la main
gauche et, se levant, nous congdia.

Puis se ravisant, il nous invite  loger dans le village. Nous refusons
en pensant  la possibilit d'une attaque nocturne. Enfin, sur notre
prire de nous indiquer un emplacement o nous pourrions camper, le chef
nous fait conduire hors du village et nous nous installons auprs d'un
petit ruisseau.

On pouvait esprer qu'il y avait eu mauvaise entente; un mot mal traduit
par nos interprtes avait pu froisser sa Majest, qui nous refusait la
permission de sjourner sur son territoire, permission qui nous avait
toujours t accorde jusque-l. Notre confiance en nos interprtes
n'tait plus bien grande depuis que nous avions remarqu qu'ils avaient,
 diffrentes reprises, russi  s'approprier des cadeaux que l'on nous
faisait. Cela leur tait d'autant plus facile que, pour converser avec
les chefs attis, il fallait frquemment se servir de deux interprtes,
tellement les dialectes varient de village  village.

Vers midi commena un dfil sans fin de guerriers du pays, le fusil 
la main: la force arme tait mobilise.  cette menace d'intimidation,
il tait ncessaire de rpondre; nos tirailleurs reurent donc l'ordre
de faire, chaque matin, le maniement d'armes auprs du camp.

Mais  ce moment, sans vivres, nous ne pouvions nous montrer difficiles
et, le mme soir,  quatre heures, il nous fallait palabrer pour acheter
un boeuf. Le roi nous le donne, traduit l'interprte, car il reconnat
la supriorit des blancs qui font des fusils, des couteaux, etc....
Cependant, comme nous avons galement pour nous la richesse, il nous
demande en change la modique somme de 3 onces 1/2 de poudre d'or (200
francs). Nous rpondons que nous sommes certainement des tres
suprieurs, mais que ce n'est pas une raison pour nous combler de
cadeaux de ce genre. On parlemente: le boeuf, une bte blanche, est,
parat-il, superbe et ne ressemble en rien aux autres boeufs que nous
avons pu acheter prcdemment. On tombe d'accord pour 90 francs. Nous
avions enfin un gte et des vivres pour rparer nos forces uses par un
mois de dur voyage  travers la brousse.

  (_ suivre._)                         Dr LAMY.

[Illustration: La rue principale de Grand-Alp.--D'aprs une
photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--7e LIV.          N 7.--18 Fvrier 1905.

[Illustration: Les trois grces de Mop (pays Atti).--D'aprs une
photographie.]




SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE[1]

          [Note 1: _Suite. Voyez page 61._]

Par le Docteur LAMY

_Mdecin-major des troupes coloniales._

     II. -- Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De Mop 
     Betti. -- Bnie, roi de Betti et sa capitale. -- Retour 
     Petit-Alp.


[Illustration: Femme du pays Atti portant son enfant en
croupe.--D'aprs une photographie.]

Ce voyage continu de plus d'un mois  travers la brousse, dans des
sentiers rocailleux et couverts de branchages, avait occasionn  nos
porteurs de nombreuses plaies s'ulcrant trs facilement et devenant
mme parfois graves par leur tendue et leur profondeur. Tous les
matins, c'tait un long dfil de tirailleurs, de porteurs, auxquels il
fallait panser, qui les pieds, qui les mains.  ces nombreux invalides
commenaient  se joindre pour les pansements quelques sujets de Ska.

Un matin, je terminais  peine mon service et, encore entour des
derniers malades et des indignes qui venaient s'instruire  ma visite
dans l'art de gurir les plaies, je me disposais  quitter ma tente,
quand je vis deux tirailleurs dposer  mes pieds un de nos porteurs
inanim.

Le Sngalais Lamina Tour venait d'tre piqu par un serpent qu'il
n'avait pu reconnatre, et qui probablement devait tre une vipre
cornue, reptile trs rpandu dans l'Atti et que nous rencontrions
frquemment. Un de nos sous-officiers, se disposant  se coucher, avait
t fort surpris de trouver une de ces vipres blottie sous sa
couverture.

Le bless, aussitt mordu, n'avait eu que le temps de se rendre auprs
de ses amis, et en leur disant ce qui venait de lui arriver, s'tait
vanoui; en toute diligence on me l'apportait.

Le venin tait dj en grande partie absorb, ainsi que l'indiquaient la
respiration difficile et irrgulire, le coma dans lequel se trouvait
plong le bless. Les Attis, tmoins de l'tat de Lamina et connaissant
le rsultat fatal d'une piqre de vipre cornue, regardaient avec un
sourire ironique mes prparatifs d'injection: je ne pouvais avoir
d'espoir que dans le srum antivenimeux du docteur Calmette, dont je
possdais quelques flacons dans mes cantines mdicales, et je me
disposais  l'injecter.

Une premire injection faite n'amne aucun rsultat.

Le ftiche pour serpents, me font dire les Attis, pouvait seul sauver
le pauvre bless. Nanmoins, quelques minutes plus tard je fais une
nouvelle injection. Cette fois je constate un mieux apprciable: l'tat
gnral est meilleur, et, au grand tonnement des spectateurs, le malade
fait quelques mouvements.

Dans l'aprs-midi le mieux s'accentuait d'autant plus que je venais de
procder  une nouvelle injection.

Aprs une convalescence de quelques jours, Lamina tait compltement
guri. J'tais un grand fticheur!

Le lendemain, le chef Ska, m'amenant force malades  gurir, me
demandait d'aller donner mes soins au vieux roi de Mop. Mop? o
tait-ce? Le village o nous tions!

Il fallait s'expliquer. De tout cela il rsulta que Mop tait bien le
nom du village et que Ska-Ska voulait dire grand chef: le roi. D'autre
part, le vieux chef malade tait le vritable roi du pays, et celui que
j'avais devant moi et qui se faisait appeler Ska-Ska avait pris le
pouvoir et le titre royal avant la disparition du titulaire.
J'accompagnai donc l'usurpateur chez le royal malade auquel j'ordonnai
quelques drogues inoffensives: le mal tait incurable.

Au retour du commandant, les palabres recommencrent. On agita surtout
la question de notre dpart: Nous ne pouvions rester plus longtemps sur
le territoire de Mop.

Cela fut dit longuement et quelquefois mme avec vhmence par le chef
Ska. Les bonnes relations taient rompues, et moi seul continuai 
recevoir de mes malades et surtout du vieux roi quelques cadeaux
consistant en ignames, rares poulets et oeufs pour ftiches.

[Illustration: Une clairire prs de Mop.--D'aprs une photographie.]

Je reus, un jour, en cadeau, un grand plat de foutou au singe.
L'accepter tait trs simple, mais il me fallut y goter devant la
matresse de maison qui l'avait prpar. Je fus trs tonn de trouver
un got excellent  ce mets que j'avais toujours refus d'accepter
jusque-l. Tout heureuse de l'accueil que j'avais fait  son cadeau, la
matrone me donna en quelques mots la prparation du foutou que je
savais tre le fond de la nourriture des indignes  la Cte d'Ivoire.
Des bananes bouillies  l'eau et crases sont mlanges  de l'huile de
palme, et quand le tout est bien cuit, on y ajoute quantit de poivre et
de piments, et un peu de viande de poulet, de boeuf, de poisson, de
singe, suivant l'occasion ou la richesse de la maison.

 Mop, je remarquai, d'ailleurs, les mmes usages, les mmes coutumes
que dans le reste de la fort et que sur les bords des lagunes.

Ici je retrouvai la porte ftiche  l'entre du village, des arbres et
cases ftiches au centre de l'agglomration et  l'intrieur de chaque
enceinte particulire, avec les mmes sacrifices: des oeufs, des
poulets, etc.

Quant au costume, il ne diffrait que par de lgers dtails, tant trs
sommaire dans tout le pays, aussi bien chez les hommes que chez les
femmes. Dans les rgions de la cte, les indignes emploient les
cotonnades europennes importes; dans la fort, les tissus sont de
fabrication attie; aussi le vtement y est-il encore plus rudimentaire.

Les jeunes filles portent deux colliers de perles, un autour du cou,
l'autre autour des reins.  ce dernier est attach un lambeau d'toffe
qui, passant entre les jambes, se noue devant et derrire. Les femmes
ont quelquefois une pice d'toffe plus grande, une serviette roule
autour des reins. Les plus riches possdent des ranges de perles assez
nombreuses autour des jambes ou des bras; mais le costume n'en est pas
pour cela plus complet. Les petits garons, moins riches ou moins
coquets que leurs soeurs, se contentent d'une ficelle. Quand ils
deviennent grands, ils prennent, dans le vestiaire commun  la famille,
un lambeau d'toffe toujours trs petit, qu'ils se mettent autour de la
ceinture. Souvent ces tissus sont remplacs par l'corce souple d'un
arbre, le fou ou pou, dont ils se font des ceintures, surtout
pendant leurs travaux aux champs.

[Illustration: La garnison de Mop se porte  notre rencontre.--D'aprs
une photographie.]

Dans l'Atti comme dans tout pays ngre, la femme fait les corves,
rapporte des bananeraies et des champs, toujours trs loigns des
villages, le bois, les bananes, les ignames, les grains de palme pour
prparer la nourriture pendant que les hommes flnent dans leur cour,
font palabre ou chassent, arms de leurs longs fusils de traite;  moins
qu'ils ne se rendent chez le forgeron du village, car c'est le
rendez-vous des oisifs, les jours, si rares cependant, o l'artiste doit
travailler. L'installation est, d'ailleurs, plus que sommaire. Le
soufflet? deux troncs d'arbres creuss, ferms  une extrmit par une
peau de bte, l'autre ouverture se terminant dans le foyer. Un aide pse
alternativement sur les deux peaux et le vent ainsi produit vient
activer la combustion des amandes de palme, qui servent de charbon.
L'enclume? une pierre, et le marteau? une pice de fer quelconque. Les
ouvrages ainsi forgs rpondent  ce matriel rudimentaire, et bien
qu'imparfaits, suffisent  placer l'artisan en haute estime parmi ses
concitoyens.

Les femmes s'occupent toute la journe de leur intrieur et des soins du
mnage. La plus grande propret rgne  l'intrieur de leur habitation;
 l'extrieur, la rue principale et les alentours du village ne
prsentent pas la moindre ordure.

Aprs avoir donn ses soins aux enfants, la mre se rend dans une partie
retire de la maison et procde  un lavage minutieux de son corps tout
entier. Pour cet usage, elle se sert d'une ponge faite avec les fibres
de la tige du bananier que l'on a mise tremper dans l'eau et ensuite
battue longuement.

Le savon ne lui est pas inconnu. Elle sait le fabriquer en mlangeant
des cendres de peaux de bananes avec de l'huile de palme. Ce savon en
forme de boule gristre est trs fort et nettoie trs bien. Aussi pour
prvenir l'irritation possible de la peau, si les frictions au savon ont
t trop fortes ou rptes, elle s'enduit le corps d'huile de palme,
et, si elle est coquette ou doit tenir son rang de femme de chef, se
recouvre la poitrine et la gorge d'une rsine parfume.

Les jours de fte ou de deuil, les ablutions sont de toute ncessit, et
la toilette est encore plus soigne. Aux onctions d'huile de palme,
succdent des applications de peinture sur diverses parties du corps et
de parfums aux odeurs fortes, mais souvent agrables.

Pendant tout notre sjour dans la fort, j'ai remarqu la dfrence et
le respect avec lesquels nous tions reus par les chefs et les
habitants des villages. Leur respect et leur adoration pour les blancs
proviennent, sans doute, de ce qu'ils nous reconnaissent une
intelligence leve et une supriorit indniable, se manifestant dans
nos ustensiles les plus communs, les vtements, les fusils, etc.

Mais cette admiration est galement accrue par la lgende rpandue dans
tout le pays atti sur les blancs qui, d'aprs elle, seraient des tres
suprieurs, vivant dans l'eau, d'o leur couleur, o ils sont privs de
femmes: ils nous voyaient toujours sans compagnes. De l leur crainte de
nous voir enlever leurs pouses et leur interdiction  ces dernires
d'approcher de nos campements.

Et cependant, si j'en juge par les palabres dont j'ai pu tre tmoin, la
vertu des femmes ne parat pas une obligation. Des fautes graves se
rachtent trs facilement au moyen d'une amende souvent lgre. Je ne
sais mme pas si ces amendes ne constituent pas une sorte de commerce.
La coutume veut qu'en ce pays l'pouse qui a pch vienne avertir le
mari en dnonant son complice. Ce dernier est condamn  rparer le
dommage et, sitt l'amende reue, le mari, trop heureux de ce cadeau si
mrit, quitte la palabre en compagnie de l'pouse infidle qui a su
cependant se rendre utile  la communaut.

En gnral, les femmes sont admises aux palabres, mais elles n'y ont pas
voix quand il s'agit d'une discussion d'intrt gnral.

Le roi ou chef du pays, qui doit rendre la justice ou diriger les
dbats, n'a pas toujours une bien grande autorit sur ses sujets;
l'influence qu'il possde est trs souvent mconnue dans les runions
publiques, et c'est ce qui explique la difficult que nous avons maintes
fois rencontre pour nous procurer des vivres, des porteurs. Le chef
n'tait pas toujours obi, surtout quand il commandait aux jeunes gens;
les anciens nous ont t, en gnral, moins hostiles, et c'est souvent
grce  eux que, dans les cas difficiles, les relations n'ont pas t
rompues.

