Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Voyage d'un naturaliste., by Various

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Title: Le Tour du Monde; Voyage d'un naturaliste.
       Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: August 24, 2008 [EBook #26415]

Language: French

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*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE ***




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                    LE TOUR DU MONDE




            IMPRIMERIE GNRALE DE CH. LAHURE
               Rue de Fleurus, 9,  Paris




                    LE TOUR DU MONDE

               NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES

                PUBLI SOUS LA DIRECTION

                 DE M. DOUARD CHARTON

        ET ILLUSTR PAR NOS PLUS CLBRES ARTISTES




                         1860
                   DEUXIME SEMESTRE

            LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie
         PARIS, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, No 77
          LONDRES, KING WILLIAM STREET, STRAND
              LEIPZIG, 15, POST-STRASSE

                         1860




TABLE DES MATIRES.


UN MOIS EN SICILE (1843.--Indit.), par M. Flix BOURQUELOT.

  Arrive en Sicile. -- Palerme et ses habitants. -- Les monuments
    de Palerme. -- La cathdrale de Monreale. -- De Palerme 
    Trapani. -- Partenico. -- Alcamo. -- Calatafimi. -- Ruines de
    Sgeste. -- Trapani. -- La spulture du couvent des capucins. --
    Le mont ryx. -- De Trapani  Girgenti. -- La Lettica. --
    Castelvetrano. -- Ruines de Slinonte. -- Sciacca. -- Girgenti
    (Agrigente). -- De Girgenti  Castrogiovanni. -- Caltanizzetta.
    -- Castrogiovanni. -- Le lac Pergusa et l'enlvement de
    Proserpine. -- De Castrogiovanni  Syracuse. -- Calatagirone. --
    Vezzini. -- Syracuse. -- De Syracuse  Catane. -- Lentini. --
    Catane. -- Ascension de l'Etna. -- Taormine. -- Messine. --
    Retour  Naples.                                                 1


VOYAGE EN PERSE, fragments par M. le comte A. de GOBINEAU (1855-1858),
dessins indits de M. Jules LAURENS.

  Arrive  Ispahan. -- Le gouverneur. -- Aspect de la ville. -- Le
    Tchhar-Bgh. -- Le collge de la Mre du roi. -- La mosque du
    roi. -- Les quarante colonnes. -- Prsentations. -- Le pont du
    Zend--Roub. -- Un dner  Ispahan. -- La danse et la comdie. --
    Les habitants d'Ispahan. -- D'Ispahan  Kaschan. -- Kaschan. --
    Ses fabriques. -- Son imprimerie lithographique. -- Ses
    scorpions. -- Une lgende. -- Les bazars. -- Le collge. -- De
    Kaschan  la plaine de Thran. -- Koum. -- Feux d'artifice. --
    Le pont du Barbier. -- Le dsert de Khavr. -- Houz-Sultan. --
    La plaine de Thran. -- Thran. -- Notre entre dans la ville.
    -- Notre habitation.                                            16

  Une audience du roi de Perse. -- Nouvelles constructions 
    Thran. -- Temprature. -- Longvit. -- Les nomades. -- Deux
    plerins. -- Le culte du feu. -- La police. -- Les ponts. -- Le
    laisser aller administratif. -- Les amusements d'un bazar persan.
    -- Les fianailles. -- Le divorce. -- La journe d'une Persane.
    -- La journe d'un Persan. -- Les visites. -- Formules de
    politesses. -- La peinture et la calligraphie persanes. -- Les
    chansons royales. -- Les conteurs d'histoires. -- Les spectacles:
    drames historiques. -- pilogue. -- Le Dmavend. -- L'enfant qui
    cherche un trsor.                                              34


VOYAGES AUX INDES OCCIDENTALES, par M. Anthony TROLLOPE
(1858-1859); dessins indits de M. A. de BRARD.

  L'le Saint-Thomas. -- La Jamaque: Kingston; Spanish-Town; les
    _rserves_; la vgtation. -- Les planteurs et les ngres. --
    Plaintes d'une Ariane noire. -- La toilette des ngresses. --
    Avenir des multres. -- Les petites Antilles. -- La Martinique.
    -- La Guadeloupe. -- Grenada. -- La Guyane anglaise. -- Une
    sucrerie. -- Barbados. -- La Trinidad. -- La Nouvelle-Grenade. --
    Sainte-Marthe. -- Carthagne. -- Le chemin de fer de Panama. --
    Costa Rica: San Jos; le Mont-Blanco. -- Le Serapiqui. --
    Greytown.                                                       49


VOYAGE DANS LES TATS SCANDINAVES, par M. Paul RIANT. (Le
Tlmark et l'vch de Bergen.) (1858.--Indit.)

  LE TLMARK. -- Christiania. -- Dpart pour le Tlmark. -- Mode
    de voyager. -- Paysage. -- La valle et la ville de Drammen. --
    De Drammen  Kongsberg. -- Le cheval norvgien. -- Kongsberg et
    ses gisements mtallifres. -- Les montagnes du Tlmark. --
    Leurs habitants. -- Hospitalit des _gaards_ et des _sters_. --
    Une sorcire. -- Les lacs Tinn et Mjs. -- Le Westfjord. -- La
    chute du Rjukan. -- Lgende de la belle Marie. -- Dal. -- Le
    livre des trangers. -- L'glise d'Hitterdal. -- L'ivresse en
    Norvge. -- Le chtelain aubergiste. -- Les lacs Sillegjord et
    Bandak. -- Le ravin des Corbeaux.                               65

  --_Le Saint-Olaf_ et ses pareils. -- Navigation intrieure. --
    Retour  Christiania par Skien.                                 82

  L'VCH DE BERGEN. -- La presqu'le de Bergen. -- Lrdal. -- Le
    Sognefjord. -- Vosse-Vangen. -- Le Vringfoss. -- Le
    Hardangerfjord. -- De Vikor  Sammanger et  Bergen.           85


VOYAGE DE M. GUILLAUME LEJEAN DANS L'AFRIQUE ORIENTALE
(1860.--Texte et dessins indits.)--Lettre au Directeur du _Tour
du monde_ (Khartoum, 10 mai 1860).

  D'ALEXANDRIE  SOUAKIN. -- L'gypte. -- Le dsert. -- Le simoun.
    -- Suez. -- Un danger. -- Le mirage. -- Tor. -- Qossir. --
    Djambo. -- Djeddah.                                             97


VOYAGE AU MONT ATHOS, par M. A. PROUST (1858.--Indit.)

  Salonique. -- Juifs, Grecs et Bulgares. -- Les mosques. --
    L'Albanais Rabottas. -- Prparatifs de dpart. -- Vasilika. --
    Galatz. -- Nedgesalar. -- L'Athos. -- Saint-Nicolas. -- Le P.
    Gdon. -- Le couvent russe. -- La messe chez les Grecs. --
    Karis et la rpublique de l'Athos. -- Le vovode turc. -- Le
    peintre Anthims et le pappas Manuel. -- M. de Svastiannoff.  103

  Ermites indpendants. -- Le monastre de Koutloumousis. -- Les
    bibliothques. -- La peinture. -- Manuel Panselinos et les
    peintres modernes. -- Le monastre d'Iveron. -- Les carmes. --
    Peintres et peintures. -- Stavronikitas. -- Miracles. -- Un
    Vroukolakas. -- Les bibliothques. -- Les mulets. -- Philotheos.
    -- Les moines et la guerre de l'Indpendance. -- Karacallos. --
    L'union des deux glises. -- Les pnitences et les fautes.     114

  La lgende d'Arcadius. -- Le pappas de Smyrne. -- Esphigmenou. --
    Thodose le Jeune. -- L'ex-patriarche Anthymos et l'glise
    grecque. -- L'isthme de l'Athos et Xerxs. -- Les monastres
    bulgares: Kiliandari et Zographos. -- La lgende du peintre. --
    Beaut du paysage. -- Castamoniti. -- Une femme au mont Athos. --
    Dokiarios. -- La secte des Palamites. -- Saint-Xnophon. -- La
    pche aux ponges. -- Retour  Karis. -- Xiropotamos, le couvent
    du Fleuve Sec. -- Dpart de Daphn. -- Marino le chanteur.     130


VOYAGE D'UN NATURALISTE (Charles DARWIN).--L'archipel Galapagos
et les attoles ou les de coraux.--(1838).

  L'ARCHIPEL GALAPAGOS. -- Groupe volcanique. -- Innombrables
    cratres. -- Aspect bizarre de la vgtation. -- L'le Chatam. --
    Colonie de l'le Charles. -- L'le James. -- Lac sal dans un
    cratre. -- Histoire naturelle de ce groupe d'les. --
    Mammifres; souris indigne. -- Ornithologie; familiarit des
    oiseaux; terreur de l'homme; instinct acquis. -- Reptiles;
    tortues de terre; leurs habitudes.                             139

  Encore les tortues de terre; lzard aquatique se nourrissant de
    plantes marines; lzard terrestre herbivore, se creusant un
    terrier. -- Importance des reptiles dans cet archipel o ils
    remplacent les mammifres. -- Diffrences entre les espces qui
    habitent les diverses les. -- Aspect gnral amricain.       146

  LES ATTOLES OU LES DE CORAUX. -- le Keeling. -- Aspect
    merveilleux. -- Flore exigu. -- Voyage des graines. -- Oiseaux.
    -- Insectes. -- Sources  flux et reflux. -- Chasse aux tortues.
    -- Champs de coraux morts. -- Pierres transportes par les
    racines des arbres. -- Grand crabe. -- Corail piquant. --
    Poissons se nourrissant de coraux. -- Formation des attoles. --
    Profondeur  laquelle le corail peut vivre. -- Vastes espaces
    parsems d'les de corail. -- Abaissement de leurs fondations. --
    Barrires. -- Franges de rcifs. -- Changement des franges en
    barrires et des barrires en attoles.                         151


BIOGRAPHIE.--Brun-Rollet.                                          159


VOYAGE AU PAYS DES YAKOUTES (Russie asiatique), par OUVAROVSKI
(1830-1839).

  Djigansk. -- Mes premiers souvenirs. -- Brigandages. -- Le
    paysage de Djigansk. -- Les habitants. -- La pche. -- Si les
    poissons morts sont bons  manger. -- La sorcire Agrippine. --
    Mon premier voyage. -- Killm et ses environs. -- Malheurs. --
    Les Yakoutes. -- La chasse et la pche. -- Yakoutsk. -- Mon
    premier emploi. -- J'avance. -- Dernires recommandations de ma
    mre. -- Irkoutsk. -- Voyage. -- Oudsko. -- Mes bagages. --
    Campement. -- Le froid. -- La rivire Outchour. -- L'Aldan. --
    Voyage dans la neige et dans la glace. -- L'gn. -- Un Tongouse
    qui pleure son chien. -- Obstacles et fatigues. -- Les guides. --
    Ascension du Diougdjour. -- Stratagme pour prendre un oiseau. --
    La ville d'Oudsko. -- La pche  l'embouchure du fleuve Ut. --
    Navigation pnible. -- Boroukan. -- Une halte dans la neige. --
    Les rennes. -- Le mont Byraya. -- Retour  Oudsko et 
    Yakoutsk.                                                      161

  Viliouisk. -- Sel tricolore. -- Bois ptrifi. -- Le Sountar. --
    Nouveau voyage. -- Description du pays des Yakoutes. -- Climat.
    -- Population. -- Caractres. -- Aptitudes. -- Les femmes
    yakoutes.                                                      177


DE SYDNEY  ADLADE (Australie du Sud), notes extraites d'une
correspondance particulire (1860).

  Les Alpes australiennes. -- Le bassin du Murray. -- Ce qui reste
    des anciens matres du sol. -- Navigation sur le Murray. --
    Frontires de l'Australie du Sud. -- Le lac Alexandrina. -- Le
    Kanguroo rouge. -- La colonie de l'Australie du Sud. -- Adlade.
    -- Culture et mines.                                           182


VOYAGES ET DCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE, journal du docteur
BARTH (1849-1855).

  Henry Barth. -- But de l'expdition de Richardson. -- Dpart. --
    Le Fezzan. -- Mourzouk. -- Le dsert. -- Le palais des dmons. --
    Barth s'gare; torture et agonie. -- Oasis. -- Les Touaregs. --
    Dunes. -- Afalesselez. -- Bubales et moufflons. -- Ouragan. --
    Frontires de l'Asben. -- Extorsions. -- Dluge  une latitude o
    il ne doit pas pleuvoir. -- La Suisse du dsert. -- Sombre valle
    de Taghist. -- Riante valle d'Auderas. -- Agadez. -- Sa
    dcadence. -- Entrevue de Barth et du sultan. -- Pouvoir
    despotique. -- Coup d'oeil sur les moeurs. -- Habitat de la
    girafe. -- Le Soudan; le Damergou. -- Architecture. -- Katchna;
    Barth est prisonnier. -- Pnurie d'argent. -- Kano. -- Son
    aspect, son industrie, sa population. -- De Kano  Kouka. -- Mort
    de Richardson. -- Arrive  Kouka. -- Difficults croissantes. --
    L'nergie du voyageur en triomphe. -- Ses visiteurs. -- Un vieux
    courtisan. -- Le vizir et ses quatre cents femmes. -- Description
    de la ville, son march, ses habitants. -- Le Dendal. --
    Excursion. -- Angornou. -- Le lac Tchad.                       193

  Dpart. -- Aspect dsol du pays. -- Les Ghouas. -- Mabani. -- Le
    mont Dlabda. -- Forgeron en plein vent. -- Dvastation. --
    Orage. -- Baobab. -- Le Mendif. -- Les Marghis. -- L'Adamaoua. --
    Mboutoudi. -- Proposition de mariage. -- Installation de vive
    force chez le fils du gouverneur de Soulleri. -- Le Bnou. --
    Yola. -- Mauvais accueil. -- Renvoi subit. -- Les Oulad-Sliman.
    -- Situation politique du Bornou. -- La ville de Yo. -- Nggimi
    ou Inggimi. -- Chute dans un bourbier. -- Territoire ennemi. --
    Razzia. -- Nouvelle expdition. -- Troisime dpart de Kouka. --
    Le chef de la police. -- Aspect de l'arme. -- Dikoua. -- Marche
    de l'arme. -- Le Mosgou. -- Adishen et son escorte. -- Beaut du
    pays. -- Chasse  l'homme. -- Erreur des Europens sur le centre
    de l'Afrique. -- Incendies. -- Baga. -- Partage du butin. --
    Entre dans le Baghirmi. -- Refus de passage. -- Traverse du
    Chari. --  travers champs. -- Dfense d'aller plus loin. --
    Hospitalit de Bou-Bakr-Sadik. -- Barth est arrt. -- On lui met
    les fers aux pieds. -- Dlivr par Sadik. -- Masna. -- Un
    savant. -- Les femmes de Baghirmi. -- Combat avec des fourmis. --
    Cortge du sultan. -- Dpches de Londres.                     209

  De Katchna au Niger. -- Le district de Mouniyo. -- Lacs
    remarquables. -- Aspect curieux de Zinder. -- Route prilleuse.
    -- Activit des fourmis. -- Le Ghaladina de Sokoto. -- Marche
    force de trente heures. -- L'mir Aliyou. -- Vourno. --
    Situation du pays. -- Cortge nuptial. -- Sokoto. -- Caprice
    d'une bote  musique. -- Gando. -- Khalilou. -- Un chevalier
    d'industrie. -- Exactions. -- Pluie. -- Dsolation et fcondit.
    -- Zogirma. -- La valle de Foga. -- Le Niger. -- La ville de
    Say. -- Rgion mystrieuse. -- Orage. -- Passage de la Sirba. --
    Fin du rhamadan  Sebba. -- Bijoux en cuivre. -- De l'eau
    partout. -- Barth dguis en schrif. -- Horreur des chiens. --
    Montagnes du Hombori. -- Protection des Touaregs. -- Bambara. --
    Prires pour la pluie. -- Sur l'eau. -- Kabara. -- Visites
    importunes. -- Dangereux passage. -- Tinboctoue, Tomboctou ou
    Tembouctou. -- El Bakay. -- Menaces. -- Le camp du cheik. --
    Irritation croissante. -- Sus au chrtien! -- Les Foullanes
    veulent assiger la ville. -- Dpart. -- Un preux chez les
    Touaregs. -- Zone rocheuse. -- Lenteurs dsesprantes. -- Gogo.
    -- Gando. -- Kano. -- Retour.                                  226


VOYAGES ET AVENTURES DU BARON DE WOGAN EN CALIFORNIE
(1850-1852.--Indit).