Cette dfrence du roi et des anciens pour nous, pour un blanc en
gnral, se rvle dans cette coutume qui veut que le chef du village,
dans lequel vous arrivez, vous apporte un cadeau quelconque: un animal,
des aliments, et dans ce dernier cas, il se croit oblig d'en goter
devant vous avant que vous en mangiez. Si c'est du liquide, de l'eau, du
vin de palme, il en verse quelques gouttes  terre comme offrande aux
ftiches, puis en boit lui-mme quelques gorges et vous passe ensuite
le reste. Vous devez agir de mme si vous offrez du vin, du gin. Cette
simple crmonie est une preuve de la puret des intentions de celui qui
fait le cadeau; il ne faut pas oublier, on effet, que dans ce pays le
poison est en grand honneur.

Suivant une autre coutume, le chef doit accompagner le voyageur de
marque, le blanc, qui traverse le pays, jusqu' l'extrmit du village
et mme plus loin.  cette occasion, une femme du chef dpose une
nouvelle offrande: oeufs, poulet,  la porte ftiche que l'on vient de
franchir, ou plus loin sur une tombe prs de laquelle on passe dans la
brousse.

[Illustration: Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de
palme et de cendres de peaux de bananes.--D'aprs une photographie.]

Dans l'Atti, les dfunts sont enterrs loin des habitations, dans un
endroit isol que l'on dbroussaille et sur lequel on vient dposer des
poteries et des cadeaux  la mmoire de celui qui n'est plus.

Les funrailles se clbrent avec grande pompe, comme je pus le
constater pendant que nous tions installs  Mop.

Un jour, de grands cris s'lvent dans tout le village: des hurlements,
des pleurs; comme des fous, les habitants courent de tous cts. Le
frre de Ska, successeur dsign au trne de Mop, venait de mourir
subitement.

Toute la journe ce fut un tam-tam continuel; la nuit, au lieu d'y
mettre un terme, ne fit que redoubler le tapage. Le lever du soleil fut
salu d'une ptarade nourrie et de cris de plus en plus forts et
nombreux. Des environs arrivent les guerriers, puis les parents et les
amis du dfunt. On abandonne compltement les travaux des champs o l'on
ne va mme plus chercher du vin de palme, des bananes. Je ne sais si
l'on a le temps de manger. En tout cas, il est dfendu de rien prendre:
tout le pays est en deuil.

[Illustration: Danse excute aux funrailles du prince hritier de
Mop.--D'aprs une photographie.]

La curiosit me poussant, je me rendis au village. Une foule compacte
emplissait la rue centrale. Des groupes de guerriers, fusil en main,
entourant des barils de poudre de traite, chargeaient leurs armes
jusqu' la gueule: c'tait miracle qu'il n'y et pas d'accident. Des
personnes, la figure enduite de couleur blanche, se frappaient la tte
contre le mur en hurlant.

Auprs de la maison du chef, il tait impossible de passer. Les tam-tam
de guerre, longs de 2 mtres, creuss dans d'normes troncs d'arbres,
rsonnaient sous les coups redoubls des ngres. Un chant monotone
sortait de toutes les poitrines, pendant que quelques forcens
excutaient la danse funbre.

 tout instant la foule grossissait, et de nombreux guerriers, le chien
du fusil relev, dfilaient auprs de la maison du mort.

Quand le soleil marqua le milieu du jour, le tumulte s'arrta comme par
enchantement, et l'on fit cercle sur une place auprs du village: d'un
ct le chef Ska entour de toute sa famille, de l'autre le grand
fticheur ayant derrire lui les habitants du village. On allait faire
ftiche ou plutt boire le poison d'preuve.

Allou m'expliqua de son mieux la raison et le sujet de la crmonie 
laquelle j'assistai  l'cart derrire un palmier. La mort ne pouvait
tre naturelle, me disait-il. Ncessairement, taient accuses d'avoir
tu le frre de Ska, les personnes y ayant intrt, c'est--dire les
membres de la famille du dfunt qui pouvaient esprer devenir un jour
roi de Mop.

Le grand fticheur s'avance au milieu du cercle form par les assistants
et fait apporter par un jeune garon, compltement nu, les appareils de
la crmonie: un grand mortier avec son pilon en bois dans lequel on
doit mlanger le foutou de bananes cuites avec la dcoction de
l'corce  poison contenue dans une terrine en terre du pays.

 grands cris et avec force gestes, le fticheur explique qu'il existe
un coupable et que le poison doit le faire connatre. Si la mort a t
naturelle, le poison sera sans effet sur ceux qui en boiront, sinon le
meurtrier sera dvoil et puni. Ska rpond que tout est convenu.

Le foutou est prpar, reprend le fticheur, qui va le manger?

Personne ne bouge, hormis le jeune aide du fticheur qui, revenant avec
une noix de coco en guise de coupe, se met en devoir de verser le poison
dans le mortier et de le mlanger aux bananes.

De nouveau, le fticheur rpta son invitation: Qui va le manger?

Un silence terrible s'tend sur toute l'assistance, et j'entends  peine
le pauvre Allou, tremblant lui aussi, me souffler: Si quelqu'un mange,
il est mort. C'est en effet l'corce rouge du tali qui a servi  la
prparation, et tous savent que ce poison ne pardonne pas.

En tournant en cercle devant les assistants terrifis, le fticheur
pousse des cris, de vritables rugissements pour solliciter un aveu des
assistants. Au milieu de ses hurlements de plus en plus violents, on
peut reconnatre les noms de diffrentes personnes prsentes, mais nul
n'y rpond.

Tout  coup il s'arrte, et de la main indique, auprs du chef, un noir
de forte taille. Celui-ci ne peut se drober. Il se lve, et le frisson
qui parcourt toute l'assemble me fait galement trembler malgr moi: je
vais donc assister au poison d'preuve.

Le condamn s'approche de Ska, lui parle  l'oreille, et tous deux,
suivis de leur famille, se retirent derrire les palmiers voisins,
pendant que le fticheur fait entendre des imprcations de plus en plus
terribles.

coutez, cria Ska, qui revient accompagn de sa famille, au milieu de
l'assistance, aprs une absence de plus d'un quart d'heure, coutez! le
ftiche n'a pas menti. Le coupable dsign avoue avoir tu mon frre, et
je le condamne  offrir un boeuf et dix bouteilles de gin  la mmoire
du dfunt!

C'tait trs simple: la crainte de la mort venait de se faire
reconnatre coupable d'un crime imaginaire le premier indigne dsign
par le fticheur.

Dj le boeuf immdiatement amen est dpouill, dpec. C'est la cure!
Chacun en veut une part et la vue du sang excite les dsirs et augmente
la clameur. Les fusils partent d'eux-mmes, les tam-tam recommencent et
nous devons, cette nuit encore, ne jouir que d'un repos relatif.

Le lendemain, le vacarme est toujours le mme. Vers midi, les
fticheuses se couvrent de fibres d'corce, de peinture blanche et se
ceignent la tte de branches; elles se runissent aux femmes du pays et
aux parentes du dfunt, qui, galement peintes en blanc, transportent le
mort auprs d'un ruisseau pour procder  la toilette mortuaire en lui
faisant des ablutions. Cette crmonie dure environ trois heures. Puis
le dfunt est ramen chez lui o il est embaum. Les parfums en usage
sont mlangs  diffrentes couleurs avec lesquelles chaque femme
agrmente, suivant son caprice, les diverses parties du corps de
l'poux.

Les funrailles ne prennent fin que cinq jours plus tard, parat-il. Les
autres crmonies nous ont t compltement caches. Pourquoi?

Au dire de mon boy Allou, un chef de cette importance ne peut s'en aller
seul en terre. Il faut lui donner des compagnes et pour cela, dans la
tombe, on prcipite, dcapites, quelques pouses par trop fidles. Sur
ce sujet il m'a, d'ailleurs, t impossible de me renseigner, car le 3
mars, je reus l'ordre de partir pour Betti o notre convoi de vivres
tait toujours en dtresse.

[Illustration: Toilette et embaumement du dfunt.--D'aprs une
photographie.]

De Mop  Betti, il y a trois jours de marche. Afin de gagner du temps,
je doublais les tapes, esprant faire la route en deux jours, si
possible. Le lendemain au soir, le lieutenant Macaire et moi nous tions
les htes de Bni Coam, roi de Betti et autres lieux. Le palais o
nous sommes reus n'est pas royal; construit en planches, il possde une
toiture en tle aux ouvertures innombrables.

Politique et commerant, Bni a su profiter de ses relations avec les
premiers explorateurs qui ont t ses htes. Puissant par lui-mme et
devenu l'ami de la France, il a su, par son commerce, accrotre encore
son influence. Betti, sa capitale, tait d'ailleurs trs bien place,
tous les produits du Nord passant par ce point pour descendre par le
Como.  chaque colis, une lgre redevance est perue par Sa Majest
qui, de cette faon, s'enrichit chaque jour.

Bni fait venir de France ce qu'il voit, tout ce qui lui plat. Sa
maison n'est qu'un grand bazar: botes  musique, fusils, etc. Il a
beaucoup de femmes, plus d'enfants encore. C'est un grand roi.

Chaque jour il fait palabre et son plus grand plaisir est, en compagnie
du chef de poste, reprsentant du Gouvernement franais, de prsider une
fte en costume de riche musulman ou de colonel d'artillerie.

[Illustration: Jeune femme et jeune fille de Mop.--D'aprs une
photographie.]

De nombreuses caisses de vivres pour la Mission se trouvaient dj
runies au poste de Betti; mais il y en avait encore beaucoup 
Malamalasso. Le roi Bni, qui tait charg de les faire transporter par
ses sujets, me rpondit qu'il faisait son possible, mais qu'en ce moment
les Franais devenaient bien exigeants. Ses voisins, les chefs attis,
habitant le long du Como n'avaient jamais voulu nous obir et nous ne
leur imposions pas de corves: ils vivaient en paix. Lui avait fait un
trait avec nous, lors du passage de son ami Binger, et depuis lors,
c'taient tous les jours des corves, des plaintes, des amendes....

Il avait peut-tre raison. Je ne le lui dis pas, et l'appelant grand
roi, lui fis comprendre que les honneurs devaient quelquefois se payer,
et qu'en tout cas, je comptais sur lui pour me fournir les trois cents
porteurs dont j'avais besoin.--Impossible. Il devait monter les vivres
pour les troupes de l'Undni, fournir des travailleurs pour la
construction du tlgraphe, etc....

Je dcidai donc d'aller moi-mme m'occuper du transport des dernires
charges dlaisses.

Malamalasso est le point extrme de la navigation du Como pour les
pirogues qui y dchargent leur contenu. Les charges sont transportes
par terre de Malamalasso  Daboissu, et de l, elles reprennent la voie
fluviale jusqu' Betti. Accompagn du fidle Allou, je quittai Betti
un beau matin, et descendis le fleuve jusqu' Daboissu. De l, une
route magnifique devait nous conduire, le soir,  Aponokrou, et le
lendemain  midi,  Malamalasso.

Aprs un djeuner sommaire  Daboissu, nous nous mmes en route sous un
soleil de feu. Un orage tait imminent et rendait la marche fatigante.

Le chemin avait d tre excellent autrefois et ombrag, si j'en jugeais
par les arbres nombreux et touffus qui encombraient le sentier. On
installait le fil tlgraphique qui doit relier les postes du nord de la
Cte d'Ivoire  Grand-Bassam et pour cela, il fallait abattre, sur une
largeur de 20  30 mtres, tous les arbres que l'on ne conservait pas
pour supporter le fil. J'arrivais un peu trop tard.

De midi  huit heures du soir, heure  laquelle je parviens extnu 
Aponokrou, il nous faut escalader des branches, ramper sous des troncs,
passer en pleine brousse;  chaque pas, il y a un obstacle  franchir.
On s'nerve, on s'impatiente, mais inutilement. Une pluie silencieuse
nous surprend au milieu de cette tape fatigante, et c'est pour nous un
soulagement de recevoir cette douche bienfaisante.

[Illustration: Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso 
Daboissu. D'aprs une photographie.]

Dans la case sous laquelle je m'abrite, je puis esprer prendre un repos
bien mrit, mais je suis  peine au lit que les rats se lvent et
courent de tous cts, les moustiques volent et piquent, pendant qu'au
dehors des crapauds,  la voix puissante, font un charivari norme,
alternant avec les porteurs qui se battent, racontent des histoires
interminables jusqu'au matin, ou jouent, sur une flte  deux trous, le
mme air pendant toute la nuit.

Au matin je me lve et reprends la marche pour arriver  Malamalasso
avant djeuner. Ce n'est pas un village: un simple point de dbarquement
et de transit. Quelques cases y servent d'abris pour les porteurs qui
n'y font que passer, prennent leur charge et s'en vont. Mais que la
nature y est jolie et que l'on est rcompens des fatigues du voyage,
quand, du haut des roches de Malamalasso, on peut admirer le Como
coulant au milieu d'une fort splendide, au sortir des dfils normes
o les chutes succdent aux rapides infranchissables, empchant toute
navigation!

Le Mala-Mala, un ruisseau qui se jette dans le Como, vient ajouter le
bruit sonore de sa cascade aux sourds roulements du fleuve.

Le paysage est enchanteur et repose le voyageur qui, depuis plusieurs
mois, ne connat que les sentiers de rocailles et d'humus, sous une
vote qu'aucun rayon de soleil ne vient gayer. Mais il faut partir, et
le retour  Betti n'est que le signal de mon prochain dpart pour
rejoindre la Mission.

La disette n'a fait que s'accentuer  Mop; aussi, ds que les tudes et
levers seront termins, le commandant donnera l'ordre de redescendre
vers Grand-Bassam. Je dois quitter Betti le plus tt possible avec le
convoi de vivres et rejoindre la Mission  Adoko. Pendant mon absence
de Mop, le capitaine Crosson-Duplessis a parcouru le Mornou, et le
capitaine Thomasset vient de pousser une pointe vers le Baoul et doit
aller, si possible, jusqu'au N'zi.