  Arrive  San-Francisco. -- Description de cette ville. -- Dpart
    pour les placers. -- Le claim. -- Premire dception. -- La
    solitude. -- Mineur et chasseur. -- Dpart pour l'intrieur. --
    L'ours gris. -- Reconnaissance des sauvages. -- Captivit. --
    Jugement. -- Le poteau de la guerre. -- L'Anglais chef de tribu.
    -- Dlivrance.                                                 242


VOYAGE DANS LE ROYAUME D'AVA (empire des Birmans), par le
capitaine Henri YULE, du corps du gnie bengalais (1855).

  Dpart de Rangoun. -- Frontires anglaises et birmanes. -- Aspect
    du fleuve et de ses bords. -- La ville de Magw. -- Musique,
    concert et drames birmans. -- Sources de naphte; leur
    exploitation. -- Un monastre et ses habitants. -- La ville de
    Pagn. -- Myeen-Kyan. -- Amarapoura. -- Paysage. -- Arrive 
    Amarapoura.                                                    258

  Amarapoura; ses palais, ses temples. -- L'lphant blanc. --
    Population de la ville. -- Recensement suspect. -- Audience du
    roi. -- Prsents offerts et reus. -- Le prince hritier
    prsomptif et la princesse royale. -- Incident diplomatique. --
    Religion bouddhique. -- Visites aux grands fonctionnaires. -- Les
    dames birmanes.                                                273

  Comment on dompte les lphants en Birmanie. -- Excursions autour
    d'Amarapoura. -- Gologie de la valle de l'Irawady. -- Les
    poissons familiers. -- Le serpent hamadryade. -- Les Shans et
    autres peuples indignes du royaume d'Ava. -- Les femmes chez les
    Birmans et chez les Karens. -- Ftes birmanes. -- Audience de
    cong. -- Refus de signer un trait. -- Lettre royale. -- Dpart
    d'Amarapoura et retour  Rangoun. -- Coup d'oeil rtrospectif sur
    la Birmanie.                                                   280


VOYAGE AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, par le capitaine
BURTON (1857-1859).

  But de l'expdition. -- Le capitaine Burton. -- Zanzibar. --
    Aspect de la cte. -- Un village. -- Les Bloutchis. -- Ouamrima.
    -- Fertilit du sol. -- Dgot inspir par le pantalon. -- Valle
    de la mort. -- Supplice de M. Maizan. -- Hallucination de
    l'assassin. -- Horreur du paysage. -- Humidit. -- Zoungomro. --
    Effets de la traite. -- Personnel de la caravane. -- Mtis
    arabes, Hindous, jeunes gens mis en gage par leurs familles. --
    nes de selle et de bt. -- Chane de l'Ousagara. --
    Transformation du climat. -- Nouvelles plaines insalubres. --
    Contraste. -- Ruine d'un village. -- Fourmis noires. -- Troisime
    rampe de l'Ousagara. -- La Passe terrible. -- L'Ougogo. --
    L'Ougogi. -- pines. -- Le Zihoua. -- Caravanes. -- Curiosit des
    indignes. -- Faune. -- Un despote. -- La plaine embrase. --
    Coup d'oeil sur la valle d'Ougogo. -- Aridit. -- Kraals. --
    Absence de combustible. -- Gologie. -- Climat. -- Printemps. --
    Indignes. -- District de Toula. -- Le chef Maoula. -- Fort
    dangereuse.                                                    305

  Arrive  Kazeh. -- Accueil hospitalier. -- Snay ben Amir. --
    tablissements des Arabes. -- Leur manire de vivre. -- Le Temb.
    -- Chemins de l'Afrique orientale. -- Caravanes. -- Porteurs. --
    Une journe de marche. -- Costume du guide. -- Le Mganga. --
    Coiffures. -- Halte. -- Danse. -- Sjour  Kazeh. -- Avidit des
    Bloutchis. -- Saison pluvieuse. -- Yombo. -- Coucher du soleil.
    -- Jolies fumeuses. -- Le Msn. -- Orgies. -- Kajjanjri. --
    Maladie. -- Passage du Malagarazi. -- Tradition. -- Beaut de la
    Terre de la Lune. -- Soire de printemps. -- Orage. -- Faune. --
    Cynocphales, chiens sauvages, oiseaux d'eau. -- Ouakimbou. --
    Ouanyamouzi. -- Toilette. -- Naissances. -- ducation. --
    Funrailles. -- Mobilier. -- Lieu public. -- Gouvernement. --
    Ordalie. -- Rgion insalubre et fconde. -- Aspect du Tanganyika.
    -- Ravissements. -- Kaoul.                                   321

    Tatouage. -- Cosmtiques. -- Manire originale de priser. --
    Caractre des Ouajiji; leur crmonial. -- Autres riverains du
    lac. -- Ouatata, vie nomade, conqutes, manire de se battre,
    hospitalit. -- Installation  Kaoul. -- Visite de Kannna. --
    Tribulations. -- Maladies. -- Sur le lac. -- Bourgades de
    pcheurs. -- Ouafanya. -- Le chef Kanoni. -- Cte inhospitalire.
    -- L'le d'Oubouari. -- Anthropophages. -- Accueil flatteur des
    Ouavira. -- Pas d'issue au Tanganyika. -- Tempte. -- Retour.  337


FRAGMENT D'UN VOYAGE AU SAUBAT (affluent du Nil Blanc), par M.
Andrea DEBONO (1855)                                               348


VOYAGE  L'LE DE CUBA, par M. Richard DANA (1859).

  Dpart de New-York. -- Une nuit en mer. -- Premire vue de Cuba.
    -- Le Morro. -- Aspect de la Havane. -- Les rues. -- La volante.
    -- La place d'Armes. -- La promenade d'Isabelle II. -- L'htel Le
    Grand. -- Bains dans les rochers. -- Coolies chinois. -- Quartier
    pauvre  la Havane. -- La promenade de Tacon. -- Les surnoms  la
    Havane. -- Matanzas. -- La Plaza. -- Limossar. -- L'intrieur de
    l'le. -- La vgtation. -- Les champs de canne  sucre. -- Une
    plantation. -- Le caf. -- La vie dans une plantation de sucre.
    -- Le Cumbre. -- Le passage. -- Retour  la Havane. -- La
    population de Cuba. -- Les noirs libres. -- Les mystres de
    l'esclavage. -- Les productions naturelles. -- Le climat.      353


EXCURSIONS DANS LE DAUPHIN, par M. Adolphe JOANNE (1850-1860).

  Le pic de Belledon. -- Le Dauphin. -- Les Goulets.              369

  Les gorges d'Omblze. -- Die. -- La valle de Roumeyer. -- La
    fort de Saou. -- Le col de la Cochette.                       385


EXCURSIONS DANS LE DAUPHIN, par M. lise RECLUS (1850-1860).

  La Grave. -- L'Aiguille du midi. -- Le clapier de
    Saint-Christophe. -- Le pont du Diable. -- La Brarde. -- Le col
    de la Tempe. -- La Vallouise. -- Le Pertuis-Rostan. -- Le village
    des Claux. -- Le mont Pelvoux. -- La Balme-Chapelu. -- Moeurs des
    habitants.                                                     402


LISTE DES GRAVURES.                                                417

LISTE DES CARTES.                                                  422

ERRATA.                                                            427




VOYAGES D'UN NATURALISTE

(CHARLES DARWIN).

L'ARCHIPEL GALAPAGOS ET LES ATTOLES OU LES DE CORAUX.

1858.--INDIT.

L'ARCHIPEL GALAPAGOS.

    Groupe volcanique. -- Innombrables cratres. -- Aspect bizarre de
    la vgtation. -- L'le Chatam. -- Colonie de l'le Charles. --
    L'le James. -- Lac sal dans un cratre. -- Histoire naturelle de
    ce groupe d'les. -- Mammifres; souris indigne. -- Ornithologie;
    familiarit des oiseaux; terreur de l'homme, instinct acquis. --
    Reptiles; tortues de terre; leurs habitudes.


(Lors du voyage de circumnavigation entrepris par le vaisseau de Sa
Majest britannique _le Beagle_, en 1838, sous les ordres du capitaine
Fitz Roy, M. C. Darwin offrit son concours pour la partie
scientifique, et spcialement pour les recherches d'histoire naturelle
et de gologie. Agr par l'Amiraut, il fit partie de l'expdition,
et publia sous forme de journal,  son retour, les nombreuses
observations qu'il avait recueillies, et qui font autorit dans le
monde savant. Il a explor la plus grande partie de l'archipel
Galapagos, peu connu jusque-l, et en a signal le premier les
singulires particularits. Ce chapitre et celui o il dcrit et
explique la formation des _atolls_ ou les de coraux de l'ocan
Pacifique, sont parmi les plus intressants d'un livre qui abonde en
faits curieux. M. Darwin ne se contente pas d'observer la surface des
choses: il les approfondit, les rapproche, les compare, et, aid de sa
science et de sa perspicacit, en tire les inductions les plus
lumineuses. Ce caractre particulier de son talent fait de lui un
observateur hors ligne, et conserve  son ouvrage tout l'attrait de la
nouveaut.)

       *       *       *       *       *

[Illustration: L'le Chatam, dans l'archipel Galapagos.--Dessin de E.
de Brard d'aprs un croquis indit de Ph. King, midshipman  bord du
_Beagle_.]

L'archipel Galapagos consiste en dix principales les, dont cinq de
plus grandes dimensions que les autres. Elles sont situes sous
l'quateur  environ six cents milles  l'ouest des ctes de
l'Amrique du Sud[1]. Toutes sont formes de rocs volcaniques.
Quelques fragments de granit, altrs et en partie vitrifis par la
chaleur, peuvent  peine faire exception. Plusieurs des cratres qui
dominent les plus grandes les sont immenses et s'lvent  plus de
mille mtres. Sur leurs flancs s'ouvrent d'innombrables orifices. Je
n'hsite pas  affirmer qu'il doit y avoir dans tout l'archipel au
moins deux mille cratres. Ils se composent de laves et de scories, ou
de couches de tuf finement stratifi ayant l'aspect du grs: ces
couches, d'une symtrie admirable, ont eu pour origine des ruptions
de boue volcanique, sans mlange de lave. Une circonstance
remarquable, c'est que les lvres ou bords de chacun des vingt-huit
cratres qui ont t explors, s'abaissent brusquement au sud; parfois
ils sont tout  fait briss et font brche. Comme tous ces cratres se
sont probablement forms dans la mer, et que les vagues pousses par
les vents alizs et les grosses houles de l'ocan Pacifique runissent
leurs forces sur les ctes mridionales des les, cette singulire
uniformit de brisure, dans des cratres composs d'un tuf friable,
s'explique aisment. Quoique cet archipel soit plac directement sous
l'quateur, le climat est loin d'y tre aussi chaud qu'il l'est en
gnral sous cette latitude, ce qui semble d en partie  la
temprature singulirement basse des eaux qu'amne l le grand courant
du ple austral. Il ne tombe de pluie dans les les que pendant une
courte saison, et encore rarement et avec irrgularit. Aussi les
rgions infrieures sont-elles trs-striles, tandis qu' une hauteur
de trois  quatre cents mtres l'air est humide et la vgtation
passablement abondante, surtout dans les parties sous le vent qui, les
premires, reoivent et condensent l'humidit de l'atmosphre.

         [Note 1: Elles appartenaient alors  la Rpublique de
         l'quateur, qui, en 1855, les a vendues aux tats-Unis.]

[Illustration: Baie de la Poste, dans l'le Floriana, archipel
Galapagos.--Dessin de E. de Brard d'aprs l'atlas de _la Vnus_.]

Le 17 septembre, au matin, nous abordmes dans l'le Chatam. Son
profil se dessine arrondi et peu accentu, bris a et l par des
monticules, dbris d'anciens volcans. Rien de moins attrayant que le
premier aspect. Un noir chaos de laves basaltiques, jet au milieu de
vagues furieuses, couvert de broussailles rabougries donnant  peine
signe de vie. Le sol, dessch sous l'ardeur du soleil de midi,
embrasait l'air touff et suffocant comme l'haleine d'une fournaise.
Les arbustes mmes nous semblaient exhaler une senteur dsagrable.
Quoique je fisse diligence pour recueillir le plus de plantes
possible, je n'en runis que fort peu, si petites et si misrables
qu'elles eussent mieux figur dans une flore arctique que dans celle
de l'quateur.  trs-peu de distance les buissons paraissaient aussi
nus que nos arbres en hiver, et je fus quelque temps  dcouvrir que
non-seulement presque chaque plante avait toutes ses feuilles, mais
que la plupart taient en fleurs. L'arbuste le plus commun est du
genre des _euphorbiaces_: un acacia et un grand cactus d'un port
bizarre, sont les seuls arbres qui fournissent un peu d'ombre. Aprs
la saison des pluies la verdure se montre sur quelques points, mais
pour disparatre bientt. _Le Beagle_ fit le tour de l'le Chatam et
jeta l'ancre dans plusieurs baies. Une nuit, je couchai sur un rivage
o s'levaient d'innombrables cnes, noirs et tronqus. Du sommet
d'une petite minence, j'en comptai soixante, tous termins par un
cratre plus ou moins parfait, compos souvent d'un simple cercle de
scories rouges cimentes ensemble. Ils ne dpassaient la plaine de
lave que de vingt  trente mtres; aucun n'avait t trs-rcemment
actif. La montagne, indique dans le dessin ci-dessous, a 1000  1200
mtres de haut. C'est un volcan  cime plate, avec de rcentes coules
de lave sur les flancs suprieurs: la base est parseme de petits
cratres. La surface entire de l'le semble avoir t perfore comme
un crible par des vapeurs souterraines. La lave, souleve dans son
tat fluide, a form a et l de gigantesques boursouflures. Ailleurs,
les cimes de cavernes de semblable formation se sont affaisses
laissant bantes des fosses circulaires  bords escarps. La coupe
rgulire de ces nombreux cratres donnait au pays un aspect
artificiel qui me rappela vivement les parties du Staffordshire o
abondent les fonderies de fer. Le jour tait d'une chaleur brlante,
et c'tait un rude labeur que de gravir  travers un labyrinthe de
broussailles ce sol ingal et tranchant, mais je fus bien rcompens
de ma peine par l'tranget de ce site cyclopen. Je rencontrai dans
ma course deux grosses tortues de terre, pesant bien au moins chacune
cent kilogrammes. L'une d'elles mangeait un morceau de cactus;  mon
approche elle leva la tte, me regarda et s'loigna avec une
majestueuse lenteur; l'autre poussa un sifflement aigu, et retira sa
tte sous sa carapace. Ces normes reptiles, encadrs de lave noire,
de broussailles nues, de grands cactus, m'apparaissaient comme des
animaux antdiluviens. Quelques rares oiseaux  plumage terne, ne
s'inquitaient pas plus d'eux que de moi. Le 23, _le Beagle_ fit voile
pour l'le Charles. L'archipel Galapagos a t longtemps frquent,
d'abord par les boucaniers, et plus tard par les pcheurs de baleines.
Mais il n'y a gure plus de six ans qu'une petite colonie s'y est
fonde. Les habitants, au nombre de deux ou trois cents, sont presque
tous gens de couleur, bannis pour crimes politiques de la rpublique
de l'quateur, dont Quito est la capitale. Ils se sont tablis 
quatre milles et demi dans l'intrieur des terres,  une lvation
d'environ trois cent cinquante mtres. Pour nous y rendre nous
traversmes des broussailles pareilles  celles de l'le Chatam; plus
haut les bois devinrent verts et ds que nous emes franchi la crte
de l'le, une vivifiante brise du sud nous souffla au visage, et nos
yeux se reposrent avec dlices sur une vgtation vigoureuse. Dans
cette haute rgion croissent en abondance de robustes gramines et des
fougres herbaces; il n'y en a pas d'arborescentes. Nulle part je ne
vis un seul individu de la famille des palmiers, ce qui me surprit
d'autant plus qu' trois cent soixante milles au nord l'le des Cocos
emprunte son nom  la multiplicit de ces fruits. Les maisons,
irrgulirement bties sur un plateau, sont entoures de cultures de
patates et de bananes. On ne saurait se figurer avec quel plaisir nous
contemplions de la boue noire aprs avoir t si longtemps aveugls
par le sol poudreux du Prou et du Chili septentrional. Bien que
pauvres, les habitants trouvent moyen de vivre. Il y a dans les bois
beaucoup de porcs et de chvres sauvages; mais la principale
nourriture animale est la chair de tortue. Le nombre de ces reptiles a
fort diminu dans l'le, et cependant deux jours de chasse suffisent
pour assurer l'alimentation de la colonie le reste de la semaine.
Autrefois un seul vaisseau en enlevait jusqu' sept cents, et
l'quipage d'une frgate, il y a quelques annes, amena en un jour
deux cents tortues sur la plage. Le 29 septembre, nous doublmes
l'extrmit sud-ouest de l'le d'Albemarle; un calme plat nous retint
dans ses eaux, entre elle et l'le de Narborough. Toutes deux sont
couvertes d'immenses dluges de laves noires et nues, qui ont dbord
incandescentes des cimes de vastes cratres, et se sont tendues 
plusieurs milles sur le rivage. Des ruptions ont eu lieu de mmoire
d'homme, et nous vmes un petit jet de fume s'lever en spirale
au-dessus des plus hauts sommets de l'le d'Albemarle, o nous jetmes
l'ancre le soir dans l'anse de Bank, qui n'est autre chose que la
brche d'un cratre de tuf. Le lendemain matin, j'allai  la
dcouverte; au sud se trouvait un autre cratre de forme elliptique,
d'une symtrie remarquable; son axe avait un peu moins d'un mille, et
sa profondeur atteignait environ cent soixante-cinq mtres. Au fond
brillait un lac dont le centre tait occup par un tout petit cratre
faisant lot. Le jour tait d'une chaleur accablante; l'eau paraissait
limpide et bleue. Je descendis en courant la pente cendreuse;  demi
suffoqu, j'essayai d'tancher ma soif. Hlas! c'tait de la saumure!

[Illustration: L'le Charles, dans l'archipel Galapagos.--Dessin de E.
de Brard d'aprs l'atlas de _la Vnus_.]

Sur les rochers de la cte fourmillaient de grands lzards noirs,
longs de cent vingt  cent trente centimtres: une autre laide espce
de ces sauriens, d'un brun jauntre, habite les collines; nous en
rencontrmes plusieurs. Ils s'cartaient gauchement de notre chemin,
et regagnaient leurs trous. Toute la partie nord de l'le d'Albemarle
est d'une complte strilit.

Le 8 octobre, nous touchmes  l'le James, baptise il y a longtemps,
ainsi que l'le Charles, du nom des Stuarts. M. Bynoe, moi et nos
domestiques, fmes dposs  terre pour y passer une semaine, munis de
provisions et d'une tente, tandis que _le Beagle_ allait faire de
l'eau. Nous y trouvmes des Espagnols, venus de l'le Charles, pour
scher du poisson et saler de la viande de tortue;  environ six
milles de la cte,  une lvation de prs de sept cents mtres, ils
avaient construit une hutte qu'habitaient deux hommes, dont l'emploi
tait d'attraper des tortues, tandis que leurs compagnons pchaient
sur la plage.

Je leur fis deux visites, et reus d'eux une nuit l'hospitalit. De
mme que dans les autres les les rgions suprieures se parent d'une
verte et florissante vgtation, grce aux nuages qui restent bas et
entretiennent l'humidit. Le terrain est mme assez spongieux pour que
de robustes cypraces s'y dveloppent et couvrent de grands espaces,
o niche et multiplie un trs-petit rle d'eau. Tant que nous restmes
sur ces hauteurs nous n'emes d'autre nourriture que la chair de
tortue. Le plastron rti avec ce qu'il contient (_carne con cuero_, 
la faon des Gauchos) est un mets savoureux, et les jeunes tortues
font d'excellente soupe; mais la viande en elle-mme me semble
mdiocre.

Un jour, nous fmes avec les Espagnols une excursion dans leur bateau
baleinier  une _salina_. Une fois dbarqus nous emes  franchir une
rugueuse couche de lave, qui entourait presque compltement le cratre
de tuf, au fond duquel est le lac sal. L'eau n'a que trois  quatre
pouces (huit  dix centimtres) de profondeur et repose sur un lit de
sel blanc, admirablement cristallis. Le lac, tout  fait circulaire,
est bord d'une frange de plantes grasses d'un vert brillant; les
parois presque  pic du cratre sont revtues d'arbustes, et tout le
site est  la fois pittoresque et curieux. Peu d'annes auparavant,
l'quipage d'un navire frt pour la pche des veaux marins, attira
son capitaine dans ce lieu cart, et l'y assassina. Nous vmes son
crne gisant au milieu des broussailles.

Pendant la plus grande partie de notre sjour le ciel fut sans nuages.
Si le vent cessai une heure de souffler, la chaleur devenait
intolrable; deux jours de suite le thermomtre s'leva sous la lente
 93, mais en plein air, expos au vent et au soleil, il ne dpassait
pas 85. Enfoui dans du sable de couleur brune il monta immdiatement
 137, et je ne sais o il se ft arrt, l'chelle n'allant pas au
del de ce chiffre. Le sable noir tait encore plus chaud, et nous
brlait  travers l'paisseur de nos bottes.

L'histoire naturelle de ces les est minemment curieuse. La plupart
de leurs productions organiques sont des crations aborignes et ne se
rencontrent nulle autre part.

Parmi les races mammifres terrestres, une souris (_mus
galapagoensis_) peut tre considre comme indigne. Autant que j'ai
pu m'en assurer, elle est particulire  l'le Chatam, la plus
orientale du groupe, et se rattache  une division de la famille des
souris caractristique de l'Amrique.  l'le James se trouve un rat
assez distinct de l'espce commune pour que M. Waterhouse ait cru
devoir le classer  part; mais comme il appartient  une des divisions
de la famille des rongeurs de l'ancien monde et que depuis cent
cinquante ans cette le est frquente par des vaisseaux, je penche 
croire que, primitivement imports, les aeux de ce rat ont fait
souche d'une varit, rsultat du changement de climat, de nourriture
et de sol. Il se peut aussi que la souris de Chatam soit une
modification de l'espce amricaine: car j'ai vu, dans une des parties
les moins frquentes des Pampas, une souris native habiter le toit
d'une hutte nouvellement btie; sa transportation  bord d'un navire
n'est donc pas chose improbable.

J'ai obtenu vingt-six espces d'oiseaux de l'intrieur des terres,
tous spciaux  l'archipel, sauf un pinson de l'Amrique du Nord
(_dolychonyx oryzivorus_) qui, sur ce continent, tend son vol
jusqu'au 54e degr de latitude septentrionale. Il frquente en gnral
les marais. Les autres espces se composent: 1 d'un faucon, dont la
curieuse structure tient du busard et du groupe amricain de
polybores, qui se repaissent de charogne: il se rattache  ces
derniers par les habitudes et le son de la voix; 2 de deux hiboux,
reprsentants de la chouette blanche d'Europe  oreilles courtes; 3
d'un roitelet ou troglodyte, de trois tyrans-gobe-mouches et d'un
ramier; 4 d'une hirondelle qui ne diffre de la _progn purpurea_ des
deux Amriques que par sa petitesse et la couleur terne de son
plumage; 5 de trois espces de merles ou oiseaux moqueurs, type
essentiellement amricain. Le reste forme un bizarre assemblage de
pinsons, ayant tous des rapports entre eux, et nanmoins diffrant
assez les uns des autres pour qu'on en distingue treize groupes,
diviss en quatre sous-groupes. Il faut en excepter le cactornis,
import de l'le de Bow, et qu'on voit souvent grimper le long des
fleurs du grand cactus. Les autres espces de pinsons confondues
ensemble picorent par bandes sur le sol aride des terres basses. Les
mles sont d'un noir de jais, et les femelles gnralement brunes. Un
fait curieux est la parfaite gradation des becs dans les diffrents
genres des _geospiza_: ce qui semblerait indiquer que, par suite de la
disette primitive d'oiseaux dans l'archipel, la nature a modifi une
seule espce pour des buts divers. On peut aussi conjecturer que le
faucon busard a petit  petit drog de sa coutume de se nourrir d'une
proie vivante qu'il attaque et tue, et qu'il en est arriv  se
repatre de cadavres comme le polybore du continent amricain.

Je n'ai pu runir que onze espces d'chassiers et d'oiseaux
aquatiques, dont trois seulement sont aborignes, y compris un rle
qui ne quitte pas les humides sommets des les, et une mouette, que
j'ai t surpris de trouver particulire  cet archipel, vu les
habitudes errantes de cet oiseau. La proportion minime de trois
espces nouvelles de palmipdes et d'chassiers sur onze, compares
aux vingt-cinq espces nouvelles sur vingt-six habitant l'intrieur
des terres, s'explique par le grand parcours des oiseaux aquatiques
dans toutes les parties du globe. La mme loi s'tend aux coquillages
de mer et d'eau douce, et  un moindre degr aux insectes de cet
archipel. La plupart des oiseaux de terre ou de rivages, imports et
aborignes, se distinguent de leurs congnres par leur petitesse et
la teinte fonce de leur plumage. Sauf un roitelet  gorge d'un beau
jaune et un tyran-gobe-mouche  huppe et poitrine carlates, aucun ne
se pare des brillantes couleurs qui semblent l'apanage des rgions
quatoriales. Oiseaux, plantes, insectes, ont l'aspect grle, terne,
misrable, et le caractre du dsert, comme dans le sud de la
Patagonie. On peut en conclure que le haut coloris des productions des
tropiques ne tient ni  la chaleur, ni  la lumire de ces zones, mais
 quelque autre cause, peut-tre  des conditions d'existence plus
favorables  la vie.

Les oiseaux de l'intrieur sont tonnamment privs, surtout les merles
moqueurs, les pinsons, les roitelets, les gobe-mouches, les pigeons et
les busards. Tous s'approchaient assez pour qu'on pt les tuer d'un
coup de badine ou les abattre, comme je l'ai moi-mme essay, avec un
chapeau ou un bonnet. Un fusil est presque inutile ici; avec le bout
du canon je poussai un faucon perch sur une branche, et le fis
dguerpir. Un jour que j'tais couch  terre, un merle vint se poser
sur le bord d'une cuelle faite d'caille de tortue que je tenais  la
main, et se mit tranquillement  boire; je levai le vase sans qu'il
s'envolt. J'ai tent d'attraper ces oiseaux par les pattes, et peu
s'en est fallu que je ne russisse. Il parat qu'autrefois ils taient
encore plus familiers qu' prsent. Cowley dit en 1684: Les
tourterelles sont si peu craintives qu'elles se posent sur nos
chapeaux et nos paules, de manire qu'on peut les prendre vivantes.
Elles n'avaient nulle terreur de l'homme, jusqu' ce que quelqu'un des
ntres, ayant tir sur elles, les et mis en dfiance. Dampierre dit
aussi,  la mme poque, qu'un homme pouvait facilement en tuer six 
sept douzaines en se promenant le matin. Aujourd'hui quoique
trs-prives, elles ne perchent pas sur la tte des gens et ne se
laissent pas massacrer en si grand nombre. Il est surprenant qu'elles
ne soient pas devenues tout  fait sauvages, car depuis que les
boucaniers et les baleiniers frquentent ces les, les matelots qui
parcourent les bois pour trouver des tortues, se font un mchant
plaisir d'abattre les pauvres oiseaux. Dans l'le Charles, colonise
depuis six ans, je vis un jeune garon assis prs d'une source, une
baguette  la main; il s'en servait pour tuer les tourterelles et les
pinsons  mesure qu'ils venaient boire. Il en avait dj un petit tas
qu'il destinait  son dner. C'tait, disait-il, sa faon habituelle
de s'approvisionner. Il semble que les oiseaux de cet archipel n'ayant
pas encore appris que l'homme est de tous les animaux le plus
dangereux, s'en proccupent aussi peu que les ombrageuses pics se
proccupent en Angleterre des vaches et des chevaux au pturage. Une
preuve que cette familiarit ne tient pas  l'absence des rapaces dans
les les Galapagos, c'est que la mme disposition existe chez les
oiseaux des les Falkland, o se trouvent des renards, des milans, des
hiboux. Cependant l'oie des montagnes y btit son nid sur des lots,
montrant par l qu'elle connat le danger du voisinage du renard, mais
elle se laisse approcher par l'homme. Cette confiance contraste
fortement avec les habitudes de la mme espce dans la Terre de Feu
o, perscute depuis des sicles par les sauvages habitants, elle est
devenue si dfiante, qu'il est aussi difficile d'en tirer une que de
chasser l'oie sauvage en Angleterre, tandis qu'aux les Falkland un
chasseur peut en un jour abattre plus que sa charge de ce gibier. Au
dire de Pernety, en 1763, le petit _opetiorhynchus_ venait presque
percher sur son doigt, et cependant il ajoute qu'il tait ds lors
impossible de tuer le cygne  col noir. Cet oiseau de passage
apportait probablement avec lui la sagesse qu'il avait puise en pays
trangers.

On peut conclure de ces faits et de beaucoup d'autres analogues, que
la terreur de l'homme chez les oiseaux est un instinct particulier,
qui ne s'acquiert qu'au bout d'un certain temps, mme quand il y a
perscution, et qui se transmet par l'hrdit,  travers des
gnrations successives. Ainsi en Angleterre o, comparativement,
trs-peu de jeunes oiseaux sont pourchasss, les petits, mme au
sortir du nid, ont peur de l'homme. Au contraire, quoique rudement
poursuivis et massacrs par lui aux les Falkland et dans l'archipel
Galapagos, ils n'ont pas encore appris cette terreur salutaire. Quels
dgts ne doit donc pas faire dans un pays l'introduction de toute
nouvelle bte de proie, avant que les instincts des animaux indignes
se soient adapts  la ruse ou  la force du nouveau venu.

La classe des reptiles est, sans contredit, celle qui donne le
caractre le plus tranch  la zoologie des les Galapagos. Il y a peu
d'espces, mais les individus sont extraordinairement nombreux. Un
petit lzard se rattache  un genre de sauriens de l'Amrique du Sud;
deux espces (probablement plus) de l'_amblyrhynchus_ forment un ordre
particulier  cet archipel. On y trouve en grand nombre un serpent
identique au _psammophis temminckii_ du Chili,  ce que m'apprend M.
Bibron. Il y a, je crois, plus d'une espce de tortues de mer, et deux
ou trois espces terrestres. Les crapauds et les grenouilles ne s'y
rencontrent nulle part; j'en fus d'autant plus surpris que les taillis
humides des hautes rgions tempres me semblaient leur convenir 
merveille. Je me rappelai la remarque faite par M. Bory de
Saint-Vincent, qu'aucuns de ces batraciens n'habitent les les
volcaniques des grands ocans. Cela semble vrai pour la mer Pacifique,
et mme pour les grandes les de l'archipel Sandwich; mais dans
l'ocan Indien, l'le Maurice fait en apparence exception: j'y ai vu
en quantit le _rana mascariensis_: elle habite galement les
Schelles, Madagascar et Bourbon. Si l'on en croit les rapports de
divers voyageurs, il n'existait en 1669 d'autres reptiles  Bourbon
que des tortues, et on avait essay en 1768 d'introduire des
grenouilles  Maurice. L'absence d'espces indignes de cette famille
dans les les ocaniques est d'autant plus remarquable que les lzards
y fourmillent sur les moindres lots. Cette diffrence ne peut-elle
avoir pour cause la facilit avec laquelle les oeufs de ces sauriens,
protgs par des coquilles calcaires, surnagent et sont transports 
travers l'eau sale, tandis que le frai glatineux des grenouilles se
dissout et se disperse?