[Illustration: Bni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de
ses femmes et de ses hauts dignitaires.--D'aprs une photographie.]

Tels sont les renseignements que me donne une lettre parvenue  Betti.
J'explique au roi la situation et lui demande, pour le lendemain, trois
cents porteurs. L'annonce d'un cadeau digne d'un roi de son importance
dcide Sa Majest qui, le lendemain,  l'heure convenue, tient 
assister au dpart du convoi.

Les indignes de Betti, de race agni, sont les ennemis des Attis; ils
devaient donc me porter les charges jusqu'au premier village atti, et
de l, revenir chez eux. Ce mme soir nous y couchions; mon boy Allou et
moi, nous tions les seuls gardes de tout le convoi.

Le lendemain, ds quatre heures du matin, sur la grande place du village
de Kong, je faisais palabre avec le chef, esprant pouvoir partir vers
six heures, et,  marche force, me rendre  Adoko, lieu de rendez-vous
avec le reste de la Mission.

Il faut trois jours pour aller  Adoko, me traduisait Allou; le chef
fournira les porteurs pour trois pices blanches (3 francs) par jour.

Nous discutons longuement: le prix fait est de deux pices. Je me hte,
et aux yeux des habitants, puise dans la caisse  argent le ncessaire
pour placer sur chaque charge les 2 francs promis. Quand tout est
termin, je donne le signal du dpart. Personne ne bouge. Ils ne
veulent pas, me dit Allou. Je ne le voyais que trop.

Le soleil tait dj haut dans le ciel. Exaspr de ce refus et de ce
nouveau retard, je bouscule le chef.  l'instant, la place est dserte,
les femmes rentrent chez elles et quelques guerriers ont dj le fusil 
la main. Allou tourne vers moi des yeux rsigns, il se croit  son
dernier jour.

Je ne pouvais penser  imposer ma volont. Allou fut dpch de nouveau
au chef, lui apportant un cadeau.

Il tait onze heures, l'heure du djeuner. L'apptit avait disparu, et
courant  la suite de nos trois cents porteurs, Allou et moi, nous
disions que le dner du soir serait bien accueilli.

Le soir  huit heures, nous arrivons sur les bords de la rivire M. Le
campement fut tabli dans une le de sable, au milieu du lit presque 
sec de la rivire, et un lourd sommeil rparateur nous faisait oublier
les fatigues et les motions de la journe. La nuit tait calme et
douce, rien ne vint troubler notre repos.

Sans attendre le lever du soleil, nous reprenons notre marche prcipite
que venaient retarder des obstacles de tout genre. Sur la rive droite de
la rivire M, le sentier n'existait plus: de tous cts, sur plus d'un
kilomtre, le sol avait t dfonc pour la recherche de l'or, et
quelques puits, d'une profondeur de 4  5 mtres, tmoignaient d'un
travail rcent au milieu des nombreuses fosses creuses par les
gnrations prcdentes.

Demander  mes porteurs des renseignements sur la richesse en or de ce
terrain tait inutile. Je n'en aurais obtenu aucune rponse: la
recherche de l'or est ftiche. On ne peut y travailler  sa volont, ni
mme en parler librement.

D'ailleurs, le temps n'tait pas aux palabres, et il nous fallait
continuer notre marche ou plutt notre course jusqu' Adoko. Nous y
arrivons, le soir,  la nuit tombante.

Au campement, j'apprenais le dpart de Mop, dpart pris par les
indignes pour une fuite dguise, et la perte de plusieurs de nos
cantines de voyage. Dans ce cas, perte pourrait signifier vol. Ces
cantines en mtal avaient excit les dsirs du chef Ska qui, 
diffrentes reprises, n'avait pu cacher son admiration pour notre
mobilier peu luxueux cependant. Ska fournit les porteurs ncessaires,
mais  l'arrive  Adoko, le commandant constatait la disparition du
convoi des cantines si envies.

Immdiatement, pendant la nuit, des tirailleurs repartaient pour Mop,
entraient dans le domicile priv de Ska qui, fort surpris de l'arrive
inopine de notre force arme (il nous croyait en fuite), s'excusa
humblement de ce retard, bien involontaire, dans le transport des
bagages.

Dans la matine, cantines et tirailleurs taient de retour  Adoko.

D'autre part, je constatais un vol assez important d'argent commis
pendant le transport de mes charges de Kong  Adoko. Nous ne pouvions
songer  punir les voleurs dj rentrs dans leurs villages. De plus, le
vieux chef Lelipi, toujours dvou, nous apprenait que les tam-tam de
guerre rsonnaient dans tout l'Atti contre nous. Nous revenions sur
nos pas, disait-on, nous avions donc peur d'avancer, et tous se
prparaient  nous attaquer.

[Illustration: Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso.
D'aprs une photographie.]

La Mission pouvait, d'un jour  l'autre, se terminer  coups de fusil.
Le plus sage tait de redescendre au plus vite  Grand-Bassam, puisque
rien ne nous retenait plus dans l'Atti.

Rapidement, et sans arrt, nous repassions par les mmes villages, les
mmes sentiers qu' l'aller, ayant cependant, quelquefois, une certaine
difficult  reconnatre la route dj suivie. Les pluies quotidiennes
avaient fait, du pays, un vaste marcage, et les ruisseaux, desschs,
s'taient transforms en rivires, qu'il fallait traverser, ayant
souvent de l'eau par-dessus les paules.

Chaque jour, en pleine marche, c'est une nouvelle tornade. Brusquement,
il fait noir  n'y plus voir  deux pas, et le vent se lve pour devenir
d'une violence inoue, jusqu'au moment o la pluie commence. Autour de
nous tombent, de tous cts, des branches pourries, des dbris de
lianes; on peut se faire craser  tout instant. Aussi, les promenades
de ce genre ne sont pas du got de nos porteurs.

La pluie fait rage; les ruisseaux deviennent des fleuves. On en a
jusqu'au ventre, plus loin jusqu'aux aisselles; au dernier, il faut
nager.

On en rit de bon coeur. D'ailleurs, rien  y faire; nous devons arriver
au campement pour djeuner, et, par consquent, faire bonne figure. Et
puis, comment ne pas rire en voyant les culbutes des amis? Sur la tte,
afin de ne pas trop les salir dans l'eau boueuse, on porte avec
prcaution ses habits: veston, chemise. Les chaussettes et souliers sont
conservs pour ne pas se blesser dans l'eau, et le chapeau, pour viter
les coups de soleil. Brusquement, le pied glisse, et tout va  la
rivire.

[Illustration: La valle du Como  Malamalasso.--D'aprs une
photographie.]

C'est ce qui est arriv  ma cantine, aux environs de Dengura. Le
porteur s'est drob, et la malle a pris un bain d'un quart d'heure.
Quand je l'ai ouverte, tout baignait encore dans l'eau.

Oh! si l'on pouvait imiter les noirs! Bien plus pratiques que nous, ils
serrent prcieusement les trois fils qui leur servent d'habits, pour
s'en revtir ds que l'orage a pris fin. Nous, tremps, grelottants,
nous attendons l'arrive de nos cantines pour nous changer. Et, si l'on
campe dans un village, impossible de se soustraire, pendant la toilette
et le changement d'habits, aux regards curieux et tonns de la
population tout entire.

En pleine fort, sur l'emplacement d'argile humide de notre ancien
campement, entre Dengura et Memni, nous venions d'lever nos tentes,
quand,  la tombe de la nuit, de grands cris s'lvent sur le chemin.

Tout le camp est en veil.  l'entre du sentier, dbouchent tout  coup
des tirailleurs, le fusil sur l'paule. En un instant, ils sont
entours, acclams; on leur fait une rception enthousiaste: porteurs et
tirailleurs se prcipitent vers les nouveaux arrivants qu'ils aident 
se dcharger, leur enlevant leurs armes, leurs charges,... puis ce ne
sont que poignes de main, longues et vigoureuses, qu'treintes
bruyantes. Le capitaine, le capitaine! crie-t-on de tous cts.

Cet heureux retour du capitaine Thomasset et de son escorte nous met en
joie, en nous faisant oublier l'inquitude qui, chaque jour, grandissait
parmi nous, motive par l'esprit belliqueux et surexcit des populations
que nous venions de quitter.

 marches forces, suivant le mme chemin que nous, et sans avoir subi
la moindre attaque, le capitaine Thomasset avait travers le pays atti
par Mop, Adoko, Kodioso, surprenant les indignes par la rapidit de
sa course. Cette excursion jusqu'au N'zi avait pleinement russi. En
effet, malgr l'hostilit des habitants, le capitaine tait parvenu au
but qu'on lui avait assign: se diriger vers le nord-ouest et
reconnatre cette rivire, affluent du Boudama. Il est vrai que ce
succs ne fut obtenu que par le courage et le sang-froid du chef de
l'expdition.

Le passage lui fut refus par le chef du dernier village qu'il fallait
traverser pour toucher  la rive du N'zi. Inform de cette dcision, le
capitaine fait dire par son interprte que ses intentions sont
pacifiques, mais qu'il tient  continuer son chemin, et saura faire
usage de ses armes, si cette libert ne lui est pas accorde. Pour toute
rponse, le chef garde prisonnier l'interprte. Le capitaine proteste de
nouveau et annonce que si  l'instant mme son interprte ne lui est pas
rendu, il va donner l'assaut au village, qui sera dtruit et brl.

Intimids, les indignes expliquent qu'il y a malentendu, et que le
passage ne peut-tre refus  un blanc qui sait aussi bien commander.

Le jour mme, le N'zi tait reconnu, et le retour s'effectuait
immdiatement dans la direction de Mop, que le commandant Houdaille,
accompagn du reste de la Mission, venait de quitter, quelques jours
auparavant, pour redescendre vers Petit-Alp. Ce retour du capitaine
Thomasset permettait d'augmenter le nombre des travailleurs et de mener
encore plus rapidement les travaux  effectuer en cours de route.
Certains points ont d tre tudis  nouveau, et tout le long de la
tranche principale faite  l'aller, de nombreuses perces transversales
avaient t excutes et leves, donnant ainsi une connaissance exacte
du terrain avoisinant.

Ce travail complmentaire, venant s'ajouter aux fatigues de la marche
quotidienne, ne laissait aucun loisir aux membres de la Mission, tant
Europens que tirailleurs et porteurs. Et quand, aprs une journe de
labeur incessant, nous attendions avec impatience le moment de nous
reposer sous la tente, dans ce mme pays o,  l'aller, nous avions
peine  nous approvisionner, il nous tait impossible, au retour, de
trouver un emplacement sec pour y installer notre campement.

Par ces bains continuels, nos habits, compltement mouills, tombaient
en lambeaux, et le soir, en pleine humidit, dans un campement o nous
ne pouvions nous rchauffer, nous sentions, aux fatigues de la journe,
s'ajouter des accs de fivre paludenne, contre laquelle la volont
demeure impuissante. Chaque jour, nouvelles fatigues, nouvelles
privations, et toujours la fivre revenait plus tenace. Heureusement, la
Mission touchait  sa fin.

Encore deux jours.... Memni..., et le lendemain, aprs un voyage
effectu aussi rapidement que possible, nous arrivions enfin, le 4
avril,  Petit-Alp, heureux de saluer, en ce point, notre retour aux
pays civiliss, et pouvant, par ses ressources et ses communications
avec Grand-Bassam, nous faire oublier nos privations de la brousse.

Oh! ces beaux jours passs  Petit-Alp, pendant lesquels, oublieux des
fatigues supportes et dj loin de nous, nous vivions des souvenirs de
la brousse, des bons et surtout des mauvais jours, entrevoyant dj
notre retour  Bassam, et de l, en France!

  (_ suivre._)                         Dr LAMY.

[Illustration: Tam-tam de guerre  Mop.--D'aprs une photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--8e LIV.          N 8.--25 Fvrier 1905.

[Illustration: Piroguiers de la Cte d'Ivoire pagayant.--D'aprs une
photographie.]




SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE[2]

          [Note 2: _Suite. Voyez pages 61 et 73._]

Par le Docteur LAMY

_Mdecin-major des troupes coloniales._

     III. -- Rapports et rsultats de la Mission. -- Valeur conomique
     de la Cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. -- Supriorit de
     la faune.


[Illustration: Allou, le boy du docteur Lamy. D'aprs une photographie.]

Encore quelques jours de travail, et les plans et levs taient
termins; les rapports, dans lesquels se condensaient les travaux et les
rsultats de la Mission, pouvaient tre considrs comme achevs; les
rsultats taient des plus satisfaisants.

Grce  la prodigieuse activit du chef de Mission, qui sut distribuer 
chacun sa besogne selon ses aptitudes et tirer de tous le maximum
d'efforts, sans jamais dpasser les bornes de la rsistance humaine,
plus de 700 kilomtres avaient t levs et venaient complter la carte
de la Cte d'Ivoire, dont tout le pays atti tait jusque-l tout  fait
inconnu. De ces 700 kilomtres, une grande partie en avait t chane
et tudie de faon  tablir un avant-projet de chemin de fer. Quant 
l'itinraire Petit-Alp-Mop (106 kilomtres), il avait t
compltement lev  la planchette et piquet. Entre ces deux points, une
tranche continue, de 3 mtres de largeur, avait t faite en pleine
fort  la hache et au coupe-coupe, et des reconnaissances
transversales, excutes tout le long de cette tranche, avaient permis
de connatre suffisamment le terrain pour que l'tablissement immdiat
de la voie ferre ft possible.

Le terrain de la Cte d'Ivoire prsente une telle uniformit de
constitution et d'ondulation que, des tudes prcises faites sur
l'itinraire Alp-Mop, il tait facile de tirer des conclusions
identiques pour les tracs du capitaine Thomasset vers le N'zi, et du
capitaine Crosson-Duplessis, dans le Mornou.

Ce dernier, pendant le sjour de la Mission  Mop, avait compltement
explor le Mornou, tabli d'excellentes relations avec les chefs du
pays, et, sans tre inquit, reconnu certains points du cours suprieur
du Como.

De ces diffrents rapports rsultait la possibilit de l'tablissement
de la voie ferre  des prix peu levs, tout d'abord jusqu' Mop, puis
avec prolongement vers le Baoul jusqu'au N'zi et embranchement dans le
Mornou avec prolongement ventuel sur Kouq.

Une autre solution par Grand-Alp et Abidjean permettait l'accs du
chemin de fer jusqu' la lagune, ou plutt au port de Petit-Bassam. Le
capitaine Crosson-Duplessis avait, en effet, su tudier la possibilit
de la cration d'un port dans la baie d'Abidjean et obtenu des rsultats
prcis et satisfaisants. Le trou sans fond, qui est connu depuis
longtemps pour exister devant le rivage de Petit-Bassam, o la barre ne
se produit pas, semble avoir une prolongation dans la lagune, derrire
l'le Boulay. Grce aux fonds reconnus de 10  16 mtres, le port
naturel, existant dj sur 800 mtres de largeur et 4 kilomtres de
longueur, serait rendu accessible aux navires venant du large, aprs le
percement de la langue de sable de 800 mtres qui spare la mer de la
lagune et sur laquelle est bti Petit-Bassam. Aprs l'tablissement des
quais ncessaires, la ville pourrait tre construite sur les hauteurs de
30  40 mtres, qui entourent et dominent le fond de la baie d'Abidjean.

 ces diverses tudes, faisaient suite les rapports du capitaine
Crosson-Duplessis sur l'ethnographie des pays parcourus, du capitaine
Thomasset sur la gologie, et du lieutenant Macaire sur la cration
d'une usine lectrique de 700  2000 chevaux  Malamalasso, en se
servant des chutes du Mala-Mala d'abord, puis mme du Como.

[Illustration: La fort tropicale  la Cte d'Ivoire.--D'aprs une
photographie.]

Le lieutenant Macaire avait galement tudi la richesse forestire du
pays atti, au point de vue de la valeur des bois pour le commerce et
l'industrie; il en rapportait divers chantillons pour les faire essayer
en France.

Quant  moi, j'avais joint  mon rapport mdical, sur l'tat sanitaire
du dtachement, quelques notes sur la climatologie, la flore et la faune
du pays[3].

          [Note 3: Il m'a t donn d'observer trs frquemment dans
          la fort, surtout aux environs de Adoko, Mop, l'affection
          dj signale sous le nom de goundou ou anakhr, par le Dr
          Maclaud. Le malade qui en est atteint prsente une tumeur
          osseuse de chaque ct de la racine du nez; cette tumeur,
          augmentant peu  peu de volume, en arrive  obstruer
          quelquefois la vision. L'origine et la cause de cette
          affection sont encore inconnues des indignes, qui ne
          paraissent pas la redouter et se contentent d'en rire.]

Au point de vue mdical, mon service avait t peu charg pendant la
Mission; je n'avais eu  m'occuper que de quelques cas lgers de fivre
paludenne, de dysenterie. Ma principale occupation journalire
consistait dans les pansements de nombreuses plaies ulcres de nos
porteurs et de nos tirailleurs.

Dans mes loisirs, j'avais pu faire quelques observations mtorologiques
en mettant en usage, quand cela m'tait possible, les appareils
enregistreurs que nous possdions. C'est ainsi que j'avais constat dans
la temprature de la fort un abaissement de trois  quatre degrs sur
les tempratures observes prs de la cte et des lieux dcouverts; les
maxima ayant toujours vari entre 28 et 31 et les minima entre 20 et 22
degrs.

Par contre, l'humidit dj trs grande  la Cte d'Ivoire (il y tombe
une hauteur d'eau de 2m70 par an) se trouve dans la fort encore
considrablement augmente. Nous avons pass tout notre sjour dans la
brousse, au milieu, d'une atmosphre sature d'humidit, si bien qu'il
nous a t impossible de reconnatre les saisons sches et pluvieuses
observes  la Cte. Sous la fort, il pleut toute l'anne; la quantit
seule diffre, mais on peut dire que d'avril  juillet les pluies sont
continuelles. Les tornades journalires, pendant ces mois, sont
gnralement amenes par le vent du nord. Celles qui succdent au vent
du sud-ouest, qui est le vent rgnant gnralement sur la fort, sont
moins frquentes, et surtout moins violentes; pendant toute la dure de
la pluie, il se produit une baisse de 5 ou 6 degrs dans la temprature.

[Illustration: Le dbitage des arbres.--D'aprs une photographie.]

Aux environs de Dengura, j'avais constat, du 11 au 25 janvier, un
abaissement anormal de la temprature, surtout au matin. Il faisait
froid, et le thermomtre marquait 15 degrs. L'hermttan, vent froid et
sec, venant du nord-est du Sahara, se faisait sentir  ce moment dans la
fort avant d'arriver  la Cte, o il souffle rgulirement tous les
ans  la mme poque.

Cette humidit, chaude et constante  la Cte d'Ivoire, donne  la
vgtation une activit sans gale. Aussi les indignes ne
s'adonnent-ils que fort peu  la culture, la nature leur fournissant,
avec prodigalit, les aliments ncessaires.

Dans leurs champs, situs gnralement  2 ou 3 kilomtres de leurs
villages, ils cultivent surtout des bananiers aux fruits gros et peu
sucrs, qu'ils cuisent et crasent pour prparer le foutou: c'est la
base de leur nourriture. Les ignames et le manioc ne sont conservs que
comme rserves pour les temps de disette et de guerre ou pour les jours
de marche.

Dans leurs plantations poussent encore quelques papayers, des ricins,
des piments, des tomates sauvages. Autour des villages, il n'est pas
rare de rencontrer des citronniers, des manguiers sauvages. Des arbres 
noix de kola blanche ou rouge existent souvent au centre des habitations
ou auprs de l'arbre  palabres du village; ils sont considrs comme
ftiches. Beaucoup de villages sont entours d'une ceinture de cocotiers
plants entre les cases et la brousse. Les cltures des maisons, les
portes ftiches, sont souvent formes par des ricins, des pourghres,
dont les graines purgatives sont connues des indignes.

Sur les bords des lagunes et des fleuves surtout, et quelquefois tout
autour des villages, des plantations, la fort fait place  une autre
fort de palmiers d'espces varies, parmi lesquelles domine le palmier
 huile. C'est une des richesses du pays, et les produits, amandes et
huile, qu'en retirent les indignes, sont l'objet d'un commerce trs
important. D'autres palmiers servent  prparer le vin de palme, boisson
fermente qui est absorbe  l'occasion des ftes et rjouissances:
c'est le n'zan des Agnis, le n'raufi des Attis.

Les Attis savent filer, tisser le coton, qu'ils recueillent sur les
cotonniers de petite taille cultivs prs de leurs villages ou dans
leurs plantations. Ils en obtiennent des pices d'toffe, larges de 30
centimtres environ, auxquelles ils donnent une teinte bleue, en se
servant d'une dcoction de plants d'indigo qui existent, mais en petite
quantit, dans certains villages. Ce sont ces toffes dont ils font
leurs ceintures.

Dans la fort, les arbres sont d'essences nombreuses et varies; on y
trouve l'acajou et beaucoup d'autres arbres  bois dur; les baobabs y
sont frquents. Les lianes  caoutchouc (landolphia) s'y rencontrent en
assez grand nombre, mais elles ne sont pas exploites par les indignes.
Le caoutchouc, qui, en petite quantit, provient de l'Atti, serait
retir des nombreuses espces de ficus qui se trouvent dans le pays; il
est de bonne qualit et ne contient que peu d'impurets.  la Cte, il
se prsente sous l'aspect de boules, facilement diffrencies des pains
normes qui descendent de l'Undni et des galettes produites sur les
bords des lagunes. Les fromayers et les calcdra, nombreux dans la
fort, surtout sur les bords des fleuves et des lagunes, sont d'une
grande utilit aux indignes; c'est, en effet, dans les troncs de ces
arbres qu'ils creusent leurs pirogues.

Comme on le voit, le pays atti est d'une richesse surprenante en
varits d'arbres et de plantes et en valeur d'essences ou de produits
commerciaux. Par contre, on est tonn d'y rencontrer aussi peu
d'animaux.

Dans les villages, ce sont des boeufs rares et de petite taille, des
chvres, des poulets, etc. Dans la fort, de nombreux papillons, aux
couleurs clatantes, et des reptiles, des insectes encore plus nombreux.

On croirait la brousse inhabite si quelques oiseaux ne venaient, par
leurs cris, annoncer leur prsence au sommet des arbres les plus levs,
surtout le long des fleuves; des aigles pcheurs, au blanc plumage, des
toucans au long bec, des vautours, des martins-pcheurs, etc. Prs des
plantations, ce sont des pigeons, des tourterelles, des perroquets verts
et gris, etc.

Et cependant les panthres, lopards, chats-tigres, belettes, civettes,
existent dans la fort; les indignes les connaissent, portent les dents
de ces carnassiers en colliers autour du cou et m'en ont montr des
traces. Il en est de mme pour l'lphant: une seule fois, j'ai suivi le
passage d'une troupe de ces animaux qui ne doivent pas tre nombreux, je
crois, dans l'Atti. Les dfenses que possdent les indignes sont rares
et petites. Il est vrai que cette raret de l'ivoire dans le pays
pourrait tout aussi bien provenir du petit nombre d'lphants que du
danger de cette chasse pour des noirs mal arms, et craignant
d'affronter des animaux aussi redoutables. D'aprs les indignes,
l'hippopotame existerait en certains points inaccessibles du Como et du
N'zi; nous n'en avons jamais vu.

[Illustration: Les lianes sur la rive du Como.--D'aprs une
photographie.]

Il est digne de remarque que, pendant notre sjour en pleine fort, nous
n'ayons rencontr aucun de ces animaux, ni sanglier, ni biche, ni
antilope dont j'ai cependant relev plusieurs fois les traces.

Si les oiseaux paraissent rares et se perchent, hors du regard, sur la
cime des arbres, des singes d'espces nombreuses et varies emplissent
la fort de leurs bats. J'ai pu reconnatre sept espces diffrentes
dj signales par Binger sous les noms agnis: kouam (le cynocphale),
ti, adr, fo, assib, koumo, fah li. Les Attis, qui les prennent au
pige, en font leur nourriture sans se soucier de la valeur de certaines
de leurs fourrures, qui seraient estimes pour les fo, ti, pah-li.
Aussi nombreux que les singes, courent, de tous cts, le long des
lianes et des broussailles, des rats palmistes, des cureuils, etc. Un
bruissement continuel semble animer ces immenses solitudes....

Car la fort parat tre surtout le domaine des reptiles et des
insectes; ils y pullulent: lzards, iguanes, camlons et serpents. Les
camans, trs peu nombreux, de petite taille, sont ftiches dans tout
l'Atti, et il est dfendu de les tuer. Il est  craindre que, de cette
faon, leur nombre n'augmente rapidement.

[Illustration: Les occupations les plus frquentes au village:
discussions et farniente atti.--D'aprs une photographie.]

Pour une autre raison, la crainte, les serpents venimeux, eux aussi, ne
sont pas dtruits. Les Attis ont la terreur de ces reptiles pousse au
plus haut degr; la vue d'un serpent, mme mort, les met en fuite.

La vipre cornue, de la famille des Crastes, trs commune, est d'autant
plus dangereuse que sa couleur grise lui permet de passer plus
facilement inaperue. Sa longueur est de 2 mtres. Elle est surtout
reconnaissable  sa tte triangulaire, prsentant, au centre, une tache
noirtre de mme forme, et six petites cornes places sur deux ranges,
en avant des yeux. Les crochets venimeux sont au nombre de deux,
mobiles, et gnralement trs allongs.

Une seule fois, j'ai observ un autre serpent venimeux, un crotale, de
couleur verte, au corps plus fin que le prcdent, mais de mme taille.
Les crochets taient fixs  la mchoire suprieure.

Plus grand, plus robuste, mais beaucoup moins dangereux, tait l'norme
boa qu' notre retour  Memni nous prsentrent les indignes. Il avait
8 mtres de longueur et il fallait deux hommes pour le porter. On peut
juger du nombre de foutous et de sauces diverses qu'il servit 
prparer.

Les insectes que j'ai observs sont des sauterelles, criquets, grillons,
cigales, des termites relativement rares et construisant des termitires
de petit volume. Dans la brousse se rencontrent des taons, des gupes,
dont le voisinage est toujours dsagrable. Une petite espce d'abeilles
produit du miel que les noirs recueillent et paraissent estimer.

Les moustiques, trs rares au centre de la fort, pullulent sur les
bords du fleuve et des lagunes. N'ayant pu, faute de loisirs, en tudier
les diverses varits, il m'est impossible de prciser la relation qu'il
y a eu entre leur prsence, leur absence et les accs de fivre
paludenne constats. Cependant, en gnral, je puis dire que, dans la
fort, les accs de fivre ont t moins frquents que sur la cte et
les bords des lagunes et des fleuves.  terre, sur l'humus, on ne voit
que fourmis rouges, magnans, fourmis cadavres  l'odeur coeurante. Plus
dangereux et presque aussi frquents sont les gros scorpions noirs
d'Afrique, les mygales, normes araignes, dont les morsures sont
venimeuses. Une chenille couverte de piquants occasionna chez un de nos
sergents des accidents d'urticaire trs douloureux.