[Illustration: Archipel Galapagos.--Aiguade de l'le Charles.--Dessin
de E. de Brard d'aprs l'atlas de _la Vnus_.]

La _testudo nigra_, ou tortue noire se trouve sur toutes les les de
l'archipel Galapagos, ou du moins sur le plus grand nombre. Elle
frquente de prfrence les hauteurs humides, mais elle vit aussi dans
les parties basses et striles; elle atteint parfois des dimensions
gigantesques. Le vice-gouverneur de la colonie nous dit en avoir vu
plusieurs si grosses qu'il fallait sept  huit hommes pour les enlever
de terre. Quelques-unes ont donn jusqu' deux cents livres de chair.
Les vieux mles sont les plus gros et se reconnaissent  la longueur
de la queue: les femelles rivalisent rarement de grosseur avec eux.
Les tortues qui habitent les les o il n'y a point d'eau, ou qui se
tiennent dans les terrains arides et bas, font leur principale
nourriture du succulent cactus: celles qui hantent les rgions
suprieures se repaissent des feuilles de diffrents arbres, d'une
espce de baie acide et pre, appele guayarita, et aussi d'un lichen
verdtre et filamenteux (_usnera plicata_) qui pend par tresses aux
branches des arbres. Elles aiment beaucoup l'eau, en absorbent de
grandes quantits, et se vautrent volontiers dans la boue.

                              Traduit par Mlle A. DE MONTGOLFIER.

_(La fin  la prochaine livraison.)_

[Illustration: Archipel des Galapagos: Oiseaux: _Pyrocephalus nanus_ (en
haut), _Tenagra Darwin_ (ailes dployes) _Sylvicola aurola_ (au-dessus
 droite), _Coctarnis assimilis_ (sur la pierre).--Reptiles:
_Leiocephalus Grayi_.--Dessin de Rouyer d'aprs l'atlas du voy. de
_l'Aventure_ et du _Beagle_.]




VOYAGES D'UN NATURALISTE,

(CHARLES DARWIN).

L'ARCHIPEL GALAPAGOS ET LES ATTOLES OU LES DE CORAUX[2].

         [Note 2: Une histoire de l'archipel Galapagos offrirait  la
         curiosit des pisodes singuliers. Voici l'un des plus
         rcents:

         Le 10 novembre 1848, une golette d'environ cent tonneaux,
         partie de Valparaiso et se dirigeant vers la Californie, jeta
         l'ancre devant l'le Saint-Charles pour y renouveler sa
         provision d'eau. Les passagers, au nombre de treize,
         descendirent  terre et s'y livrrent, pendant quelques
         heures, aux plaisirs de la chasse et du bain. Quand ils
         voulurent retourner  bord, ils s'aperurent que la golette
         s'loignait vers la pleine mer. Un canot courut aprs, mais
         le subrcargue et le pilote, qui taient rests sur le
         navire, refusrent de s'arrter. Les malheureux passagers,
         vols et abandonns, furent obligs de vivre plusieurs mois,
         au milieu des privations les plus cruelles, dans cette le
         qui servait de lieu de dportation  la rpublique de
         l'quateur. La golette et les voleurs furent pris longtemps
         aprs devant les les Sandwich. Un rcit trs-dramatique de
         ces vnements a t publi par l'un des passagers, M. Ernest
         Charton (frre du directeur du TOUR DU MONDE) sous ce titre:
         _Vol d'un navire dans l'ocan Pacifique._]

1858.--INDIT.

L'ARCHIPEL GALAPAGOS[3].

         [Note 3: Suit et fin.--Voy. p. 139.]

    Tortues de terre; leurs habitudes; lzard aquatique se nourrissant
    de plantes marines; lzard terrestre herbivore, se creusant un
    terrier -- Importance des reptiles dans cet archipel o ils
    remplacent les mammifres. -- Diffrences entre les espces qui
    habitent les diverses les. -- Aspect gnral amricain.


Les sources, que possdent seules les plus grandes-les de l'archipel
Galapagos, sont toujours situes au centre et  une hauteur
considrable. Les tortues des basses terres, sont donc obliges de
faire de longs voyages pour se dsaltrer. De l, ces sentiers larges
et bien battus qui divergent en tous sens des sources vers les bords
de la mer. Ce fut en les suivant que les Espagnols dcouvrirent pour
la premire fois les fontaines. Lorsque je dbarquai  l'le Chatam,
je ne pouvais imaginer quel tait l'animal qui voyageait si
mthodiquement le long de ces chemins choisis et nettement tracs.
C'est un curieux spectacle de voir aux abords des sources plusieurs de
ces normes reptiles, une compagnie montant  la file, empresse, le
cou tendu, et une autre s'en retournant aprs avoir bu son sol. Ds
qu'elle arrive  l'eau, la tortue, sans s'inquiter des regardants, y
plonge sa tte jusque par-dessus les yeux, et avale goulment de
grandes gorges; dix environ  la minute. Les habitants assurent
qu'elle passe trois ou quatre jours dans le voisinage, avant de
redescendre vers les basses rgions: mais ils diffrent sur la
frquence de ces visites, que rgle probablement le genre de
nourriture de l'animal. Il est cependant certain que les tortues
peuvent exister mme sur les les o l'on ne trouve d'autre eau que
celle qui tombe du ciel pendant le peu de jours pluvieux de l'anne.

Je crois qu'il est avr que la vessie de la grenouille agit comme
rservoir et entretient l'humidit ncessaire  la vie de l'individu:
il en est de mme de la tortue. Quelque temps aprs sa visite aux
sources la vessie est dilate par la prsence du fluide qui dcrot,
dit-on, graduellement et devient de moins en moins pur. Quand les
colons, parcourant les basses terres, sont surpris par la soif, ils
tirent parti de cette circonstance, et boivent le contenu de la
vessie. Dans une tortue que je vis tuer, cette eau tait tout  fait
limpide, et n'avait qu'une trs-lgre amertume; nanmoins, celle que
renferme le pricarde passe pour la meilleure, et se boit la premire.

Les tortues, qui se dirigent vers un point fixe, cheminent de jour et
de nuit, et arrivent beaucoup plus tt au but qu'on ne le supposerait.
En marquant d'avance quelques individus, les habitants ont constat
qu'elles font  peu prs huit milles (douze  treize kilomtres) en
deux ou trois jours. J'en vis une que j'observais, faire
cinquante-cinq mtres en dix minutes, ce qui suppose environ trois
cents mtres  l'heure, ou six  sept kilomtres par jour, en lui
accordant un peu de temps pour manger en route. Dans la saison o les
mles et les femelles se rassemblent, le mle pousse un mugissement
rauque qui s'entend d'assez loin, et annonce aux chasseurs qu'il peut
les prendre par paire. En octobre, lors de mon passage, c'tait
l'poque de la ponte. Sur un sol sablonneux, la femelle dpose ses
oeufs ensemble et les recouvre de sable, mais sur un terrain de roc,
elle les laisse tomber indiffremment dans le premier trou venu; mon
compagnon en trouva sept dans une fissure. Ils sont blancs,
sphriques, plus gros que les oeufs de poule. Les petits,  peine
clos, sont dvors en grand nombre par les busards. Les vieilles
tortues meurent en gnral d'accident, souvent par suite de chutes
dans des prcipices, du moins plusieurs habitants des les me dirent
n'en avoir jamais trouv de mortes sans quelque cause vidente. Ils
croient que ces animaux sont compltement privs du sens de l'oue. Il
est certain qu'ils n'entendent pas marcher derrire eux, mme
trs-prs. C'tait toujours pour moi un sujet d'amusement, quand je
surprenais une grosse tortue, cheminant pas  pas, de voir avec
quelle promptitude, aussitt que je la dpassais, elle rentrait sa
tte et ses pattes, poussait un long sifflement, et s'affaissait 
terre avec un bruit sourd. Il m'est souvent arriv de monter sur leur
dos; je frappais quelques coups sur l'arrire partie de la carapace,
elles se relevaient et marchaient, mais il m'tait trs-difficile de
me maintenir en quilibre. La chair, tant frache que sale, est d'une
grande ressource; on tire de la graisse une huile parfaitement claire.
Quand un des habitants attrape une tortue, il pratique une incision
dans la peau prs de la queue, pour voir s'il y a une certaine
paisseur de graisse sous la plaque dorsale; si l'animal ne se trouve
pas gras  point, on le relche, et il gurit de cette trange et
cruelle opration. Il ne suffit pas pour s'assurer des chersites ou
tortues de terre, de les retourner sur le dos, comme on fait des
thalassites, ou tortues marines. Les chersites parviennent souvent 
se remettre sur leurs pattes.

L'amblyrhinchus, genre de lzard remarquable, ne s'tend pas au del
de cet archipel. Il y en a deux espces, l'une terrestre, l'autre
aquatique. Cette dernire (_A. cristatus_) a t dcrite par M. Bell,
qui, d'aprs sa courte et large tte, ses fortes pattes d'gale
longueur, jugea que ses habitudes devaient tre particulires, et
diffrentes de celles de son plus proche alli, l'iguane. Il est
trs-commun dans toutes les les du groupe, et vit exclusivement sur
les plages rocailleuses de la mer. On n'en trouve jamais au del de
huit ou neuf mtres du rivage. C'est une crature stupide, lente  se
mouvoir, d'un aspect hideux, d'un noir sale. Il a habituellement un
mtre de long, quelquefois un peu plus, et pse de quinze  vingt
livres. Ceux de l'le d'Albemarle sont les plus gros. La queue est
aplatie de ct, et les doigts des quatre pattes sont en partie
palms. On les voit nager  quelques centaines de mtres de la cte.
Le capitaine Collnett dit dans son voyage: Ils vont pcher  la mer
par troupes, et se schent au soleil sur les roches; ce sont des
alligators en miniature. Ils ne vivent cependant pas de poisson. Ce
lzard nage avec beaucoup de rapidit et d'aisance. Il imprime  son
corps et  sa queue un mouvement ondulatoire, tandis que ses pattes
restent immobiles et se collent  ses cts. Un des hommes du bord en
prit un, et le rejeta  la mer aprs l'avoir attach  une lourde
sonde: il croyait l'avoir infailliblement tu. Au bout d'une heure, il
tira la corde, et l'animal revint  la surface, aussi alerte et aussi
vivace qu'auparavant. Les membres et les pattes sont admirablement
conforms pour ramper sur les masses de lave raboteuses et dchires,
qui partout forment la plage. On voit souvent un groupe de six ou sept
de ces hideux reptiles, tals sur les roches noires,  quelques pieds
au-dessus du ressac, se chauffant au soleil, les pattes tendues.

J'ai ouvert l'estomac de plusieurs et l'ai trouv trs-dilat par les
dbris d'une herbe marine (_ulv_), qui s'panouit en minces feuillets
d'un vert brillant ou d'un rouge sombre. Je ne me rappelle pas avoir
jamais remarqu cette algue en nombre sur les roches  hauteur des
mares, et j'ai tout lieu de penser qu'elle crot au fond de la mer, 
quelque distance des ctes. C'est l sans doute le but des excursions
maritimes de ces lzards aquatiques. L'estomac ne contenait absolument
que des algues. M. Bynoe, cependant, y a trouv une fois un fragment
de crabe, mais qui pouvait s'y rencontrer par hasard, de mme que j'ai
vu une chenille au milieu de feuilles de lichen dans la panse d'une
tortue. Les intestins de l'amblyrhinchus sont comme ceux des autres
herbivores, larges et dvelopps. Son genre de nourriture, la
conformation de sa queue et de ses pattes, le fait notoire de l'avoir
vu nager volontairement dans la mer, prouvent jusqu' l'vidence ses
habitudes aquatiques; cependant il existe sous ce rapport une trange
anomalie: si cet animal est effray, rien ne peut le dcider  entrer
dans l'eau. Pourchass et traqu jusqu' un petit promontoire, il se
laissera plutt saisir par la queue que de sauter  la mer. Il ne
parat pas dispos  mordre, mais, mu de frayeur, il lance par
chacune de ses narines une goutte de fluide. J'en ai jet un 
plusieurs reprises dans une des grandes flaques d'eau que laisse la
mare en se retirant, il revenait invariablement droit au point o
j'tais. Il nageait prs du fond avec un mouvement rapide et gracieux;
parfois il s'aidait de ses pattes sur le sol ingal. Arriv prs du
bord, et encore sous l'eau, il tentait de se cacher sous des touffes
d'herbe marine, ou dans quelques crevasses. Jugeait-il le danger
pass, il regagnait la terre sche, et s'y tranait hors de vue le
plus vite qu'il pouvait. J'attrapai plusieurs fois le mme lzard, en
l'acculant  l'extrmit d'une roche surplombant la mer, et le rejetai
aussi souvent  l'eau, d'o il est toujours sorti de la mme faon.
L'explication de cette apparente stupidit est peut-tre que ce
reptile ne se connat point d'ennemis  terre, tandis qu'en mer il
doit souvent devenir la proie des nombreux requins. Un instinct fixe
et hrditaire lui fait sans doute regagner le rivage comme son plus
sr refuge.

Pendant notre visite dans ces les, je vis trs-peu de jeunes
individus de cette espce, et aucun qui et moins d'un an. Je
questionnai les habitants sur le lieu o le lzard aquatique dpose
ses oeufs; ils l'ignoraient, quoiqu'ils connussent trs-bien les oeufs
du lzard terrestre.

[Illustration: Ctes de l'le Albemarle, dans l'archipel
Galapagos.--Dessin de E. de Brard d'aprs une aquarelle de Sir
Charles Lyell communique par M. Darwin.]

Ce dernier (_A. demarlii_) a la queue ronde et ses pattes ne sont pas
palmes. Au lieu d'tre, comme l'autre, commun  toutes les les, il
n'habite que la partie centrale de l'archipel, les les Albemarle,
James, Barrington et les Infatigables; je ne le vis ni n'en entendis
parler dans les les situes au sud et au nord. Quelques-uns habitent
les hauteurs, mais ils sont en majorit dans les terres basses et
striles qui avoisinent la cte. Leur nombre est tel que dans l'le
James, o nous passmes quelques jours, nous emes de la peine 
trouver, pour y dresser notre tente, un endroit qui ne ft pas min
par leurs terriers. Comme leurs confrres marins, ils sont fort laids,
d'un jaune orang en dessous, et en dessus d'un rouge brun.
L'abaissement de l'angle facial leur donne l'air singulirement
stupide. Un peu plus petits que l'espce marine, ils psent de six 
quinze livres. Ils sont lents et  demi torpides. Quand on ne les
effraye pas, ils rampent sur le ventre et la queue, s'arrtent
souvent, et sommeillent pendant une ou deux minutes, les yeux clos,
les pattes de derrire tendues sur le sol. Ils creusent quelquefois
leurs terriers entre des fragments de lave, mais de prfrence sur les
plateaux unis du tuf friable et grseux. Les trous ne paraissent pas
trs-profonds, et pntrent sous terre  angle court, de sorte qu'en
marchant sur ces garennes de lzards, on enfonce  chaque pas dans le
terrain qui cde, au grand ennui du marcheur fatigu. Pour faire son
terrier, l'amblyrhinchus met en jeu alternativement un seul ct de
son corps: une patte de devant gratte le sol et pousse les dbris  la
patte de derrire, qui est place de manire  les rejeter hors du
trou; quand un ct est las, l'autre reprend la tche et ainsi de
suite. J'en observai un  l'oeuvre jusqu' ce que la moiti de son
corps ft enfouie; je m'avanai alors et le tirai par la queue, ce qui
parut fort l'tonner. Il se dgagea aussitt, et me regarda en face
d'un air inquisiteur, comme s'il m'et dit: Pourquoi donc m'avez-vous
tir la queue?

[Illustration: les  coraux (voy. p. 151): Oeno, dans l'archipel
Pomotou.--Dessin de Brard d'aprs un croquis indit du lieutenant
Smyth, Voyage du capitaine Beechey (communiqu par sir Charles
Lyell).]