Quant aux poux de bois, argas, vivant dans la fort, ils sont aussi
frquents et malfaisants que les chiques rpandues sur le sable du
rivage et dans les cases de la cte: ces insectes, argas et chiques, se
logent sous l'piderme, provoquent des dmangeaisons insupportables et
occasionnent souvent des plaies s'ulcrant facilement.


     IV. -- La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.

Grce aux nombreux bateaux  vapeur qui relient frquemment la cte et
Petit-Alp, il nous tait facile de descendre  Grand-Bassam et je m'y
rendais environ une fois par semaine, afin d'acheter les vivres qui nous
taient ncessaires. Cordialement accueilli par mes deux confrres, les
Drs Chaussade et Bailly, je passais la journe en leur compagnie et
reprenais ensuite le bateau qui devait me reconduire  Petit-Alp avant
la nuit.

Un jour, le chef de service, le Dr Chaussade, me fit part de quelques
cas curieux qui venaient de se produire dans le village indigne: des
noirs en excellente sant avaient t pris de fivre brusquement. Leurs
ganglions avaient form des bubons et, aprs quelques jours de maladie,
la mort tait survenue. L'attention du docteur avait t attire, non
par les indignes eux-mmes, qui, loin d'appeler le mdecin, cachaient
plutt les malades, mais par l'augmentation des dcs au commencement du
mois d'avril.

 la curiosit fit place une certaine inquitude, quand, vers le 16,
j'appris, par hasard, que le nombre de morts allait en croissant
considrablement: c'tait une vritable pidmie qui se dclarait,
d'autant plus grave que les indignes n'avaient aucune hygine et que
les cas, isols jusque-l dans un seul quartier, taient, en ce moment,
dissmins dans tout le village noir.

Le vapeur, qui me conduisait, le 21 avril,  Bassam, manqua de charbon
en cours de route; il fallut chauffer au bois, et la nuit nous surprit
alors que nous tions encore sur le fleuve.  notre arrive, je ne
pouvais me rendre chez mes confrres, l'heure tant trop avance.
J'appris, d'ailleurs, que l'un d'eux tait souffrant et prfrai me
reposer au grand air, sur mon lit de camp, sous une vrandah.

[Illustration: Un incendie  Grand Bassam.--D'aprs une photographie.]

Aussi, le lendemain, lev avec le jour, j'errais prs du march, quand
un infirmier me vint dire qu'on m'appelait  l'hpital.  pas lents, je
parcourais le boulevard Treich-Laplne, aux cocotiers naissants, quand
un Europen que je rencontrai me balbutia, l'motion l'empchant de
parler: Docteur, si vous voulez voir le Dr Bailly en vie, allez vite 
l'hpital!

J'arrivai trop tard. Le lendemain, les Europens de Grand-Bassam,
fonctionnaires et commerants, accompagnaient  sa dernire demeure le
corps de ce pauvre camarade, mourant loin de sa famille, frapp
brusquement au troisime jour de sa maladie. Il n'tait dbarqu 
Bassam que depuis vingt-neuf jours! C'tait son dbut dans la carrire.

Deux jours plus tard, un tlgramme du gouverneur de la colonie
parvenait  Petit-Alp, adress au commandant: Docteur Ltinois, mort
au champ d'honneur.--Deux balles en pleine poitrine frappaient un autre
camarade, non plus, cette fois,  Grand-Bassam, mais  Tabou, dans la
rgion du Cavally o une colonne oprait contre les Tpos rvolts.
Dcidment, le ciel de la Cte d'Ivoire tait funeste  mes camarades et
il me tardait de quitter cette Afrique o, chaque jour, un nouveau deuil
nous dchirait le coeur.

[Illustration: La danse indigne est caractrise par des poses et des
gestes qui rappellent une pantomime.--D'aprs une photographie.]

Au milieu de ces jours de tristesse et de mort, nous arrivait une
heureuse nouvelle: un de nos amis, un jeune commerant, plein d'entrain
et confiant dans l'avenir, descendait le Como, et sitt son arrive 
Petit-Alp, nous devions fter son heureux retour.

Le 29 avril, il y avait rception  Alp, c'est--dire un grand dner
o le nombre des plats rivalisait avec celui des vins. Le cuisinier noir
faisait montre de ses talents culinaires; le matre de maison tenait 
tmoigner des richesses de sa cave. Il fallait, en effet, boire  la
sant de l'heureux arrivant,  celle de la Mission brillamment termine,
aux absents (le commandant et le capitaine Crosson-Duplessis taient 
Petit-Bassam) et surtout au prochain retour en France. Encore quinze
jours au plus!

Il est minuit, et l'on songe enfin  se sparer, quand un coup de
sifflet retentit dans la nuit: c'est un bateau  vapeur. Immdiatement
nous sommes  l'appontement. On vient apporter des ordres de commerce
pour un de nos convives. Lentement, vers le village, nous remontons la
berge du fleuve pour nous rendre au camp. Un nouveau coup de sifflet
vient nous surprendre, nous voyons le reflet rouge des feux d'un vapeur
qui accoste au dbarcadre. Petit-Alp gagnait donc d'importance pour
voir ainsi, de nuit, aborder deux vapeurs. Quelle tait la raison de
cette seconde arrive? Une lettre du gouverneur au Dr Lamy: le Dr
Chaussade tait gravement malade. Je devais me servir du mme bateau, la
_Comte_, pour redescendre immdiatement  Bassam, assurer le service.
Mes cantines sont fermes et embarques aussitt. J'tais prt  partir
et, sans diffrer, faisais mes adieux  mes amis. Un peu tristes les
adieux! Comme ceux que l'on fait quand on va vers l'inconnu et que cet
inconnu est des plus sombres.  bientt! crie-t-on de la berge quand le
bateau s'loigne, bon voyage!--Je rponds:  bientt! tandis qu'au
fond du coeur, je me dis: Non, c'est plutt un adieu.

Cet inconnu, vers lequel je descends rapidement, pouss par le courant
et  toute vapeur, cet inconnu m'effraie, je l'avoue humblement. Un de
mes camarades est mort, il y a huit jours, l'autre est gravement malade.
De plus, j'apprends  bord qu'un directeur d'une factorerie est dcd
sur la plage au moment o il s'embarquait pour rentrer en France; de
nombreux cadavres de rats, me dit-on, ont t trouvs dans les magasins
de factoreries et dans les cases indignes, etc.

 cinq heures du matin, j'tais auprs de mon chef, le Dr Chaussade, qui
s'excusait de m'avoir fait dranger pour un simple accs de fivre: il
se trouvait trs bien.

Vers huit heures, avant de quitter Grand-Bassam pour faire un voyage
d'un jour sur la lagune, le gouverneur et le commandant Houdaille
venaient prendre des nouvelles du malade. Il fut convenu que je
resterais pour assurer le service  Bassam pendant quelques jours et que
le Dr Chaussade irait en convalescence se remettre de ses fatigues,
auprs de la Mission,  Petit-Alp.

[Illustration: Une inondation  Grand-Bassam.--D'aprs une
photographie.]

Cette dcision ne devait pas avoir de suites (et ce fut le salut des
membres de la Mission) car, malheureusement, le mieux constat dans
l'tat du malade fut de courte dure. Le Dr Chaussade s'alitait  trois
heures du soir, trs gravement atteint; la mort survenait au
commencement de la nuit. Quelles longues et cruelles heures pour un
mdecin discutant sur son lit de mort, jusqu'au dernier soupir, la
maladie qui l'emporte, quand,  ces angoisses, s'ajoute le sentiment de
la responsabilit du devoir  accomplir! Ces situations terribles sont
rares, mme aux colonies, d'un mdecin se sentant mortellement atteint
d'un mal qu'il ignore, qu'il craint de nommer, car, il faut se hter, si
c'est une pidmie qui dbute, de prendre les mesures ncessaires pour
sauver ceux qui sont encore en vie.

Le Dr Chaussade entrevit cela et, mourant, il murmurait: Donnez des
ordres, je meurs de la peste!

[Illustration: Un campement sanitaire  Abidjean.--D'aprs une
photographie.]

Avant midi, le lendemain, ce pauvre camarade reposait au cimetire, et
quand,  la mme heure, le gouverneur, de retour  Grand-Bassam,
apprenait ce nouveau malheur, je me rendais, en toute hte, auprs de
lui. On se trouvait en face d'une pidmie grave. La peste? C'tait
probable chez les noirs, mais on ne pouvait l'affirmer pour les
Europens dcds. En tout cas, il fallait prendre des mesures
nergiques, communes  toute pidmie, et... attendre. L'attente ne fut
pas longue. Le jour mme, l'infirmier tait atteint; le jour suivant, de
nouveaux cas se dclaraient chez les Pres missionnaires, chez les
personnes ayant approch le dernier malade. Puis quatre ou cinq dcs
successifs, pendant les premiers jours de mai, nous prouvaient que
l'pidmie existait bien et augmentait de violence. Cette fois, c'tait
la fivre jaune: les derniers cas ne permettaient plus aucun doute et
venaient clairer le diagnostic rest incertain pour les premiers
malades.

Grand-Bassam comptait environ soixante Europens, parmi lesquels cinq ou
six femmes, qu'il fallait loigner rapidement du foyer de l'pidmie.
Des ordres sont donns en ce sens. Quelques personnes dociles et
confiantes prfrent s'exiler dans la brousse plutt que de rester  la
cte. La vie ne devait certes pas tre facile et agrable sur les bords
de la lagune, du Como; mais ne valait-il pas mieux, de cette faon,
viter le flau? Malheureusement, tous ne furent pas de cet avis. Les
vieux coloniaux, qui, depuis plusieurs annes, frquentaient les ctes
du golfe de Guine, affirmaient avoir vu, tous les ans,  cette poque,
des cas de ce genre: La fivre bilieuse, bien connue et sans caractre
pidmique, devenait plus frquente, plus meurtrire,  ce moment de
l'anne, mais on ne pouvait l'appeler fivre jaune, disaient ces
habitus de Grand-Bassam, heureux et fiers de pouvoir retirer de leur
anciennet  la cte un peu de pratique et de connaissances mdicales.
Ils ne se doutaient pas du mauvais conseil qu'ils donnaient  ceux qui,
trop nombreux, les coutrent. Il fallait partir, et trs peu s'y
dcidrent.

Pour beaucoup d'Europens, fonctionnaires ou commerants, il tait
difficile, je le sais, d'abandonner leur poste, leur factorerie; et ne
trouvaient-ils pas prfrable de cacher l'existence de l'pidmie, dont
la rvlation, une fois faite, devait amener l'arrt complet du commerce
dans la colonie?

D'ailleurs, l'pidmie est-elle bien reconnue, bien confirme?
disaient-ils, et cette opinion prenait d'autant plus de force qu'elle
rassurait tout le monde et montrait l'inutilit des mesures radicales
qui allaient tre prises. En effet, Grand-Bassam tant dpourvu d'tuve
et d'autres moyens de dsinfection, on ne pouvait avoir recours qu'
l'incendie pour arrter, si possible, la contagion. Toute habitation
d'Europen ou de noir, o un dcs s'tait produit, devait tre
immdiatement brle avec ce qu'elle contenait.

Cette dernire mesure de rigueur fut mise immdiatement  excution, non
sans provoquer de nombreuses difficults, tant du ct des Europens que
du ct des indignes. Pouvait-on croire pourtant que ces ordres avaient
t donns sans rflexion? Oh! ces trop longues journes de Bassam et
ces nuits d'insomnie, plus longues encore, pendant lesquelles, depuis la
mort du Dr Chaussade, j'assumai les responsabilits d'un mdecin-chef
d'une colonie, et cela au dbut d'une pidmie, sans un confrre, un
ami, auprs duquel j'aurais pu trouver un conseil, un appui[4]! Ces
longues journes, ces longues nuits, pendant lesquelles, allant de
malade en malade, je n'avais pas un moment de repos, ni pour le corps ni
pour l'esprit, qu'elles m'ont paru terribles et combien mes plus mauvais
jours, passs dans la brousse, me semblaient agrables auprs des
premires journes de mai 1899!

          [Note 4: Je ne puis cependant oublier les bons soins de M.
          Vaillant, constructeur et directeur du warf de Grand-Bassam,
          qui fut toujours pour moi un excellent ami.]

J'tais seul, et ma croyance dans l'existence de la fivre jaune n'tait
pas partage. Mais, chaque jour, c'tait un nouveau dcs, et l'pidmie
frappant par toute la ville, sans grce ni merci, venait, hlas! me
donner raison. En dix jours, plus de douze dcs sur une population de
quarante personnes. On se comptait! Il fallut bien croire  la fivre
jaune le jour o ses plus acharns adversaires succombrent sous ses
coups.

Alors, ce fut de l'affolement. Le jour, on se fuyait ou presque: dans
les rues, personne ne se promenait. La nuit, seul le bruit de la barre
s'entendait sourd et rgulier; les noirs en oubliaient de faire tam-tam.
Je fus mme menac du fusil si je tentais d'approcher d'une maison: un
malade me faisait demander, mais, devant cette menace, je me gardai bien
d'avancer.

Un soir, je rentrais chez moi, quand en passant boulevard
Treich-Laplne, j'entendis des chants joyeux au son d'un violon. Cette
gaiet faisait mal au milieu de cette dsolation. On chantait, on
dansait pour s'tourdir. Cette nuit encore, le sommeil ne vint pas; mon
motion tait trop grande au souvenir de cette folle gaiet voulue pour
oublier les morts du matin, de la veille, ceux de demain.

Cette mme nuit devait, d'ailleurs, tre agite. Vers deux heures du
matin, un garde de police vint me prvenir que les indignes taient
souponns de cacher leurs malades et de transporter leurs morts pendant
la nuit, de l'autre ct de la lagune. De cette faon, l'pidmie qui
svissait sur eux paraissait en dcroissance et semblait mme termine:
depuis quelques jours, il n'y avait eu aucune case d'incendie. Le garde
de police venait, en pleine nuit, d'arrter un enterrement et me priait
de constater l'tat du cadavre. Immdiatement, je fais ouvrir le
cercueil et reconnais sur le dfunt les symptmes dj signals
prcdemment. L'pidmie faisait donc toujours des victimes chez les
noirs!

Le jour mme, cette constatation provoquait de nouveaux ordres de la
part du gouverneur. Le lendemain, tous les indignes de Grand-Bassam,
drapeaux anglais et franais en tte, conduits par des Apolloniens, se
rendaient en masse  l'htel du Gouvernement et sommaient le gouverneur
de revenir sur sa dcision. On ne pouvait que s'incliner devant la
volont du peuple aussi violemment manifeste; les tirailleurs taient
absents de Grand-Bassam, et la police se trouvait insuffisante. Les
cases indignes ne furent plus incendies et, comme autrefois, les noirs
continurent d'inhumer les corps dans la maison mme, habite par le
dfunt.

[Illustration: Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine.--D'aprs
une photographie.]

Les inhumations des Europens se faisaient dans le cimetire, sur la
grve, au bord de la mer, et le corps tait plac entre deux lits de
chaux. Bientt la chaux elle-mme fit dfaut. Quant aux enterrements,
ils n'existaient plus en tant que crmonie. Personne n'accompagnait 
sa dernire demeure le corps d'un voisin, d'un ami, et le triste cortge
ne se composait que de quatre porteurs noirs.

Le 13 mai au matin, il me fut impossible de me lever. J'avais des
courbatures dans tous les membres et un fort mal de tte. C'tait un
violent accs de fivre qui dbutait ou plutt la premire atteinte de
ce mal qui n'avait pas encore pardonn. Sur quinze personnes frappes
avant moi, il y avait eu exactement quinze victimes.

Je ne pouvais avoir l'espoir d'tre pargn; aussi voulant mettre de
l'ordre dans mes papiers d'affaires, mes rapports de Mission et surtout
faire connatre mes dernires volonts, commenai-je par crire quelques
lettres  ma famille d'abord, puis au commandant et au lieutenant
Macaire.

[Illustration: Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de
fivre jaune. D'aprs une photographie.]

Cela n'alla pas sans quelques difficults, car les ides erraient
confusment dans ma tte brlante de fivre, et ma volont ne suffisait
plus  soutenir mes membres fatigus. Une douleur violente aux reins, le
coup de barre, me rendait tout mouvement impossible. Puis je songeai 
me soigner, indcis entre les mdicaments de la Facult et les remdes
croles sur lesquels je m'tais instruit longuement pendant mes jours
passs. J'associai les deux et peut-tre fis-je bien.

Le lendemain, la fivre diminuait. Le troisime jour de ma maladie, tout
paraissait termin et j'aurais pu dire comme mon confrre, le Dr
Chaussade, que je me sentais bien, si je n'avais connu, par une longue
et triste exprience, la faon de procder de cette terrible maladie
qui,  la veille de la mort, vous donne l'espoir d'une erreur et l'oubli
du danger pass.

Je ne pouvais m'abuser quand le soir de ce jour trompeur je sentis la
fivre revenir. Une grande faiblesse m'envahissait. Je ne pus que dire
adieu  la vie et perdis connaissance.

Quand je revins  moi, le lendemain matin, le soleil tait dj haut
dans le ciel. J'appelai mon boy. Allou ne me rpondit pas, et depuis
lors, jamais je ne l'ai revu. Il m'avait t fidle pendant mon sjour
dans la brousse, mais la crainte de la mort avait t trop forte pour
lui ou peut-tre n'avait-il pas voulu tre le seul tmoin de mes
derniers moments. En tous cas, il tait parti, et comme souvenir de son
ancien matre, avait emport ma montre. Qu'il soit pardonn pour ses
bons services dans l'Atti!

Pendant ma maladie, l'pidmie avait continu ses ravages, dcimant les
Europens de Grand-Bassam.

Aussi,  peine dbarqu, le Dr Rimbert, venant du Dahomey, avait-il
song  conduire loin de ce point infest tous ceux que la mort avait
pargns et qui voulaient bien abandonner leurs intrts. Sur le vapeur
Binger, en leur compagnie, le Dr Rimbert tait parti pour Brly, o il
avait le bonheur de constater qu'aucun cas suspect n'avait clat parmi
eux. Ils taient sauvs!

D'autre part, le Dr Mondon venait d'arriver de France et prenait la
direction du Service de sant, ayant auprs de lui le Dr Germain, qui
s'tait embarqu  Dakar pour la Cte d'Ivoire.

Ma convalescence ne fut pas longue, et le 22 mai, je pouvais de nouveau
donner mes soins aux malades. Cette fois mon service s'tait bien
simplifi. Tout d'abord je n'tais plus seul, mais, hlas! mes confrres
arrivaient un peu tard. Ils ne trouvaient plus  Bassam que les derniers
Europens qui s'enttaient encore  y rester et devaient sans tarder
succomber presque tous: prs de trente morts sur trente prsents pendant
toute l'pidmie! Quelques autres, plus heureux, taient guris: trois
seulement et j'tais de ceux-l.

Ah! ces dtails que j'appris peu  peu en parcourant la ville dsole,
quand je questionnai les indignes, les anciens boys, qu'ils furent
navrants et combien je me flicitai de n'y avoir pas assist pendant que
la maladie me forait  ne penser qu' moi!... Un jeune homme prfrant
s'alcooliser et buvant de l'absinthe  mme la bouteille, afin de ne pas
se sentir mourir; cet autre, dj frapp autrefois  la Havane, ne
pouvant croire  une nouvelle attaque et niant jusqu' son dernier
soupir que la fivre jaune lui donnt la mort.

Pour ajouter  la terreur de ces jours dsols, la mer elle-mme avait
cru devoir faire l'impossible. Un raz de mare formidable s'tait form
le long des ctes de Guine; le warf en construction  Grand-Bassam
avait t fortement endommag. Des vagues normes avaient repouss les
dunes de sable qui forment le rivage et s'taient rpandues dans la
ville de Bassam, inondant les rues, les cases indignes, comblant les
mares si nombreuses qui, malheureusement pour l'hygine, existaient de
tous cts, prs des habitations. Il avait fallu improviser des ponts,
des passages en pirogue.

Le cimetire europen lui-mme n'avait pas t respect par la mer en
furie, et les cadavres des victimes de l'pidmie, auxquelles un juste
repos aurait pu tre accord, se trouvaient dcouverts par les flots
qu'un trop lger linceul de sable n'avait pu arrter.

Il ne me restait plus qu' rejoindre mon poste, la Mission, qui se
trouvait en ce moment  Jackville. Sitt que l'pidmie fut connue 
Petit-Alp, le commandant, donnant une consigne svre, avait
compltement isol le camp pour viter toute contagion. Puis, comme il
fallait penser au retour en France, la Mission s'tait dirige vers la
cte, sur Jackville, par le Como et la lagune, sans toucher 
Grand-Bassam.

L'pidmie tait termine faute de nouvelles victimes, et je pouvais, le
8 juin, faire mes adieux  mes confrres avant de partir pour Abidjean,
sur la lagune, o je devais faire une quarantaine avant d'aller
rejoindre la Mission. Il me tardait, en effet, de revoir mes amis qui, 
plusieurs reprises, avaient perdu tout espoir de me ramener en France
avec eux.

Les dix jours passs  Abidjean furent pour moi dix jours de privations
et de fatigues physiques. Les factoreries taient fermes  la cte par
dfaut de personnel; les indignes des bords de la lagune sont
commerants, mais pas hospitaliers; il tait donc trs difficile de se
nourrir. Une seule chose me soutenait: la volont de revoir la France.

Aussi, quel fut mon bonheur de recevoir, le 16, un mot du commandant qui
m'adressait une pirogue monte par des Jack-Jack, afin de me permettre
de le rejoindre avant l'arrive probable du paquebot qui devait nous
transporter, le 18!

J'tais prt. Afin d'viter de semer des germes de l'pidmie au milieu
de la Mission qui en avait t heureusement prserve jusque-l, j'avais
brl tout ce qui n'avait pas de valeur, mes habits, mon linge, et, par
de nombreux bains antiseptiques, nettoy tout le reste de mon matriel.

Le 18, j'tais  Jackville dans les bras de mes amis. Je n'oublierai
jamais la cordialit de leur rception et les bons soins dont j'ai t
combl. Pour eux je revenais de loin, et il fallait, parat-il, me
fortifier si je tenais  revoir la France.

Dans la soire, on crut apercevoir de la fume au large de Jackville; la
nuit tombait et il fut impossible de se rendre compte exactement,...
puis au loin ce fut un feu. C'tait le paquebot! Les beaux rves que
nous faisions cette nuit-l dans notre pauvre lit de camp, auquel nous
allions dire adieu: c'tait donc notre dernier sommeil sur la terre
d'Afrique, et demain le dpart pour la France!

Au matin, rveills de bonne heure par la barre qui roulait  nos pieds
(le camp tait tabli sur le sable du rivage), nous regardions la mer au
loin, bien loin!... Pas de paquebot! et un tlgramme nous apprenait de
Bassam que le courrier ne nous recevrait pas  bord, car tout le pays
tait en quarantaine.

Chaque jour ce fut une nouvelle attente, une nouvelle dception.

Enfin, le 26 juin au matin, nous disions adieu  la Cte d'Ivoire, aux
lugubres souvenirs, et tout  la joie du retour, aprs une heureuse
traverse, nous dbarquions  Marseille, le 15 juillet.

                                        Dr LAMY.

[Illustration: Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne.--D'aprs une
photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.


       *       *       *       *       *


TABLE DES GRAVURES ET CARTES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_


  En rickshaw sur la route du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      1

  L'lphant du touriste  Djapour.                                 1

  Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      2

  Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias,
    d'aprs une photographie.)                                       3

  Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du
    Djhilam. (D'aprs une photographie.)                             4

  Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais
    de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen,  Delhi.)     5

  Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam  Ouri. (D'aprs une
    photographie.)                                                   6

  Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Mahrdja  Srnagar.
    (Photographie Bourne et Sheperd,  Calcutta.)                    7

  L'entre du Tchinar-Bgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
    Srnagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du
    Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)          7

  Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.)        8

  Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
     Delhi.)                                                        9

  Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            10

  La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam  Baramoula.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            11

  Nos tentes  Lahore. (D'aprs une photographie.)                  12

  Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
    et Shepherd,  Calcutta.)                                       13

  Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de
    Vidja-Broer (hauteur 1m 40.)                                    13

  Enfants de bateliers jouant  cache-cache dans le creux d'un
    vieux platane. (D'aprs une photographie.)                      14

  Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de
    peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd,  Calcutta.)       15

  Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une
    photographie.)                                                  16

  Troisime pont de Srnagar et mosque de Shah Hamadan; au fond,
    le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)    17

  Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.)       18

  Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  19

  Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthn.
    (D'aprs une photographie.)                                     20

  Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, 
    Delhi.)                                                         21

  Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din,  Vidjabroer. (D'aprs une
    photographie.)                                                  22

  Le temple de Panyech:  gauche, un brahmane;  droite, un
    musulman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                  23

  Temple hindou moderne  Vidjabroer. (D'aprs une photographie.)   24

  Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou.
    (D'aprs une photographie.)                                     25

  Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque,
     Houtamourou, prs de Bhavan.                                  25

  Temple ruin,  Khotair. (D'aprs une photographie.)              26

  Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.)     27

  Ver-Ng: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une
    photographie.)                                                  28

  Temple rustique de Voutanr. (D'aprs une photographie.)          29

  Autel du temple de Voutanr et accessoires du culte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  30

  Noce musulmane,  Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs
    une photographie.)                                              31

  Sacrifice bhramanique,  Bhavan. (D'aprs une photographie.)      31

  Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au
    dblaiement. (D'aprs une photographie.)                        32

  Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple.
    (D'aprs des photographies.)                                    33

  Place du campement sous les platanes,  Bhavan. (D'aprs une
    photographie.)                                                  34

  La Ziarat de Zan-oud-Din,  Eichmakam. (Photographie Bourne et
    Shepherd,  Calcutta.)                                          35

  Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
    (D'aprs une photographie.)                                     36

  Maisons de bois,  Palgm. (Photographie Bourne et Shepherd, 
    Calcutta.)                                                      37

  Palanquin et porteurs.                                            37

  Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
    miraculeuse. (D'aprs une photographie.)                        38

  Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar
    au-dessus de Palgm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          39

  Valle d'Amarnth: vue prise de la grotte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  40

  Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du
    Mahgounas. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                41

  Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
    Zodji-Pl. (D'aprs une photographie.)                          42

  Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            43

  Grotte d'Amarnth. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)           43

  Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une
    photographie.)                                                  44

  Campement de Goudjars  Astan-Marg. (D'aprs une photographie.)   45

  Le bain des plerins  Amarnath. (D'aprs une photographie.)      46

  Plerins d'Amarnth: le Sdhou de Patiala; par derrire, des
    brahmanes, et  droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une
    photographie.)                                                  47

  Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.)        48

  Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
     Calcutta.)                                                    49

  Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.)                    49

  Le Brahma Sr et le camp des plerins au pied de l'Haramouk.
    (D'aprs une photographie.)                                     50

  Lac Gangbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
    Kissen,  Delhi.)                                               51

  Le Noun-Kl, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins.
    (D'aprs une photographie.)                                     52

  Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur
    hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)   53

  Temples ruins  Vangth. (D'aprs une photographie.)             54

  Mla ou foire religieuse  Hazarat-Bal. (En haut, photographie
    par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen,  Delhi.)       55

  La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srnagar. (D'aprs
    une photographie.)                                              56

  Nishat-Bgh et le bord oriental du lac de Srnagar. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          57

  Le canal de Mar  Sridagar. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  58

  La mosque de Shah Hamadan  Srnagar (rive droite). (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          59

  Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.)        60


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.