Ils mangent de jour et ne s'cartent gure de leurs terriers, o, en
cas d'alarme, ils se rfugient avec l'allure la plus gauche. La
position latrale de leurs pattes ne leur permet de marcher vite que
dans les descentes; ils ne sont pas du tout craintifs. Quand ils
observent attentivement quelqu'un, ils agitent leurs queues, se
dressent sur leurs pattes de devant, et impriment  leur tte un
mouvement rapide et vertical, pour se donner l'air formidable; mais en
ralit ils ne le sont pas le moins du monde. S'avise-t-on de frapper
du pied, leur queue s'abaisse, et ils regagnent leurs trous en toute
hte. J'ai souvent vu les petits lzards, qui se nourrissent de
mouches remuer la tte de la mme faon, quand leur attention tait
captive; mais j'ignore dans quel but. Si on tient un amblyrhinchus
et qu'on l'agace avec un bton, il y enfonce ses dents trs-avant.
J'en ai cependant attrap plusieurs par la queue, sans qu'ils aient
jamais fait mine de me mordre. Si l'on en place deux  terre et qu'on
les maintienne en prsence, ils s'attaquent et se mordent jusqu'au
sang.

[Illustration: les  coraux (voy. p. 151): Village de Vanou, dans
l'le de Vanikoro.--Dessin de E. de Brard d'aprs l'atlas _de
l'Astrolabe_.]

Ceux qui habitent les basses terres, et c'est le grand nombre, ont 
peine une goutte d'eau  boire en un an, mais ils consomment beaucoup
du savoureux cactus dont les branches sont souvent brises et
disperses par le vent. Je me suis maintes fois amus  en jeter un
morceau au milieu de deux ou trois de ces lzards assembls; il
fallait alors les voir se le disputer et en emporter chacun un
fragment, comme des chiens affams se disputent un os. Les petits
oiseaux les connaissent pour trs-inoffensifs. J'ai vu un pinson gros
bec becqueter le bout d'une tige de cactus, qui est une friandise fort
recherche de tous les animaux des basses rgions, tandis qu'un
amblyrhinchus mangeait l'autre bout; ensuite le petit oiseau sauta,
avec la plus complte insouciance, sur le dos du reptile.

J'ai aussi examin l'estomac de plusieurs individus de l'espce
terrestre; je l'ai trouv plein de fibres vgtales et des feuilles de
diffrents arbres, principalement de l'acacia. Sur les hauteurs ils se
nourrissent des baies acides et astringentes du guayavita, et j'ai vu
sous ces arbustes d'normes tortues et des lzards prendre leurs repas
en bonne harmonie. Pour arriver aux feuilles d'acacia, l'amblyrhinchus
grimpe le long des troncs bas et rabougris; souvent ils broutent par
couple sur la mme branche  plusieurs pieds de terre. Leur chair
cuite est blanche et assez gote des estomacs sans prjugs. Humboldt
remarque que, sous les tropiques, dans l'Amrique du Sud, tous les
lzards qui habitent les terrains secs passent pour un mets dlicat.
Au dire des habitants des les Galapagos, ceux qui vivent sur les
hauteurs boivent de l'eau, mais les autres ne quittent pas leurs
terriers bas et striles pour monter, comme les tortues, jusqu'aux
sources. Lors de notre passage, les femelles avaient dans le corps de
nombreux oeufs gros et de forme oblongue qu'elles dposent dans leurs
terriers, et qu'on recherche comme nourriture.

Ces deux espces d'amblyrhinchus ont des rapports gnraux de
structure et d'habitude. Toutes deux sont herbivores, quoique se
nourrissant de vgtaux trs-diffrents. Leur nom leur a t donn par
M. Bell  cause de leur court museau. Par le fait, leur bouche se
rapproche de celle de la tortue. Il est curieux de rencontrer une race
si bien caractrise, se divisant en espces terrestre et marine, et
confine dans un si petit coin du globe. L'espce aquatique est de
beaucoup la plus remarquable, parce que c'est le seul lzard existant
qui se nourrisse des productions vgtales de la mer. Si l'on
considre les milliers de sentiers frays par les grosses tortues de
terre, le grand nombre de tortues de mer, les innombrables terriers
creuss par l'amblyrhinchus terrestre, les groupes de l'espce marine
qui couvrent les ctes rocheuses des les, on admettra que dans nulle
autre partie du monde l'ordre des reptiles ne remplace d'une faon
aussi providentielle les mammifres herbivores. Ces faits repartent en
esprit le gologue aux poques secondaires o des lzards, galant en
grosseur nos baleines, fourmillaient dans la mer et sur la terre. Il
est  observer, en poursuivant le mme ordre d'ides, qu'au lieu de
possder une vgtation vigoureuse et humide, cet archipel est
extrmement aride et remarquablement tempr pour une rgion
quatoriale.

Les quinze espces de poissons de mer que j'ai pu me procurer sont des
genres nouveaux. J'ai recueilli seize espces de coquillages
terrestres (dont deux varits trs-marques), toutes,  l'exception
d'un hlice qu'on trouve  Tahiti; sont particulires  cet archipel.
Un naturaliste qui m'avait prcd, M. Cuming, a rassembl
quatre-vingt-dix coquillages de mer, sur lesquels quarante-sept sont
inconnus partout ailleurs: fait merveilleux, quand on rflchit  la
vaste distribution de ces coquillages sur toutes les ctes.

J'ai pris beaucoup de peine pour runir des spcimens d'insectes. Sauf
la Terre de Feu, je n'ai jamais visit pays si pauvre sous ce rapport;
mme dans les rgions humides, j'en ai trouv fort peu, quelques
diminutifs de diptres et d'hymnoptres et vingt-cinq espces de
coloptres, dont plusieurs varits nouvelles.

Plus heureux pour la botanique, j'ai rapport cent quatre-vingt-treize
plantes, tant cryptogames que phanrogames; cent de ces dernires sont
des espces nouvelles.

Enfin, le trait le plus saillant de l'histoire naturelle de cet
archipel, c'est que les espces des diverses les diffrent entre
elles. Le vice-gouverneur m'assura qu'il pouvait distinguer avec
certitude au premier coup d'oeil une tortue venant de telle ou telle
le. Je ne fis pas d'abord grande attention  ce dire, ne pouvant
imaginer que des les situes en vue les unes des autres, spares par
une distance de cinquante  soixante milles, formes des mmes rocs,
places sous la mme latitude, s'levant  une hauteur  peu prs
gale, pussent avoir des htes diffrents. Mais il ne me fut plus
permis de douter lorsque, comparant les nombreux spcimens d'oiseaux
moqueurs tus par moi et par plusieurs de mes compagnons dans les
diverses les, je dcouvris entre eux,  ma grande surprise, des
diffrences assez tranches pour caractriser des genres distincts. La
mme observation s'appliquait aux reptiles, aux insectes, aux plantes.
Nanmoins, tout entour que j'tais d'espces nouvelles, les plaines
tempres de la Patagonie, les chauds et arides dserts du Chili
septentrional, reparaissaient devant mes yeux, voqus par le son de
voix des oiseaux, par leur plumage, par de lgers et innombrables
dtails de structure, rappelant les types amricains, quoique spars
du continent par une mer dcouverte, large de cinq  six cents milles.

L'archipel Galapagos est donc  lui seul un petit monde, ou plutt un
satellite de l'Amrique du Sud, d'o lui sont venus quelques colons
nomades, et qui a donn son empreinte gnrale aux productions
indignes. Si l'on considre la petitesse des les, on s'tonne d'y
trouver autant de crations nouvelles, circonscrites dans aussi peu
d'tendue. En voyant chaque hauteur couronne de son cratre et les
limites des cratres de lave encore aussi nettes, on est conduit 
penser qu' une poque rcente, au point de vue gologique, l'Ocan se
droulait l sans entraves; et on se trouve en prsence, comme espace
et comme temps, de cette mystrieuse nigme, la premire apparition
d'tres nouveaux sur la terre. Comment tant de force cratrice
a-t-elle t dpense pour peupler ces rocs nus et striles? Comment
cette force a-t-elle agi d'une faon diverse, et pourtant analogue,
sur des points aussi rapprochs? Les espces nouvelles ont-elles t
cres isolment? ou sont-ce des varits de quelques types originaux,
crs primitivement ou imports, et que des conditions autres ont
modifi[4]?

         [Note 4: Ces questions, souleves ici en passant par le
         savant voyageur, ont t examines et approfondies par lui
         dans un rcent et remarquable ouvrage sur l'_Origine des
         espces_.]

                              Trad. par Mlle A. DE MONTGOLFIER.




LES ATTOLES OU LES DE CORAUX.

     le Keeling. -- Aspect merveilleux. -- Flore exigu. -- Voyage
     des graines. -- Oiseaux. -- Insectes. -- Sources  flux et
     reflux. -- Chasse aux tortues. -- Champs de coraux morts. --
     Pierres transportes par les racines des arbres. -- Grand crabe.
     -- Corail piquant. -- Poissons se nourrissant de coraux. --
     Formation des attoles. -- Profondeur  laquelle le corail peut
     vivre. -- Vastes espaces parsems d'les de corail. --
     Abaissement de leurs fondations. -- Barrires. -- Franges de
     rcifs. -- Changement des franges en barrires et des barrires
     en attoles.


Le 1er avril, nous arrivions en vue de l'le Keeling ou le des Cocos,
 environ deux cent quarante lieues (six cents milles) de la cte de
Sumatra. C'est une de ces les  lagunes, dites _attoles_,  formation
de corail, et de la mme nature que l'archipel de Low, prs duquel
nous avions pass.  peine le vaisseau paraissait-il  l'entre du
chenal qu'un rsident de l'le, un Anglais, M. Liesk, venait  bord et
nous mettait au courant, en quelques mots, de l'histoire de la
colonie. Il y avait environ neuf ans qu'un individu d'assez pitre
valeur, un M. Hare, transportait l une centaine d'esclaves malais, y
compris les enfants. Peu aprs, le capitaine Ross, qui deux ans
auparavant avait explor ces parages, vint s'tablir dans l'le avec
sa famille; M. Liesk, second sur le vaisseau, l'accompagna. Les
esclaves malais abandonnrent immdiatement leur lot pour aller se
joindre aux gens de M. Ross, et cette dsertion finit par ncessiter
le dpart du premier colon.

Les Malais, aujourd'hui libres de nom, le sont personnellement de
fait, bien que traits en gnral comme esclaves. Leur habituel
mcontentement, la versatilit qui les fait constamment passer d'une
le  l'autre, peut-tre aussi quelque erreur d'administration,
rendent l'tat des choses assez peu florissant. Le cochon est le seul
quadrupde domestique de l'le, dont tout le commerce, toute la
prosprit roulent sur sa principale production vgtale, le coco.
L'huile extraite des noix s'exporte, les fruits mmes, envoys 
Singapoure et  l'le Maurice, servent principalement  faire du
currie. Canards, volailles, cochons, ceux-ci couverts d'un lard pais,
se nourrissent de coco, et il n'y a pas jusqu' un colossal crabe de
terre qui ne soit pourvu par la nature des moyens d'ouvrir ce fruit et
de s'en repatre.

Le cercle de rcifs qui forme la lagune est couronn, dans presque
toute son tendue, d'une guirlande d'lots trs-troits, qui, au nord,
sous le vent, laissent un passage aux vaisseaux pour pntrer 
l'intrieur du mouillage. Ds l'entre, le spectacle est ravissant.
L'eau, calme, limpide, transparente, peu profonde, repose sur un lit
blanc, uni, fin. Le soleil dardant ses rayons verticaux sur cette
immense plaque de cristal, de plusieurs milles de largeur, la fait
resplendir du vert le plus clatant; des lignes de brisants, franges
d'une blouissante cume, la sparent des noires et lourdes vagues de
l'Ocan, et les festons rguliers et arrondis des cocotiers, pars sur
les lots, se dtachant sur la vote azure du ciel, achvent
d'encadrer ce miroir d'meraudes, tachet a et l par des lignes de
vivants coraux.

Ds le lendemain matin, j'tais sur la rive de l'le de la Direction,
bande dterre ferme, large  peine de quelques centaines de mtres.
Une blanche marge calcaire, d'une rverbration fatigante sous cet
ardent climat, la spare de la lagune;  l'extrieur, elle est
dfendue par un rebord large et plat, en roche de corail solide, qui
apaise et arrte la violence de la haute mer. Sauf quelques sables
prs de la lagune, le sol n'est qu'une accumulation de fragments de
coraux arrondis, et il faut le climat des rgions intertropicales pour
produire une vgtation vigoureuse sur ce terrain dsagrg, sec et
rocailleux. Rien de plus lgant nanmoins que les cocotiers, vieux et
jeunes, dont les palmes vertes s'unissent au-dessus de feriques
petits lots, qui les encadrent d'un anneau de sable argent.

[Illustration: les  coraux: Baie de Manevai dans l'le de
Vanikoro.--Dessin de E. de Brard d'aprs l'atlas de _l'Astrolabe_.]

L'histoire naturelle de ces les est curieuse, grce  son indigence
mme. C'est  peine si trois ou quatre espces d'arbres, sems par les
vagues, se mlent aux bouquets de cocotiers, et l'un d'eux offre seul
un bon bois de construction. Une _guilandina_ crot sur l'un des
lots, et ma collection d'une vingtaine d'espces de plantes, dont
dix-neuf appartiennent  diffrents genres, et  non moins de seize
familles, doit renfermer  peu prs toute cette modeste flore qui
semble un refuge de dshrits. Du ct du vent, le ressac jette des
semences et des plantes; M. Keating, qui a rsid un an sur ces
cueils, cite le kimiri, natif de Sumatra et de la pninsule de
Malacca, la noix de coco de Balci, que distinguent sa forme et sa
grosseur; le dadass, que les Malais plantent avec la vigne vierge,
parce qu'entortille  la tige elle se suspend aux pines. Le
savonnier, le ricin, des troncs de palmier sagou, diverses graines
inconnues aux habitants de ces cueils, des masses de teck de Java et
de bois jaune, d'immenses cdres rouges, blancs, le gommier bleu
d'Australie, tous dans un parfait tat, et jusqu' des canots de Java,
viennent chouer contre ces rcifs. L'on suppose, vu la direction des
vents et des courants, que ces paves sont, pour la plupart, pousses
par la mousson du nord-ouest, jusqu'aux ctes de la Nouvelle-Hollande,
d'o les vents alizs du sud-est les ramnent. Les graines feraient
ainsi de six  huit cents lieues sans perdre leur pouvoir de
vgtation. Si un petit nombre des plus dlicates prit dans la
traverse, entre autres le mangoustan, les semences robustes, surtout
celles des plantes grimpantes, conservent leur vitalit. Que de
vgtaux sems a et l par l'immense Ocan! Presque toutes les
plantes que j'ai rapportes de ces les appartiennent aux espces
riveraines des Indes orientales. Certes, si des oiseaux attendaient
les graines sur la plage pour les attirer hors de l'eau et les
picorer, et qu'elles trouvassent un sol plus favorable  leur
croissance que ces blocs de coraux pars, le plus isol des attoles
fournirait bientt une flore tout autrement riche.

[Illustration: les  coraux: Rcifs et piton de l'le de
Borabora.--Dessin de E. de Brard d'aprs l'atlas de _la Coquille_.]

La liste des animaux terrestres est plus borne encore que celle des
vgtaux. Quelques rats ont t apports de l'le Maurice sur un
vaisseau naufrag, et les seuls oiseaux de terre sont une bcasse et
un rle; les chassiers, aprs les palmipdes, sont les premiers
colons de ces rgions lointaines.

Tout ce que j'ai rencontr en fait de reptiles, c'est un petit lzard,
et,  part les araignes, qui sont nombreuses, je n'ai pu recueillir
que treize espces d'insectes, dont un coloptre; enfin, sous des
blocs isols de corail pullule seule une petite fourmi. Mais si, de
cette terre strile, nous reportons nos regards vers la mer, nous y
verrons affluer la vie. Il y a de quoi s'enthousiasmer  contempler le
nombre infini d'tres organiques dont regorgent les mers tropicales;
de beaux poissons verts et de mille teintes diverses chatoient dans
les creux, dans les grottes, et les couleurs de plusieurs des
zoophytes sont admirables.

Les longues et troites bandes de terre qui forment les lots,
s'lvent seulement  la hauteur o le ressac peut lancer des
fragments de coraux, o le vent peut entasser des sables calcaires. Au
dehors un rebord de corail plat et solide brise la premire violence
des flots, qui, autrement, balayeraient ces cueils et tout ce qu'ils
produisent. Ici l'Ocan et la terre semblent se disputer l'empire: si
celle-ci commence  prendre pied, les citoyens de l'onde maintiennent
leurs droits antrieurs. De tous cts l'on voit diverses espces du
crabe ermite promener sur leur dos la coquille drobe  la plage
voisine: d'innombrables hirondelles de mer, des frgates, des fous,
fixent sur vous leurs yeux stupides et colres, planent dans l'air,
surchargent les branches des arbres, infestent les bois de leurs nids.
Parmi cette population aile je n'ai distingu qu'une charmante
crature; une mignonne hirondelle de mer, d'un blanc de neige. Vous
piant de son brillant oeil noir, elle voltige doucement, toujours
tout prs, et sous cette gracieuse et dlicate enveloppe on serait
tent d'imaginer quelque sylphe lger qui vous observe et vous suit.

_Dimanche, 3 avril._--Aprs le service j'accompagnai le capitaine
Fitz-Roy  l'tablissement situ  la pointe d'un lot couvert de
hauts cocotiers; le capitaine Ross et M. Liesk y vivent dans une
espce de grange ouverte aux deux bouts, et tapisse de nattes
d'corces tresses. Les maisons des Malais bordent la lagune, et le
tout a un air de dsolation profonde: pas un coin de jardin pour
rappeler la vie de famille et la culture. Tous les natifs parlent le
mme idiome et appartiennent  l'archipel indien; ils viennent de
Borno, des Clbes, de Java, de Sumatra. Leurs traits, surtout leur
couleur, les rapprochent des habitants de Tahiti; quelques-unes des
femmes rentrent davantage dans le type chinois: et l'expression
gnrale des figures, le son des voix de celles-ci me plaisaient
assez. Cette population semble pauvre; les maisons sont dpourvues de
mobilier, mais l'embonpoint des enfants fait l'loge du rgime de noix
de cocos et de chair de tortue.

Sur cette mme le se trouvent les puits, o les vaisseaux
s'approvisionnent d'eau douce. Au premier aperu on s'tonne d'en voir
le niveau descendre et monter suivant le mouvement des mares. On est
all jusqu' imaginer qu'ils se remplissaient d'eau de mer que les
sables avaient la vertu de filtrer et de dessaler. Ces puits,  flux
et reflux, sont communs aussi sur quelques-unes des les basses des
Indes occidentales. Le sable comprim, ou le corail poreux, boivent
l'eau sale comme ferait une ponge; mais la pluie qui tombe  la
surface descend naturellement jusqu'au niveau de la mer environnante,
refoulant un volume gal d'eau sale. Celle-ci s'lve ou s'abaisse
avec la mare, la couche suprieure d'eau douce suit le mouvement, et
pour peu que la masse soit compacte, il n'y a pas mlange. Il en
arrive autrement partout o le terrain consiste en gros blocs spars
par des interstices; l, si l'on creuse un puits, on arrive  l'eau
saumtre.

Aprs dner nous emes la curieuse reprsentation d'une petite scne
superstitieuse, joue par les femmes des Malais. Une norme cuillre
de bois, affuble de vtements, et qu'on a fait sjourner dans le
spulcre d'un mort, devient inspire, et danse et gambade  la pleine
lune. Les crmonies prparatoires termines, la cuillre magique
parut, porte par deux femmes, et commena  se dmener
convulsivement, tandis que femmes et enfants chantaient  qui mieux
mieux. Je trouvai le spectacle grotesque, mais M. Liesk m'affirma que
la plupart des Malais croient ces mouvements surnaturels.

La danse n'avait commenc qu'au lever de la lune, et il y avait
plaisir  la contempler. La placide lumire de l'astre nous arrivait 
travers les branches des cocotiers doucement agites par la brise du
soir. Ces nuits des tropiques sont si dlicieuses qu'elles feraient
presque oublier un moment les chers souvenirs de famille et de patrie,
auxquels se rattachent les meilleurs sentiments de notre me.

       *       *       *       *       *

Le 6 avril, j'accompagnai le capitaine au fond de la lagune: le chenal
y tournoie entre des coraux dlicatement ramifis. Nous vmes
plusieurs tortues auxquelles deux barques donnaient la chasse. L'eau
peu profonde est si limpide que la tortue, qui y plonge et disparat
instantanment, est presque aussitt retrouve. Le canot  voile la
suit, l'homme, debout  l'avant, s'lance sur la carapace, s'attache
des deux mains au cou de l'animal, et se laisse emporter jusqu' ce
qu'il soit matre de la tortue puise. Il tait amusant de voir les
deux bateaux se devancer l'un l'autre, et les hommes s'lancer la tte
la premire dans l'eau  la poursuite de leur proie.  l'archipel des
Chagos, sur ce mme ocan, les naturels,  ce que raconte le capitaine
Noresby, emploient un odieux moyen pour enlever la carapace  la
tortue vivante. Ils recouvrent de charbons incandescents l'caill,
qui se retourne et qu'ils arrachent avec un couteau, laissant l'animal
regagner la mer, o au bout de quelque temps, la carapace se reforme,
trop mince pour tre d'aucun usage, tandis que la pauvre crature se
trane toujours languissante et malade aprs cette barbare excution.

Arrivs au bout de la lagune, nous traversmes l'troit lot, pour
voir, du ct du vent, la large mer se briser sur la cte. Je ne puis
dire pourquoi, ni  quel point ce spectacle me parat imposant: ces
lgants cocotiers, ces lignes de verdoyants buissons, cette marge
plate, infranchissable barrire, seme de blocs pars, enfin cette
frange de vagues cumantes, qui se ruent alentour des rcifs. L'Ocan,
comme un invincible et tout-puissant ennemi, lance ses flots, et il
est repouss, vaincu, par les moyens les plus simples. Ce n'est pas
qu'il pargne les roches de corail, dont les gigantesques fragments
jets sur la plage proclament sa puissance; il n'accorde ni paix ni
trve; la longue houle, enfle par le doux mais incessant travail des
vents alizs, soufflant toujours d'une mme direction sur cet espace
immense, soulve des vagues presque aussi hautes que celles
qu'accumulent les temptes de nos zones tempres; on reste convaincu
 voir leur incessante rage, que l'le du roc le plus dur, de
porphyre, de granit, de quartz, serait dmolie par cette irrsistible
force, tandis que ces humbles rives demeurent victorieuses. Un autre
pouvoir a pris part  la lutte. La force organique s'empare un  un
des atomes de carbonate de chaux et les spare de la bouillonnante
cume, pour les unir dans une symtrique structure. Qu'importe que la
tempte arrache par milliers d'normes blocs de rochers! que peut-elle
contre le travail incessant de myriades d'architectes  l'oeuvre nuit
et jour? Nous voyons ici le corps mou et glatineux d'un polype
vaincre, par l'action des lois vitales, l'immense pouvoir mcanique
des vagues de l'Ocan auxquelles ne rsisteraient, ni l'art de
l'homme, ni les ouvrages inanims de la nature.

Nous ne retournmes  bord qu'assez tard, tant rests dans la lagune
 examiner les champs de corail et la coquille gante du chama qui
retient, jusqu' la mort du mollusque, la main assez hardie pour
s'aventurer sous son caille. Je fus surpris de voir, presque en tte
de la lagune, un large espace, d'environ deux kilomtres carrs,
couvert de coraux,  branches dlicates, tous morts et putrfis bien
que debout. Je finis cependant par m'expliquer ce fait. La plus courte
exposition  l'air, sous les rayons du soleil, suffit pour tuer ces
zoophytes; aussi la limite de leur croissance s'arrte-t-elle  la
hauteur des plus basses mares du printemps: or, selon quelques
vieilles cartes, l'le qui s'allonge du ct du vent tait jadis
divise par de larges canaux, ainsi que l'attestent les arbres, plus
jeunes aux places de jonction. Lors du premier tat du rcif, chaque
forte brise, lanant un plus grand volume d'eau sur la barrire,
tendait  exhausser le niveau de la lagune. Maintenant, au contraire,
non-seulement l'eau n'est plus accrue par les courants extrieurs,
mais elle est repousse par la force du vent. De l vient, comme la
chose a t observe, qu'en tte de la lagune, la mare ne s'lve pas
autant par les fortes brises que durant le calme. Cette diffrence de
niveau, quoique peu considrable, a entran la mort des coraux
parvenus  leurs dernires limites.

 quelques milles de Keeling, M. Ross a trouv, enfouie sur la cte
extrieure d'un petit attole, dont la lagune est presque entirement
remplie de boue de corail, une diorite, un fragment de pierre verte
arrondi et plus gros qu'une tte d'homme. Le capitaine et ceux qui
l'accompagnaient ont t galement surpris de la trouvaille, conserve
depuis comme curiosit. En effet, dans ces parages o l'on ne
rencontre pas une particule qui ne soit calcaire, le fait devient
surprenant. L'le n'a t que fort peu visite, un naufrage juste 
cette place est chose improbable; faute de meilleure explication, j'en
suis venu  croire que ce caillou, engag dans les racines d'un arbre
apport par la mer et jet  la cte, s'tait enterr  cet endroit.
J'ai vu, avec plaisir, mon hypothse confirme par Chamisso, le
naturaliste distingu qui accompagnait Kotzebue. Il dit que les
habitants de l'archipel de Radak, groupe d'attoles dans le milieu de
l'ocan Pacifique, cherchent des pierres pour aiguiser leurs outils
dans les racines des arbres chous sur la plage. Il est vident qu'il
n'est pas exceptionnel d'en trouver, puisque les lois attribuent la
proprit de ces pierres aux chefs, et infligent un chtiment 
quiconque tenterait d'en drober. L'loignement de toute terre qui
n'est pas l'oeuvre des madrpores, est attest par la valeur mme
qu'attachent au moindre caillou les habitants, qui sont pourtant de
hardis navigateurs.

J'allai un autre jour visiter l'le de West, l'une des plus fertiles,
o les cocotiers s'entourent de jeunes plants vigoureux, qui
fleurissent  leur ombre, et dont les longs rameaux se recourbent et
s'arrondissent en berceaux gracieux. Pour connatre le charme de ces
ravissants bocages, il faut s'tre assis l, et y avoir savour le
breuvage frais et dlicieux qu'offre le lait de coco. Une large baie
du sable le plus pur, le plus blanc, d'un niveau parfait, et que l'eau
ne recouvre qu'aux grandes mares, allonge de petites anses dans les
bois touffus de l'le; ce champ, qui a l'clat d'un lac, et au-dessus
duquel se balancent les tiges souples et les ombres mobiles des
cocotiers, est de l'aspect le plus singulier et le plus agrable.

J'ai parl du birgos, crabe nourri de noix de coco, et qui,
trs-commun sur toute la surface de ces les, y parvient  une
monstrueuse grosseur. S'il n'est pas de la tribu des pagures voleurs,
il se rapproche fort de cette espce. Ses deux pattes de devant sont
termines par de fortes et pesantes tenailles; la dernire paire est
munie de pinces plus faibles et beaucoup plus troites. Je n'aurais
pas cru possible que ce crustac ouvrt une noix de coco recouverte de
toutes ses enveloppes; mais M. Liesk m'assura l'avoir souvent pris sur
le fait.

[Illustration: les  coraux: Rade et pic de l'le de
Borabora.--Dessin de E. de Brard d'aprs l'atlas de _la Coquille_.]

L'animal dchire d'abord l'enveloppe, fibre  fibre, toujours vers
l'extrmit o se trouvent trois petits yeux; il se met ensuite 
marteler de ses rudes tenailles, frappant sur le mme creux jusqu' ce
qu'une ouverture soit faite. Tournant alors sur lui-mme, il extrait
de la noix,  l'aide de ses pinces postrieures fort minces, toute la
substance blanche albumineuse. C'est un des plus curieux exemples
d'instinct dont j'aie ou parler; on n'et jamais imagin qu'il entrt
dans le plan de la nature d'tablir des rapports entre la structure du
crabe et celle du coco. Le birgos, qui passe le jour  terre, se
rend, dit-on, toutes les nuits  la mer, sans doute pour humecter ses
branchies, et ses petits vivent quelque temps sur la cte o ils
closent. Ces crabes habitent de profonds terriers sous les racines
des arbres; ils y accumulent des quantits surprenantes de fibres de
cocos pluches, qui leur servent de lit. Les Malais s'emparent de ces
masses fibreuses qu'ils emploient en faon de cbles. Les birgos sont
excellents  manger, et sous la queue des plus gros on trouve une
masse de graisse qui, fondue, donne un quart de bouteille d'huile
trs-limpide. On a prtendu que ce crabe grimpait au haut des
cocotiers pour en drober les fruits. Je doute que cela soit possible.
Sur le pandanus, la chose deviendrait plus aise; mais M. Liesk m'a
affirm que, dans ces les, le birgos se contente des cocos tombs 
terre.

Le capitaine Moresby m'apprend que ce crabe habite aussi les les de
Chagos et de Schelles, bien qu'on ne le trouve pas dans l'archipel
voisin des Maldives. Il abondait jadis  l'le Maurice, o l'on n'en
voit presque plus. Dans l'ocan Pacifique, cette espce, ou une
d'habitudes semblables, habite une seule le de corail au nord du
groupe de la Socit. En preuve de l'tonnante force des pinces de ce
crustac, le capitaine me raconta qu'ayant voulu en confiner un dans
une paisse bote  biscuit en fer-blanc, dont il avait solidement
assujetti le dessus avec du fil de fer, le prisonnier parvint 
s'vader en retournant les bords du couvercle, laissant le solide
mtal travers de petits trous faits comme avec un emporte-pice.

[Illustration: les  coraux: le de Whitsunday, dans l'archipel
Pomotou.--Dessin de E. de Brard d'aprs Beechey.]

 ma grande surprise, j'ai dcouvert que deux espces de corail du
genre millepore (_M. complanata_ et _alcicornis_) avaient le pouvoir
de piquer. Leurs branches ou armures, au lieu d'tre visqueuses au
sortir de l'eau, sont rudes au toucher, et exhalent une forte et
dsagrable odeur. Frottes ou appuyes contre l'pidmie de la peau,
au visage, au bras, elles occasionnent une sensation analogue  celle
que donne l'ortie, ou plutt la physalie de Portugal. Plusieurs
animaux de cette classe, l'aplysie des les du Cap-Vert, une actine
ou anmone de mer, une coralline flexible allie aux sertulaires,
possdent ce moyen d'attaque ou de dfense, et, dans la mer des Indes,
on trouve jusqu' une algue piquante.

Deux espces de poissons du genre scare, communs ici, se nourrissent
uniquement des polypes du corail; tous deux sont d'un splendide moir
vert et bleu: l'un ne quitte pas la lagune, l'autre les brisants
extrieurs. M. Liesk en a vu des bancs entiers brouter, avec leurs
fortes mchoires, les sommits des branches de corail. J'ai ouvert un
de ces poissons et j'ai trouv les intestins dilats, pleins d'une
substance jauntre calcaire et d'une boue sableuse. La dgotante et
gluante holothurie, dont se rgalent les Chinois, se repat aussi de
coraux et l'appareil osseux de l'intrieur de son corps semble
parfaitement adapt  cette nourriture.

       *       *       *       *       *

C'est dans la matine du 12 avril que nous sommes sortis des lagunes
pour passer  l'le de France. Je suis heureux d'avoir visit les
attoles; ces formations sont une des merveilles du monde. D'aprs les
sondages du capitaine Fitz-Roy, qui, avec une ligne de plus de six
mille pieds de longueur, ne trouvait plus de fond  une demi-lieue du
rivage, l'le semblerait tre forme par une haute montagne
sous-marine, dont les flancs  pic sont plus escarps que ceux du cne
volcanique le plus abrupt. Le sommet, arrondi en soucoupe, a prs de
dix milles (plus de trois lieues et demie) de diamtre, et, de cette
masse norme, pas un fragment, pas un atome qui ne porte l'empreinte
de la composition organique. Qu'est-ce que la dimension des pyramides
et des plus gigantesques ruines  ct de ces montagnes de pierre,
accumules par l'action seule de plusieurs espces de si menus, de si
dlicats petits animaux?