  La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force
    pour la mise  l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61

  Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur.
    (D'aprs une photographie.)                                     61

  Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de
    Petit-Alp. (D'aprs une photographie.)                       62

   Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.)            63

  Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille.
    (D'aprs une photographie.)                                     64

  Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une
    douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
    de palme. (D'aprs une photographie.)                           65

  Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne.
    (D'aprs une photographie.)                                     66

  Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M.
    (D'aprs une photographie.)                                     67

  La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une
    photographie.)                                                  68

  Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.)          69

  La cte d'Ivoire.--Le pays Atti.                                 70

  Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
    indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave,
    d'aprs une photographie.)                                      71

  La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.)     72

  Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.)           74

  La garnison de Mop se porte  notre rencontre. (D'aprs une
    photographie.)                                                  75

  Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de palme et de
    cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.)        76

  Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop.
    (D'aprs une photographie.)                                     77

  Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.)    78

  Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.)   79

  Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso  Daboissu.
    (D'aprs une photographie.)                                     80

  Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes
    et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.)        81

  Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso. (D'aprs
    une photographie.)                                              82

  La valle du Como  Malamalasso. (D'aprs une photographie.)     83

  Tam-tam de guerre  Mop. (D'aprs une photographie.)             84

  Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une
    photographie.)                                                  85

  Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.)        85

  La fort tropicale  la cte d'Ivoire. (D'aprs une
    photographie.)                                                  86

  Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.)               87

  Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.)      88

  Les occupations les plus frquentes au village: discussions et
    farniente Atti. (D'aprs une photographie.)                    89

  Un incendie  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)           90

  La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes
    qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.)       91

  Une inondation  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)        92

  Un campement sanitaire  Abidjean. (D'aprs une photographie.)    93

  Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une
    photographie.)                                                  94

  Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune.
    (D'aprs une photographie.)                                     95

  Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une
    photographie.)                                                  96


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_


  L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
    violtre.                                                       97

  Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau d'une
    blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.                   97

  Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100).     98

  Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour gnoise,
    trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.               99

  Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon
    pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.         100

  Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon.              101

  La teste de Napolon (page 100).                               102

  Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades
    scintillantes de clart (page 99).                             103

  Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu
    sombre leur profil anguleux (page 99).                         103

  La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon
     Porto-Ferraio (page 101).                                    104

  Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini
    (page 102).                                                    105

  La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini.              106

  La salle du conseil  Porto-Ferraio, avec le portrait de la
    dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon,
    d'aprs le tableau de Grard.                                  107

  La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses
    volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire
    l'empereur (page 101).                                         107

  Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du
    soleil.                                                        108

  Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
    Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.          109

  Un enfant elbois.                                                109

  Marciana Alta et ses ruelles troites.                           110

  Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et
    ses embarcations tires sur la grve.                          111

  Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
    Giove.                                                         112

  ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues
    (page 111).                                                    113

  La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur
    s'asseyait pour dcouvrir la Corse.                            114

  La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de
    rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117).             115

  Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont
    l'air de dominos empils... (page 118).                        115

  J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues.  116

  Une des trois chambres de l'ermitage.                            117

  L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la
    comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.                        117

  Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle
    espagnole (page 117).                                          118

  La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia, signor!--La
    chapelle de la Madone sur le Monte Giove.                      119

  Le coucher du soleil sur le Monte Giove.                         120

  Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.       121

  L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        121

  Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande
    orang-rouge et trois abeilles jadis dores.                   122

  La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de
    pierre.                                                        123

  La chambre de Napolon  San Martino.                            123

  La cour de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        124

  Une femme du village de Marciana Alta.                           125

  Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
    reprsentant Napolon et Marie-Louise.                         126

  San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes 
    la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123).    126

  Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la
    figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.            127

  La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses
    peintures murales et son bassin  sec.                         127

  Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon
    aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
    d'Ajaccio.                                                     128

  La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule
    portait  la cour des Mulini.                                  129

  ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en
    souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
    Porto-Ferraio.                                                 130

  Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris 
    l'le d'Elbe.                                                  130

  Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
    chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains
    osseuses.                                                      131

  L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille
    impriale, le 26 fvrier 1815.                                 132


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes_.


  Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
    Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.)          133

  Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140).    133

  Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de
    vie antique a dict l'itinraire.                              134

  L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
    l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).                  135

  Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au
    milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.)        136

  Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une
    photographie.)                                                 137

  Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines
    (page 142).                                                    138

  Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.)        139

  La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent
    (page 143). (D'aprs une photographie.)                        139

  Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres.
    (D'aprs une photographie.)                                    140

  Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs
    une photographie.)                                             141

   Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre
    d'art. (D'aprs une photographie.)                             142

  Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 143

  Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.                       144

  Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire
    (page 147). (D'aprs une photographie.)                        145

  Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement
    (page 148).                                                    145

  glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors.
    (D'aprs une photographie.)                                    146

  Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la forme des
    habitations. (D'aprs une photographie.)                       147

  La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines
    et byzantines. (D'aprs une photographie.)                     148

  Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment
    (page 148). (D'aprs une photographie.)                        149

  Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146).
    (D'aprs une photographie.)                                    150

  Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne,
    pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.)        151

  Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations
    (page 155). (D'aprs une photographie.)                        152

  J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une
    photographie.)                                                 153

  Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs
    une photographie.)                                             154

  Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.)                 155

  Porte arabe  Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.)      156

  Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le
    bac  force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.)    157

  Bdouin. (D'aprs une photographie.)                             157

  Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout.
    (D'aprs une photographie.)                                    158

  Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour
    et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.)   159

  Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.)   160

  Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160).
    (D'aprs une photographie.)                                    161

  Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus.
    (D'aprs une photographie.)                                    162

  Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165).
    (D'aprs une photographie.)                                    163

  L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
    corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une
    photographie.)                                                 163

  Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les
    premires habitations (page 166).                              164

  Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une
    photographie.)                                                 165

  Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.)            166

  Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
    (D'aprs une photographie.)                                    167

  Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes
    (page 166). (D'aprs une photographie.)                        168


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_


  Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs
    une photographie.)                                             170

  Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs
    une photographie.)                                             171

  Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente
    une rade magnifique. (D'aprs une photographie.)               172

  C'est  Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France
    a un rsident. (D'aprs une photographie.)                     173

  Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.)           174

  Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et
    une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte.
    (D'aprs des photographies.)                                   175

  Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.)               176

  Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une
    photographie.)                                                 177

  Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 178

  Un banquet de Franais  Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.)            180


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_


  Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
    (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         181

  La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 181

  Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
    dans les rues de Moscou (page 183).                            182

  Les paysannes en plerinage arrives enfin  Moscou, la cit
    sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  183

  Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes
    (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         184

  La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir
    (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        185

  Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    186

  Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
    entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie
    de M. J. Cahen.)                                               187

  Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan,
    et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
    (page 190).                                                    188

  Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux
    toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    189

  Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent:
    les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 189

   l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
    de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    190

  Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    191

  Un des isvotchiks qui nous mnent grand train  travers les rues
    de Moscou (page 182).                                          192

  Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites,
    entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l
    leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        193

  L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs
    une photographie de M. J. Cahen.)                              193

  Itinraire de Moscou  Tomsk.                                    194

   ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le
    kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de
    M. J. Cahen.)                                                  195

  Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras
    (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         196

  Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi
    (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         197

  Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196).
    (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)                     198

  Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
    relie la vieille ville  la nouvelle, la citadelle au march
    (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         199

  Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  200

  Dj la grande industrie pntre: on rencontre  Moscou des
    ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.)      201

  Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    202

  Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent,  tous les
    tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  203

  Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une
    photographie.)                                                 204

   Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
    Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        205

  Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle
    (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        205

  Nous avons travers le grand pont qui mne  la foire (page 205).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    206

  Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, 
    l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        207

  Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    208

  Dans les rues, les petits marchands taient innombrables
    (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         209

  Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints
    de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M.
    J. Cahen.)                                                     210

  Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches
   (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)          211

  Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         211

  Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         212

  Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs
    des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  213

  Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les
    administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    214

  Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs
    une photographie de M. Thibeaux.)                             215

  Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
    (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        216

   presque toutes les gares il se forme spontanment un petit
    march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  217

  Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    217

  Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        218

  Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables
    bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        219

  Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        220

  migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train
    (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)           221

  L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air
    d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222

  Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien.
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                223

  L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas
    neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
    du Guide du Transsibrien.)                                  224

  Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle
    (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)          225

  Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
    la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)      226

  Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
    Koulomzine.)                                                   227

  Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    228

  Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de
    M. Legras.)                                                    229

  La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    229

  Nous sommes passs prs d'une glise  clochetons verts (page 230).
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                230

  Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits
    verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)              231

  Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs
    une photographie de M. Legras.)                                232

  Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
    (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        233

  La cathdrale de la Trinit  Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         234

  Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 235

  Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration
    (page 231). (D'aprs une photographie.)                        236

  Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent
    (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)                    237

  Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         238

  Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237).
    (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.)           239

  La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 240

  Flneurs  la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une
    photographie de M. Legras.)                                    241

  Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
    (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        241

  Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une
    photographie.)                                                 242

  Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une
    photographie.)                                                 243

  La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 244

  Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux
    puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie
    de M. G. Cahen.)                                               245

  Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul
    Labb.)                                                        246

   la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. J. Legras.)                    247

  Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
    (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)                     248

  Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud
    (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)         249

  Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  250

  Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de
    moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  251

  L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)         252


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_


  Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
    promenade. (Photographie Alinari.)                             253

  Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        253

  Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
    San Salvatore. (D'aprs une photographie.)                     254

  La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son
    lac. (Photographie Alinari.)                                   255

  Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.)      256

  La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures
    de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        257

  Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini  Sainte-Marie-des-Anges
    (Photographie Alinari.)                                        258

  La passion: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260). (Photographie Alinari)                             259

  Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini 
    Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.)                260

  La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise
    Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.)     261

  La Scne: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260).                                                    262

  Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
    (Photographie Alinari.)                                        263

  Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
    (D'aprs une photographie.)                                    264


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_


  Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois
    (page 266). (D'aprs une photographie.)                        265

  Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.)          265

  Plan de Shangha.                                                266

  Shangha est sillonne de canaux qui,  mare basse, montrent
    une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne
    de Harven.)                                                    267

  Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.)                268

  Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent
    en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires.
    (D'aprs une photographie.)                                    269

  Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice
    de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une
    photographie.)                                                 270

  La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
    chinoise de Shangha (page 268).                               271

  Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
    l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
    Harven.)                                                       271

  Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une
    photographie.)                                                 272

  Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne
    peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
    (page 270). (D'aprs une photographie.)                        273

  La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage,
     forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.)           274

  Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de
    runion trs frquent. (D'aprs une photographie.)            275

  Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise.
    (D'aprs une photographie.)                                    276

  La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une
    photographie.)                                                 277

  Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.)   277

  Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
    (D'aprs une photographie.)                                    278

  Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
    apparence (page 282).                                          279

  Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit.
    (Photographies de Mlle H. de Harven.)                          279

  Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques
    ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une
    photographie.)                                                 280

  Le quai de la Concession franaise prsente,  toute heure du
    jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.)    281

  Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs
    une photographie.)                                             282

  L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux 
    l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une
    photographie.)                                                 283

  Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une
    photographie.)                                                 284

  Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
    chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.)             285

  Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.)               286

  Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une
    photographie.)                                                 287

  Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une
    photographie.)                                                 288


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_


  L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons
    des deux sexes. (D'aprs une photographie.)                    289

  Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une
    photographie.)                                                 289

  Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux
    tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume
    universitaire. (D'aprs une photographie.)                     290

  Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 291

  Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 292

  Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une
    photographie.)                                                 293

  Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 294

  Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut
    Hampton. (D'aprs une photographie.)                           295

  Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 296

  Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs
    une photographie.)                                             297

  Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 298

  Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 299

  Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 300


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._


  Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
    (D'aprs une photographie.)                                    301

  Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une
    photographie.)                                                 301

  Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
    d'Astrabad  Kirman.                                           302

  Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples
    toffes. (D'aprs une photographie.)                           303

  Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire
    presque  sec; au fond, des constructions  l'aspect de fortins.
    (D'aprs une photographie.)                                    304

  Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
    visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.)                 305

  La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une
    photographie.)                                                 306

  Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une
    photographie.)                                                 307

  Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 308

  Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs
    une photographie.)                                             309

  Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de
    l'Asie. (D'aprs une photographie.)                            310

  Avant d'arriver  Kirman, nous avions  traverser la chane de
    Kouhpaia. (D'aprs une photographie.)                          311

  Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une
    photographie.)                                                 312

  La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
    souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.)            313

  Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.)               313

  Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien
    sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.)      314

   Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve  un
    mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.)        315

  Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 316

  Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 317

  La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
   (D'aprs une photographie.)                                     318

  Membres des cheikhis, secte qui en compte 7000 dans la province
    de Kirman. (D'aprs une photographie.)                         319

  La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
    mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.)                320

  Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
    terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une
    photographie.)                                                 321

  Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs
    une photographie.)                                             322

  Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres.
    (D'aprs une photographie.)                                    323

  Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
    Kirman. (D'aprs une photographie.)                            324

  Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.)                    325

  Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 325

  Carte du Makran.                                                 326

  Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour
    d'un fort. (D'aprs une photographie.)                         327

  Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du
    Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)                     328

  Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 329

  La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et
    la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.)               330

  Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 331

  Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 332

  Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.)    333

  Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 334

  Dans les montagnes du Makran:  des collines d'argile succdent
    de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.)    335

  Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 336

  L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est
    remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
    (D'aprs une photographie.)                                    337

  Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)        337

  Carte pour suivre les dlimitations de la frontire
    perso-baloutche.                                               338

  Nous campmes  Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
    palmeraie. (D'aprs une photographie.)                         339

  C'est  Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient
    donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.)                 340

  Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de
    Kouak. (D'aprs une photographie.)                             341

  Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une
    photographie.)                                                 342

  Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.)         343

  Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.)     344

  Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             345

  Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes
    d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.)      346

  Indignes de l'oasis de Pandjgour,  l'est de Kouak. (D'aprs
    une photographie.)                                             347

  Camp de la commission de dlimitation sur la frontire
    perso-baloutche. (D'aprs une photographie.)                   348

  Campement de la commission des frontires perso-baloutches.
    (D'aprs une photographie.)                                    349

  Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.)                       349

  Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 350

  Les commissaires persans de la dlimitation des frontires
    perso-baloutches. (D'aprs une photographie.)                  351

  Le delta du Helmand.                                             352

  Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352

  Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une
    photographie.)                                                 353

  La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.)                    354

  Le Gypsies du sud-est persan.                                    355

  Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.)            356

  Couple baloutche. (D'aprs une photographie.)                    357

  Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer  Kirman. (D'aprs
    une photographie.)                                             358

  La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert.
    (D'aprs une photographie.)                                    359

  Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.)                     360


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_


  Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
    votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 361

  Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.)       361

  Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort.
    (D'aprs une photographie.)                                    362

  Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province.
    (D'aprs une photographie)                                     363

  Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs
    une photographie.)                                             364

  Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
    montagne sacre. (D'aprs une photographie.)                   365

  Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une
    photographie.)                                                 366

  La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour;
    c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.)             367

  Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple
    d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.)                      367

  Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.)       368

  La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs
    une photographie.)                                             369

  Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes  boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    370

  La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd  Norodom.
    (D'aprs une photographie.)                                    371

  Le palais du roi,  Oudong-la-Superbe. (D'aprs une
    photographie.)                                                 371

  Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.)           372


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_


  La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de
    plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.)         373

  Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une
    photographie.)                                                 373

  Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur.          374

  Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)   375

  La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
     Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)                      376

  C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons
    des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.)           377

  Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.)                378

  Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste.
    (D'aprs une photographie.)                                    379

  Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.)  379

  Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.)            380

  Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
    conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.)   381

  Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    382

  Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous
    le linge blanc. (D'aprs une photographie.)                    383

  En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une
    photographie.)                                                 384

  Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont
    dcores de paillettes multicolores.                           385

  Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.)           385

  Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386

  La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une
    photographie.)                                                 387

  La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
    scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une
    photographie.)                                                 388

  Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une
    photographie.)                                                 389

  Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.)        390

  Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume
    que les moines. (D'aprs une photographie.)                    391

  Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea.
    (D'aprs une photographie.)                                    392

  Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.)              393

  L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig
    d'un sjour  Campolung. (D'aprs une photographie.)           394

  Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.)     395

  Dans les jardins du monastre de Curtea.                         396

  Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme
    nom. (D'aprs une photographie.)                               397

  Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.)             397

  Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
    (D'aprs une photographie.)                                    398

  Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une
    photographie.)                                                 399

  Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus
    potiques. (D'aprs une photographie.)                         400

  Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.)                  401

  Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                402

  Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou
    Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
    L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza.
    -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.)           403

  Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les
    htels de la ville. (D'aprs une photographie.)                404

  Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs
    une photographie.)                                             405

  Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.)     406

  Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants
    de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                         407

  Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.)             408


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._


   la kermesse.                                                   409

  Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.      409

  Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant,
    un joug sur les paules.                                       410

  Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
    demeure de haut en bas.                                        410

  Emplettes familiales.                                            411

  Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs
    grosses jupes.                                                 411

  Jeune mtayre de Middelburg.                                    412

  Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit
     un pont.                                                     412

  Une mre, songeuse, promenait son petit garon.                  413

  Une famille hollandaise au march de Middelburg.                 414

  Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des
    betteraves.                                                    415

  Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.    416

  Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
    bonassement.                                                   417

  Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe.                417

  Le village de Zoutelande.                                        418

  Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches
    blanches.                                                      419

  Aussi comme on l'aime, ce home.                                  420

  Les filles de l'htelier de Wemeldingen.                         421

  Il se campe prs de son cheval.                                  421

  Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule.            422

  La campagne hollandaise.                                         423

  Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen.      423

  Par tous les sentiers, des marmots se juchrent.                 424

  Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais
    dfunts.                                                       425

  Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.               426

  L'une entonna une chanson.                                       427

  Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.             428

  Famille hollandaise en voyage.                                   429

  Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit.                   429

  Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs
    par de forts chevaux.                                          430

  La digue de Westkapelle.                                         431

  Les cluses ouvertes.                                            432

  Les petits garons rdent par bandes,  grand bruit de sabots
    sonores....                                                    433

  Jeune mre  Marken.                                             433

  Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
    peintres de tous les pays.                                     434

  Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites
    filles de Volendam font plaisir  voir.                        435

  Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.  436

  Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle,
     forme de salade renverse.                                 437

  Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam.                   438

  Une lessive consciencieuse.                                      439

  Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.    440

  Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis.    441

  Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure
    personnelle.                                                   442

  Un commencement d'idylle  Marken.                               443

  Les petites filles sont charmantes.                              444


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_


  Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t
    dtruit. (D'aprs une photographie.)                           445

  Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs
    une photographie.)                                             445

  Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.)                    446

  Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires
    annes. (D'aprs une photographie.)                            447

  Le prtre-roi rendant hommage  Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.)          448

  Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier
    (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une
    photographie.)                                                 449

  Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450

  Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une
    photographie.)                                                 451

  Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier.
    (D'aprs une photographie.)                                    451

  Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due 
    Ramss II. (D'aprs une photographie.)                         452

  Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du
    culte. (D'aprs une photographie.)                             453

  Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux
    rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.)          454

  Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs
    une photographie.)                                             455

  Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de
    Ramss II). (D'aprs une photographie.)                        456


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_


  Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide.
    (D'aprs une photographie.)                                    457

  Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.)             457

  Itinraire de Tachkent  Prjevalsk.                              458

  Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  459

  Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 460

  Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou.
    (D'aprs une photographie.)                                    461

  Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de
    Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.)             462

  Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)           463

  Arrive d'une caravane  Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  464

  Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une
    photographie.)                                                 465

  Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une
    photographie.)                                                 466

  Le monument de Prjevalsky,  Prjevalsk. (D'aprs une
    photographie.)                                                 467

  Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires
    des Nestoriens... (D'aprs une photographie.)                  467

  Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.)     468

  Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 469

  Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)           469

  Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)         470

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         470

  La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs
    une photographie.)                                             471

  Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs
    une photographie.)                                             472

  La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              473

  Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 474

  Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)              475

  J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
    (D'aprs une photographie.)                                    475

  Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe
    suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.)       476

  Nous passons  gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.)    477

  Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.)   478

  Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.)   479

  Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4250 mtres que
    nous avions escalade. (D'aprs une photographie.)             479

  La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.)               480

  Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus  notre rencontre.
    (D'aprs une photographie.)                                    481

  Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.)            481

  Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              482

  Rgion des Monts Clestes.                                       482

  Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs
    une photographie.)                                             483

  Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
    glace. (D'aprs une photographie.)                            484

  Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.)     485

  Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une
    prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.)        486

  Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs
    enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.)        487

  Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)                488

  Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des
    Alpes. (D'aprs une photographie.)                             489

  Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture.
    (D'aprs une photographie.)                                    490

  L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner
    dans notre campement. (D'aprs une photographie.)              491

  Un aoul kirghize.                                              492

  Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de
    Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493

  Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.)                     493

  Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.)          494

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         494

  Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
    troupeau. (D'aprs une photographie.)                          495

  Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour
    nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une
    photographie.)                                                 496

  Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.)                497

  L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.                            498

  Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des
    photographies.)                                                498

  Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.)                 499

  Le pic de Kaende s'lve  6000 mtres. (D'aprs une
    photographie.)                                                 500

  La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la
    valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.)                   501

  Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de
    la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)     502

  Le glacier de Kaende.                                            503

  Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs
    des photographies.)                                            503

  Retour des champs. (D'aprs une photographie.)                   504

  Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
    pyramide. (D'aprs une photographie.)                          506

  Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes,
    emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une
    photographie.)                                                 507

  La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi
     Kachgar. (D'aprs une photographie.)                         508

  Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom,
    frquent par les nomades qui se rendent  Prjevalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             509

  Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.)  510

  talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs
    une photographie.)                                             511

  Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 511

  Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de
    Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)                         512

  Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une
    photographie.)                                                 513

  Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.)     514

  Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.)   515

  Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.)                    516


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_


  L'espoir des Fero se rendant  l'cole. (D'aprs une
    photographie.)                                                 517

  Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
    (D'aprs une photographie.)                                    517

  Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit
    golfe.                                                         518

  Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 519

  Les poneys feroens et leurs caisses  transporter la tourbe.
    (D'aprs une photographie.)                                    520

  Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent  des cordes armes d'un
    crampon. (D'aprs une photographie.)                           521

  Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt
    des vagues. (D'aprs des photographies.)                       522

  On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
    environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.)                  523

  Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 524

  On sale les morues. (D'aprs une photographie.)                  525

  Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.)       526

  Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine
    qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.)      527

  Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.)                528


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_


  Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une
    photographie.)                                                 529

  Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.)       529

  Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
    compliqu. (D'aprs une photographie.)                         530

  La visite du march est toujours une distraction utile pour le
    voyageur. (D'aprs une photographie.)                          531

  Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.)         532

  Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.)        533

  La pagode de Villenour,  quelques kilomtres de Pondichry.
    (D'aprs une photographie.)                                    534

  Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535

  La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.)           536

  Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties.
    (D'aprs une photographie.)                                    537

  tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.)     538

  Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar.
    (D'aprs une photographie.)                                    539

  La statue de Dupleix  Pondichry. (D'aprs une photographie.)   540


UNE PEUPLADE MALGACHE

LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_


  Les populations souhaitent la bienvenue  l'tranger. (D'aprs
    une photographie.)                                             541

  Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.)                 541

  Carte du pays des Tanala.                                        542

  Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une
    photographie.)                                                 543

  Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)             544

  Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une
    photographie.)                                                 545

  Un partisan tanala tirant  la cible  Fort-Carnot. (D'aprs
    une photographie.)                                             546

  Enfants tanala. (D'aprs une photographie.)                      547

  Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.)  548

  Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts
    d'un drap. (D'aprs une photographie.)                         549

  Le battage du riz. (D'aprs une photographie.)                   550

  Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une
    photographie.)                                                 551

  Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)  552

  Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle.
    (D'aprs une photographie.)                                    553

  Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.)             553

  Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple.
    (D'aprs une photographie.)                                    554

  Le chant du e manenina,  Iaborano. (D'aprs une
    photographie.)                                                 555

  La rue principale  Sahasinaka. (D'aprs une photographie.)      556

  La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes.
    (D'aprs une photographie.)                                    557

  Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.)                 558

  La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr.
    (D'aprs des photographies.)                                   559

  Tapant  coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent
    une musique trange. (D'aprs une photographie.)               560

  Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.)      561

  Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs
    qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.)            562

  Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
    (D'aprs une photographie.)                                    563

  Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.)     564


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_


  Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien).                  566

  Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs
    une photographie.)                                             567

  L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
    fivre. (D'aprs une photographie.)                            568

  Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.)              569

  L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne.
    (D'aprs une photographie.)                                    570

  Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes.
    (D'aprs une photographie.)                                    571

  Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.)  571

  Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui
    cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.)    572

  De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre.
    (D'aprs une photographie.)                                    573

  Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs
    une photographie.)                                             574

  Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin
    de Bir Saad  Sakket. (D'aprs une photographie.)              575

  Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.)              576


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_


  Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 577

  Femme castillane. (D'aprs une photographie.)                    577

  On chemine  travers l'inextricable rseau des ruelles
    silencieuses. (D aprs une photographie.)                      578

  La rue du Commerce,  Tolde. (D'aprs une photographie.)        579

  Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde.
    (D'aprs une photographie.)                                    580

  Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales
    d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              581

  Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.)     582

  Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse
    Puerta del Sol. (Photographie Lacoste,  Madrid.)              583

  Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une
    photographie.)                                                 584

  Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              585

  Madrilne. (D'aprs une photographie.)                           586

  La porte de Visagra, construction massive remontant  l'poque
    de Charles Quint. (Photographie Lacoste,  Madrid.)            587

  Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.)                      588

  Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de
    murailles solides. (D'aprs une photographie.)                 589

  Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.)             589

  Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado).
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              590

  Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)        591

  Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom
    (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.)                  592

  Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)  593

  Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
     Madrid.)                                                     594

  La cathdrale de Tolde.                                         595

  Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom).
    (D'aprs une photographie.)                                    596

  Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret.
    (D'aprs une photographie.)                                    597

  Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.)      598

  Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
    (D'aprs une photographie.)                                    599

  Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une
    photographie.)                                                 600

  C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son
    sjour  Tolde. (D'aprs une photographie.)                   601

  Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde.  601

  Porte des Lions. (Photographie Lacoste,  Madrid.)               602

  Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le
    plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
    espagnole. (Photographie Lacoste,  Madrid.)                   603

  Ornements d'glise,  Madrid. (D'aprs une photographie.)        604

  Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la
    cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste,  Madrid.)        605

  Une torea. (D'aprs une photographie.)                           606

  Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              607

  Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.)                   608

  Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     609

  Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste,  Madrid.)         610

  Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611

  Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie)   612

  Pont Saint-Martin  Tolde. (D'aprs une photographie.)          613

  Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.)               613

  La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une
    photographie.)                                                 614

  Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.)            615

  Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre.
    (D'aprs une photographie.)                                    616

  Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     617

  Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au
    centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.)   618

  La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf
    galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie
    Lacoste,  Madrid.)                                            619

  Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une
    photographie.)                                                 620

  Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise
    catholique leve en 1523, malgr les protestations des
    Cordouans. (D'aprs une photographie.)                         621

  Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.)       622

  Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
    (D'aprs une photographie.)                                    623

  Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.)    624





End of Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Cte d'Ivoire, by Various

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Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