(Le savant naturaliste range ces cueils en trois grandes classes: les
attoles, les barrires et les franges de coraux, Les les  lagunes
qui, de leur nom indien, s'appellent attoles, dit-il, ont excit un
tonnement sans bornes chez la plupart des voyageurs qui ont travers
la mer Pacifique. Ds l'anne 1605, Pyrard de Laval s'criait: C'est
une merveille de voir chacun de ces attolons, environn d'un grand
banc de pierre tout autour, n'y ayant point d'artifice humain.
L'esquisse de l'le de Whitsunday, prise de l'admirable voyage du
capitaine Beechey, donne une faible ide du spectacle singulier que
prsente un attole. Celui-ci est l'un des plus petits, et ses lots
troits sont rapprochs en cercle comme les perles d'un bracelet).

Les premiers voyageurs imaginrent que les polypes du corail
btissaient d'instinct ces grands cercles, pour se protger dans la
lagune intrieure. Mais les espces massives, dont la croissance, aux
bords externes, garantit seule l'existence des rcifs, ne peuvent
vivre dans les eaux tranquilles de l'intrieur de l'attole, o
d'autres coraux dlicatement ramifis s'panouissent. L'hypothse
exigerait donc que des espces, de famille et de genre distincts, se
fussent concertes ensemble pour un intrt commun; or, il n'y a pas
d'exemple dans toute la nature d'une telle combinaison. La thorie la
plus gnralement admise ensuite fut que les attoles sont fonds sur
des cratres sous-marins; ce  quoi s'opposent galement la forme,
l'tendue de quelques-uns de ces cueils, le nombre, le rapprochement,
la position relative des autres. Une troisime opinion, plus
spcieuse, fut avance par Chamisso. Selon lui, la croissance des
coraux tant d'autant plus vigoureuse qu'ils sont plus exposs au flux
et au reflux de la haute mer, ceux du bord extrieur s'lancent
toujours les premiers de la fondation commune, et dterminent ainsi la
structure circulaire du rcif. Ici, comme dans la thorie des
cratres, une importante considration est nglige: ces zoophytes (de
nombreux sondages l'ont prouv) ne peuvent vivre et construire
au-dessous de trente mtres de profondeur; sur quelles bases
auraient-ils donc fond leurs solides difices?

On ne saurait admettre que, dans ces insondables et vastes mers,  de
si grandes distances de tout continent, l o les eaux sont si
limpides, les sables, se disposant par masses  flancs escarps, se
soient groups a et l, ou allongs en lignes de plusieurs centaines
de lieues, pour prparer des fondements aux polypiers. Il est tout
aussi improbable que des forces expansives aient soulev,  travers
ces espaces immenses, d'innombrables bancs de rochers, afin de les
placer juste  la distance o les polypes peuvent s'tablir,
c'est--dire de vingt  trente mtres au-dessous de la surface des
eaux. Si donc les fondations sur lesquelles les coraux levrent les
attoles ne sont pas des dpts de sable, si, pour atteindre la hauteur
voulue, le sol n'a pu se rehausser, il a fallu qu'il s'abaisst. C'est
l'unique solution probable. Ainsi donc, montagne aprs montagne, les
aprs les, sont lentement descendues sous les vagues, offrant
successivement de nouvelles bases  l'tablissement des coraux.
J'oserais dfier d'expliquer autrement les faits; toutes les les
tant  fleur d'eau, toutes bties par les polypes du corail, il a
fallu  toutes une base tablie  la mme profondeur.

Avant de nous occuper de la singulire formation des attoles, voyons
un peu ce que sont les barrires de coraux. Quelques-unes s'tendent
en droite ligne devant les rivages d'un continent ou d'une grande le,
d'autres en environnent de plus petites; toutes sont spares de la
terre par un large canal assez profond, et analogue aux lagunes de
l'intrieur des attoles; structure vraiment curieuse!

Par exemple,  l'le de Bola-Bola (mer Pacifique), la barrire de
rcifs s'est convertie en terre; mais la ligne blanche d'normes
brisants, sems a et l de petits lots bas, isols, couronns de
cocotiers, spare les sombres vagues de l'Ocan de la placide surface
du canal intrieur, dont les claires eaux baignent le plus souvent une
bordure de terres d'alluvion pares des plus splendides productions
des tropiques. Ce ruban diapr de vives couleurs s'tend au pied des
sauvages et abruptes montagnes centrales.

Ces ceintures de coraux, sont de longueurs diverses. Celle qui fait
face  la Nouvelle-Caldonie d'un ct, et la cerne aux deux bouts,
n'a pas moins de cent trente  cent quarante lieues. Chaque rcif (
des distances qui varient d'un kilomtre jusqu' seize et dix-huit),
enclt une, deux ou plusieurs les rocheuses de diffrentes hauteurs;
l'un d'eux en renferme environ une douzaine.

La profondeur du canal n'est pas moins variable; en moyenne, elle est
de dix  trente brasses, mais peut aller jusqu' cinquante-six. 
l'intrieur, c'est le plus souvent en pente douce que le rcif
s'allonge sous le canal-lagune; rarement, il s'y plonge, comme un mur
vertical de deux  trois cents pieds.  l'extrieur, de mme que dans
les attoles, le roc escarp, monte invariablement  pic, du fond de la
mer. trange construction! nous voyons une le, s'levant comme un
chteau fort sur une haute montagne sous-marine, protge par un
gigantesque rempart de rochers de corail, toujours escarp au dehors,
parfois au dedans, dont le sommet se termine par une large
plate-forme, et dont la base est, de distance en distance, perce de
brches, qui ouvrent aux plus grands vaisseaux l'accs de ses larges
fosss.

Du reste, en tout ce qui concerne le rcif de corail en lui-mme,
nulle diffrence de forme, de contours, de disposition entre une
barrire et un attole. Comme le remarque fort bien le gographe Balbi:
une le, entoure d'une barrire de coraux, n'est autre chose qu'un
attole, qui, au centre de sa lagune, voit s'lever une autre terre;
supprimez celle-ci et l'attole est parfait.

       *       *       *       *       *

Nous arrivons aux franges de rcifs dont s'entourent les les et les
continents ds qu'ils ne sont pas bords d'un sol d'alluvion. Lorsque
le terrain s'enfonce brusquement sous l'eau, ces rcifs, de peu de
largeur, loigns  peine de quelques mtres de la rive qu'ils
contournent, forment alentour seulement une frange, un troit ruban.
Si la plage descend sous l'eau en pente douce, le rcif s'tendra plus
loin: quelquefois il s'cartera  plus d'un ou deux kilomtres du
rivage; alors on pourra s'assurer  l'aide de la sonde, qu'au dehors
du rcif la pente du fond s'est prolonge, jamais le corail ne
s'tablissant plus bas qu' trente mtres au-dessous du niveau de la
mer. Entre ce genre de rcif, ceux des barrires, ceux des attoles, il
n'existe pas de diffrence essentielle; seulement, comme les franges
ont moins de largeur, elles ont form moins d'lots. La croissance des
coraux, toujours plus nergique au dehors, le rejet des sdiments
constamment  l'intrieur, lvent davantage le bord externe du rcif,
et, entre son arte et le rivage, coule, sur un fond de sable, un
canal de quelques pieds de profondeur.

       *       *       *       *       *

Nulle thorie sur la formation des coraux,  moins qu'elle n'explique
les barrires, les franges et les attoles, ne saurait tre
satisfaisante. Nous avons t amens  croire  l'abaissement de
vastes espaces parsems d'les, lesquelles ne s'lvent pas au-dessus
de la hauteur o le vent et les vagues peuvent jeter des dbris, et
qui cependant sont construites par des zoophytes, auxquels, pour
asseoir leurs difices, il faut des bases d'une profondeur limite.
Supposons qu'une le frange de rcifs s'enfonce insensiblement ou de
quelques pieds  la fois, les masses de coraux vivants que baigne le
ressac de la haute mer, stimuls par le violent choc des vagues du
large, qui leur apportent leur nourriture, auront bientt regagn la
surface. L'eau cependant continuant d'empiter peu  peu sur la rive,
et l'le s'abaissant de plus en plus, de plus en plus rtrcie,
l'espace entre elle et le rcif s'largira constamment, et le canal
ainsi agrandi, sera plus ou moins profond,  raison de l'abaissement
du terrain, de l'accumulation de sdiment, et de la croissance des
coraux  branches dlicates, les seuls qui puissent vivre dans ces
lagunes. Voil comment les terres, se reculant des rcifs qui leur
servaient de franges, ceux-l conservent, tout en s'en trouvant
carts, la forme des rivages qui leur ont servi de moules: voil
comment la frange des rcifs devient une barrire, distante parfois de
quinze lieues des rives qu'elle environne.

Si au lieu d'le, c'est un continent qui s'abaisse, le rsultat est le
mme sur une plus vaste chelle. Les montagnes deviennent peu  peu
des lots, encercls au loin par la barrire qui, lorsque ces pinacles
eux-mmes disparaissent, devient un attole, environnant une lagune
immense.

En tirant perpendiculairement de l'arte saillante des nouveaux
rcifs, une ligne qui arrive aux fondements de rochers qui
supportaient l'ancienne frange, on verra que cette ligne dpasse la
petite limite  laquelle les coraux peuvent vivre, juste du nombre de
pieds dont les terres sont descendues: les petits architectes, 
mesure que s'abaissaient la fondation primitive, ayant bti sur la
base forme par les premiers coraux et par leurs fragments consolids.

                              Trad. par Mme SW. BELLOC.




BIOGRAPHIE.

BRUN-ROLLET


Brun-Rollet (Antoine), voyageur en Afrique, sur le nom et les travaux
duquel les derniers voyages entrepris aux sources du Nil ont ramen
l'attention du public, est n dans la petite ville de Saint-Jean de
Maurienne en 1810. La France peut donc le rclamer pour un de ses
enfants. Pauvre  son entre dans la vie, il ne reut que l'ducation
des pauvres, et il dut refaire lui-mme plus tard toutes ses tudes.
Il fut aid dans cette tche par ses relations avec M. Belley,
archevque de Chambry. Naturellement port  l'enthousiasme, il prit
en dgot la vie troite impose  son pays; il n'aspira plus qu'
migrer sous un autre ciel, et, n'ayant pas assez de ressources pour
aller  Paris, il saisit une occasion qui se prsenta d'aller tenter
la fortune plus loin et partit pour l'gypte.

M. Brun-Rollet remonta le Nil, pour la premire fois, en octobre
1831, et arriva  Collabad, sur les confins de l'Abyssinie, le 21 mars
1832. Encourag par les rsultats de cette excursion, il prit pour
point de dpart et pour centre d'oprations Khartoum, capitale de la
Haute-Nubie, au confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc. Ensuite il fit,
sous le nom de _marchand Yacoub_, de longues et nombreuses
prgrinations en dehors des frontires des domaines turcs, et
pntrant jusqu'au del du 4e degr sud  Btnia, il recueillit des
donnes exactes sur les Denkas, les Barys, les Chellouhs et une
infinit d'autres tribus indpendantes chelonnes le long du Nil
Blanc, et dont on connaissait  peine les noms.

[Illustration: Brun-Rollet.--Dessin de Fath d'aprs une photographie]

Le livre qu'il publia  Paris en 1855 sous ce titre: _le Nil Blanc et
le Soudan, tudes sur l'Afrique centrale, moeurs et coutumes des
sauvages_, etc., etc., fit faire un grand pas  la question si
controverse des sources du Nil. Il lui valut d'tre admis dans la
Socit de gographie et d'tre nomm consul de Sardaigne dans le
Soudan oriental, en remplacement de M. Vaudey, assassin en 1854 sur
le Nil Blanc. Cette position officielle devait l'aider puissamment
dans les excursions qu'il mditait et qu'il entreprit aussitt aprs
son retour dans le pays, avec la rsolution d'aller aussi avant que
possible. Quelques mois aprs son dpart de Khartoum pour le Sud, il
adressa, des bords du Misselad ou Bahr-el-Gazal, au ministre des
affaires trangres,  Turin, un rapport dat du 1er fvrier 1856. Il
avait parcouru le lac de deux cents kilomtres de long par lequel le
Nil Blanc communique avec le Misselad, et remont sans difficult dj
pendant cent soixante kilomtres, cette belle et large rivire, qui se
dirige vers les monts Kombirat et lui paraissait tre le vrai Nil.

Il essuya dans cette exploration de telles fatigues, que sa
constitution, prouve cependant par de longues annes de sjour dans
les rgions du haut Nil, ne put y rsister. Rentr malade  Khartoum,
il y mourut le 27 septembre 1857, inscrivant ainsi un nom de plus sur
le martyrologe de la gographie africaine.




GRAVURES.

                                                      Dessinateurs.
  Chapelle de Sainte-Rosalie (prs Palerme)              Rouargue      1
  Types et costumes siciliens                            Rouargue      4
  Ruines  Girgenti (Agrigente)                          Rouargue      5
  Vue de Syracuse                                        Rouargue      8
  Taormine et l'Etna                                     Rouargue      9
  La Marine  Messine                                    Rouargue     12
  Rocher de Scylla                                       Rouargue     13
  Stromboli                                              Rouargue     16
  Pigeonnier prs d'Ispahan                         Jules Laurens     17
  Pont d'Allah-Verdi-Khan sur le Zend--Roud,
     Ispahan                                       Jules Laurens     21
  Collge de la Mre du roi,  Ispahan              Jules Laurens     24
  Une peinture indienne dans le palais des
    Quarante-Colonnes,  Ispahan                    Jules Laurens     25
  Entre de Kaschan                                 Jules Laurens     28
  Une caravane persane au repos                     Jules Laurens     29
  Types persans                                     Jules Laurens     32
  Faubourg de Thran                               Jules Laurens     33
  La porte de Schah-Abdoulazim                      Jules Laurens     36
  Dans une cour,  Thran                          Jules Laurens     37
  Types et portraits persans                        Jules Laurens     40
  Groupe de Persans                                 Jules Laurens     41
  Dans l'Enderoun (appartement intrieur
    -- Costumes d'intrieur et de sortie)           Jules Laurens     44
  Choix d'armes, d'instruments et objets divers
    persans                                         Jules Laurens     45
  Le Dmavend                                       Jules Laurens     48
  Vue de l'le Saint-Thomas                             de Brard     49
  Saint-Pierre,  la Martinique                         de Brard     52
  Cataracte de Weinachts (Guyane anglaise)              de Brard     53
  Une sucrerie  la Guadeloupe                          de Brard     56
  La Pointe--Ptre,  la Guadeloupe                    de Brard     57
  Le port d'Espagne,  la Trinidad                      de Brard     60
  La baie de Panama                                     de Brard     61
  Vue des Bermudes                                      de Brard     64
  Costumes norvgiens d'Hitterdal                          Pelcoq     65
  La valle de Bolkesj                                      Dor     68
  Costumes du Tlmark                                     Pelcoq     69
  La valle de Vestfjordal                                   Dor     72
  Intrieur d'auberge  Bolkesj                         Lancelot     73
  glise d'Hitterdal                                      Wormser     75
  Le Rjukandfoss                                             Dor     76
  Un chalet  Bamble                                     Lancelot     77
  Vue du lac Bandak                                          Dor     80
  Le lac Flatdal                                             Dor     81
  Fjord de Gudvangen                                         Dor     84
  glise de Bakke                                            Dor     85
  Route de Stalheim                                          Dor     88
  Le Vringfoss                                              Dor     89
  Valle de l'Heimdal                                        Dor     92
  Femme du Sogn                                            Pelcoq     93
  Une noce en Norvge                                      Pelcoq     96
  Le march aux grains (Suez)                       Karl Girardet     97
  Port de Suez                                      Karl Girardet    100
  Cimetire europen  Suez                         Karl Girardet    100
  Qossir                                           Karl Girardet    101
  Djeddah                                           Karl Girardet    101
  Port de Souakin                                   Karl Girardet    101
  Mosque de Salonique                              Karl Girardet    104
  Femmes albanaises, prs d'un arabas,
     Vasilika                                       Villevieille    105
  Un Juif de Salonique                                       Bida    108
  Une Juive de Salonique                                     Bida    109
  Sceau du monastre de Karis                                       111
  Vue gnrale de mont Athos                         Villevieille    112
  Le Conseil des pistates au mont Athos                Boulanger    113
  Saint Georges (fresque de Panselinos dans le
    Catholicon de Karis)                                  Pelcoq    116
  Monastre d'Iveron                                Karl Girardet    117
  L'higoumne d'Iveron                                     Pelcoq    120
  La Phiale ou le Baptistre du couvent de Lavra         Lancelot    121
  Croix sculpte en bois dans le trsor de Karis         Thrond    124
  Coffret dans le trsor de Karis                        Thrond    125
  Peinture de la trapeza de Lavra: les trois patriarches  Thrond    128
  La confession                                              Bida    129
  Bas-relief du couvent de Vatopdi                     A. Proust    130
  Albanais, soldat de la garde des pistates         Villevieille    132
  Vue du couvent d'Esphigmenou                      Karl Girardet    133
  Intrieur de la cour principale du couvent slave
    de Kiliandari                                        Lancelot    136
  La rcolte des noisettes au mont Athos             Villevieille    137
  L'le Chatam, dans l'archipel Galapagos            E. de Brard    140
  Baie de la Poste, dans l'le Floriana
    (archipel Galapagos)                             E. de Brard    140
  L'le Charles, dans l'archipel Galapagos           E. de Brard    141
  Aiguade de l'le Charles (archipel Galapagos)      E. de Brard    144
  Oiseaux et reptile (archipel Galapagos)                  Rouyer    145
  Ctes de l'le Albermale, dans l'archipel
    Galapagos                                        E. de Brard    148
  Oeno, dans l'archipel Pomotou (les  coraux)      E. de Brard    149
  Village de Vanou, dans l'le de Vanikoro
    (les  coraux)                                  E. de Brard    149
  Baie de Manevai, dans l'le de Vanikoro
    (les  coraux)                                  E. de Brard    152
  Rcifs et piton de l'le de Borabora
    (les  coraux)                                  E. de Brard    153
  Rade et pic de l'le de Borabora (les  coraux)   E. de Brard    156
  le de Whitsunday, dans l'archipel Pomotou
    (les  coraux)                                  E. de Brard    157
  Brun-Rollet                                                Fath    160
  Traneau yakoute                                    Victor Adam    161
  Une sorcire tongouse                               Victor Adam    164
  Port d'Okhotsk                                      Victor Adam    165
  Bazar de Nertchinsk                                 Victor Adam    168
  Colonie ou village yakoute                          Victor Adam    169
  Voyageur russe en Sibrie                           Victor Adam    172
  Argali (mouton sauvage)                             Victor Adam    173
  Campement de Tongouses                              Victor Adam    176
  Chamans yakoutes                                    Victor Adam    177
  Femme yakoute                                       Victor Adam    180
  Poteaux des frontires du pays des Yakoutes et
    de la Chine                                       Victor Adam    181
  Types indignes (Australie du Sud)                      G. Fath    184
  Spultures australiennes dans les bois                 Lancelot    185
  Spulture australienne au dsert                           Dor    189
  Restes d'un voyageur retrouvs par ses compagnons
    dans les dserts du lac Torrens                          Dor    192
  Oasis d'deri (Fezzan)                                 Rouargue    193
  Mourzouk (capitale du Fezzan)                          Rouargue    196
  Gorge d'Agueri                                         Lancelot    197
  Valle d'Auderaz                                       Rouargue    200
  Vue d'Agadez                                           Lancelot    201
  Vue de Kano (entrept du Soudan central)               Lancelot    204
  Dendal ou boulevard de Kouka (capitale du Bornou)      Lancelot    205
  Vue du lac Tchad                                       Rouargue    208
  Village marghi                                         Rouargue    209
  Halte dans une fort du Marghi                         Rouargue    212
  Village mosgou                                         Rouargue    213
  Chef mosgovien                                         Rouargue    216
  Intrieur d'une habitation mosgovienne                 Rouargue    217
  Chef kanembou                                          Rouargue    220
  Entre du sultan de Baghirmi dans Masna
    (sa capitale)                                        Rouargue    221
  Une razzia  Barea (Mosgou)                            Rouargue    224
  Vue du march de Sokoto                                Hadamard    225
  Bac sur le Niger,  Say                                Rouargue    228
  Vue des monts Homboris                                 Lancelot    229
  Village sonray                                         Lancelot    232
  Vue de Kabra (port de Tembouctou)                      Rouargue    233
  Camp touareg                                           Lancelot    236
  Arrive  Tembouctou                                   Lancelot    237
  Vue gnrale de Tembouctou                             Lancelot    240
  Portrait en pied du baron de Wogan en costume
    de voyage                                           J. Pelcoq    241
  Grass-Valley                                          J. Pelcoq    244
  Un claim ou atelier de mineur                         J. Pelcoq    245
  Fort de _taxodium giganteum_ ou pins gants           Lancelot    248
  Un caon ou passage de la Sierra-Wah                   Lancelot    249
  La case du jugement                                   J. Pelcoq    252
  Le poteau de la guerre                                J. Pelcoq    253
  Types d'Indiennes du Rio-Colorado                     J. Pelcoq    256
  Grande pagode de Rangoun                               Franais    257
  Bateau  voile sur l'Irawady                     Clich anglais    258
  Canot de parade                                  Clich anglais    259
  Bateau de commerce                               Clich anglais    259
  Birmans dans une fort                                J. Pelcoq    261
  Pattshaing ou tambour-harmonica                  Clich anglais    262
  Pattshaing  baguettes                           Clich anglais    262
  Harpe birmane                                    Clich anglais    263
  Harmonica birman                                 Clich anglais    263
  Pagode  Pagn                                   Clich anglais    264
  Reprsentation thtrale dans le royaume d'Ava         Hadamard    265
  Dagobah ou pagode en forme de cloche             Clich anglais    266
  Intrieur d'une pagode                           Clich anglais    267
  Maison de l'ambassade  Amarapoura               Clich anglais    268
  Valle des puits de bitume                        Karl Girardet    269
  Types de grands seigneurs et hauts fonctionnaires
    birmans                                                 Morin    272
  Le palais du roi et l'lphant blanc                     Navlet    273
  Sculptures comiques dans le monastre royal 
    Amarapoura                                           Lancelot    276
  Vue du Maha-Toolut-Boungyo (monastre royal 
    Amarapoura)                                          Lancelot    277
  Dtails intrieurs du Maha-comiye-peima  Amarapoura     Navlet    281
  Une porte  Amarapoura                           Clich anglais    284
  Canon birman                                     Clich anglais    284
  Danse des lphants                              Clich anglais    284
  Canal d'irrigation dans le royaume d'Ava         Clich anglais    285
  Jeunes dames birmanes                                     Morin    288
  Le temple du Dragon                                    Lancelot    289
  Rives de l'Irawady (prs des mines de rubis)     Clich anglais    292
  Petite pagode  Mengoun                          Clich anglais    292
  Grand temple de Mengoun (depuis le tremblement
    de terre de 1839)                               Karl Girardet    293
  Valle de l'Irawady au confluent du Myit-Nge          Paul Huet    297
  Temple ruin  Pagn                                   Lancelot    300
  Salces ou volcans de boue  Membo                Clich anglais    301
  Cnes volcaniques dans la plaine de Membo        Clich anglais    301
  Paysans birmans en voyage                        Clich anglais    302
  Statue gigantesque de Bouddha  Amarapoura             Lancelot    304
  Zanzibar vue de la mer                             E. de Brard    305
  Portrait de feu l'iman de Zanzibar                 E. de Brard    308
  Pont de la ville de Zanzibar                       E. de Brard    309
  Un village de la Mrima                                Lavieille    312
  Jihou la Mkoa ou la roche ronde                 Clich anglais    313
  La fontaine qui bout (source thermale dans le
    Khoutou)                                       Clich anglais    313
  Sycomore africain                                Clich anglais    314
  L'Ougogo                                         Clich anglais    315
  Burton et ses compagnons en marche                    Lavieille    316
  Chane ctire de l'Afrique occidentale               Lavieille    317
  Passe dans l'Ousagara                                 Lavieille    320
  Paysage dans l'Ounyamouzi                            Lavieille    321
  Noirs de l'Ousumboua                               G. Boulanger    324
  Huttes  Msn                                        Lavieille    325
  Ngres porteurs                                    G. Boulanger    328
  Noir de l'Ouganda                                  G. Boulanger    329
  Habitation de Snay ben Amir  Kazeh                   Lavieille    332
  Jeunes dames  Kazeh                               G. Boulanger    333
  Coiffures des indignes de l'Ounyanyemb         Clich anglais    334
  Coiffures des indignes de l'Oujiji              Clich anglais    335
  Maison des trangers  Kaoul                        Lavieille    336
  Navigation sur le lac Tanganyika                      Lavieille    337
  Le capitaine Burton sur le lac Tanganyika             Lavieille    339
  Habitation au bord du lac Tanganyika                  Lavieille    340
  Le bassin du Maroro                                   Lavieille    341
  Instruments et ustensiles des Ouajiji            Clich anglais    342
  Riverains du Tanganyika (ct ouest)             Clich anglais    343
  Riverains du Tanganyika (ct sud)               Clich anglais    343
  Le bassin du Kisanga                                  Lavieille    344
  Vgtation de l'Ougogi                                Lavieille    345
  Passe de l'Ouzagara                              Clich anglais    346
  Rocher de l'lphant prs du cap Gardafui        Clich anglais    347
  Dernier tablissement gyptien dans le Fazogl          Lancelot    348
  Contre des Shelouks sur le Saubat                     Lancelot    349
  Blnia (village bari sur le fleuve Blanc)             Lancelot    352
  Habitants de la Havane                                    Potin    353
  Coolies chinois  Cuba                                   Pelcoq    356
  Vue gnrale de la Havane (capitale de Cuba)           Lancelot    357
  Avenue de palmiers devant une habitation de Cuba   E. de Brard    360
  Cathdrale de la Havane                                  Navlet    361
  La volante (voiture de la Havane)                   Victor Adam    363
  Vue de Matanzas                                        Lancelot    364
  Paysage dans l'le de Cuba: Loma (coteau)
    de Candela                                          Paul Huet    365
  Paysage dans l'le de Cuba (Loma de la Givora)        Paul Huet    368
  Grenoble et les Alpes dauphinoises                Karl Girardet    369
  Les Grands Goulets                                Karl Girardet    372
  Pont-en-Royans                                             Dor    373
  Sainte-Croix et les ruines du chteau de Quint    Karl Girardet    376
  Die et la valle de Roumeyer (vue prise des
    hauteurs de Saint-Justin)                            Franais    377
  Le Mont-Aiguille (vu de Clelles)                       Daubigny    380
  Pontaix                                           Karl Girardet    381
  Roumeyer et le mont Glandaz                            Franais    384
  Entre de la valle de Roumeyer                   Karl Girardet    385
  La valle de Loncel                              Karl Girardet    388
  La valle de la Voure et de la plaine du Rhne
    (vue prise des hauteurs de la Vacherie)         Karl Girardet    389
  Beaufort                                               Franais    392
  La fort de Saou                                       Sabatier    394
  Pot-Cellard                                      Karl Girardet    395
  Bourdeaux                                         Karl Girardet    396
  Le Velan et Plan-de-Baix (vue des sources
    du Rudoux)                                     Karl Girardet    397
  Cascade de la Druse                              Karl Girardet    398
  La gorge de Trente-Pas                            Karl Girardet    400
  Le mont Viso                                           Sabatier    401
  Le pont du Diable                                      Sabatier    405
  Le lac de l'chauda                                    Sabatier    408
  Le Pelvoux                                             Sabatier    409
  Le mont Aurouze                                        Franais    412
  Les montagnes du Devoluy                          Karl Girardet    413
  Ruines de la Chartreuse de Durbon                 Karl Girardet    416




CARTES ET PLANS.


  Carte de la Sicile, par M. A. Vuillemin.                             3
  Carte de la Perse, par M. A. Vuillemin.                             19
  Carte des grandes et petites Antilles, par M. A. Vuillemin.         51
  Carte du haut Tlmark (Norvge mridionale), d'aprs
    M. Paul Riant.                                                    67
  Carte de la presqu'le de Bergen, d'aprs M. Paul Riant.            83
  Carte de la Chalcidique, par M. A. Vuillemin.                      115
  Partie du gouvernement d'Yakoutsk, par Piadischeff.                167
  Carte de l'Australie, par M. A. Vuillemin.                         187
  Carte des voyages du docteur Henri Barth en Afrique (partie
    orientale) d'aprs M. de Lanoye.                                 195
  Voyage du docteur Barth (Itinraire de Sokoto  Tembouctou),
    par M. A. Vuillemin.                                             234
  Carte du cours infrieur de l'Irawady comprenant les possessions
    britanniques et la partie sud du royaume d'Ava, d'aprs le
    capitaine H. Yule.                                               260
  Plan d'Amarapoura et de sa banlieue, d'aprs les relevs du
    major Grant Allan.                                               280
  Carte du cours suprieur de l'Irawady et partie nord du royaume
    d'Ava, d'aprs le cap. Yule.                                     296
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (Itinraire de Zanzibar  Kazeh).                      307
  Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
    orientale (2e partie).                                           338
  Carte de l'le de Cuba, par M. A. Vuillemin.                       355
  Carte du Dauphin (partie occidentale: Isre et Drme),
    par M. A. Vuillemin.                                             371
  Carte du Dauphin (partie orientale: Isre et Hautes-Alpes),
    par M. A. Vuillemin.                                             404




ERRATA.


I. Sous le titre _Voyage d'un naturaliste_, pages 139 et 146, on
a imprim: (1858.--INDIT).--Cette date et cette qualification ne
peuvent s'appliquer qu' la traduction.

La note qui commence la page 139 donne la date du voyage (1838)
et avertit les lecteurs que le texte a t publi en anglais.


II. Dans un certain nombre d'exemplaires, le voyage du capitaine
Burton AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, 1re partie,
46e livraison, le mot ORIENTALE se trouve remplac par celui
d'OCCIDENTALE.


III. On a omis, sous les titres de _Juif_ et _Juive de
Salonique_, dessins de Bida, pages 108 et 109, la mention
suivante: d'aprs M. A. Proust.


IV. On a galement omis de donner,  la page 146, la description
des oiseaux et du reptile de l'archipel des Galapagos reprsents
sur la page 145. Nous rparons cette omission:

1 _Tanagra Darwinii_, varit du genre des
_Tanagras_ trs-nombreux en Amrique. Ces oiseaux ne diffrent de
nos moineaux, dont ils ont  peu prs les habitudes, que par la
brillante diversit des couleurs et par les chancrures de la
mandibule suprieure de leur bec.

2 _Cactornis assimilis:_ Darwin le nomme _Tisseim des
Galapagos_, o l'on peut le voir souvent grimper autour des
fleurs du grand cactus. Il appartient particulirement  l'le
Saint-Charles. Des treize espces du genre _pinson_, que le
naturaliste trouva dans cet archipel, chacune semble affecte 
une le en particulier.

3 _Pyrocephalus nanus_, trs-joli petit oiseau du
sous-genre _muscicapa_, gobe-mouches, tyrans ou moucherolles. Le
mle de cette varit a une tte de feu. Il hante  la fois les
bois humides des plus hautes parties des les _Galapagos_ et les
districts arides et rocailleux.

4 _Sylvicola aureola._ Ce charmant oiseau, d'un jaune
d'or, appartient aux les Galapagos.

5 Le _Leiocephalus grayii_ est l'une des nombreuses
nouveauts rapportes par les navigateurs du _Beagle_. Dans le
pays on le nomme _holotropis_, et moins curieux peut-tre que
l'_amblyrhinchus_, il est cependant remarquable en ce que c'est
un des plus beaux sauriens, sinon le plus beau saurien qui
existe.

Le saurien _amblyrhinchus cristatus_, que nous reproduisons ici,
est dcrit dans le texte, page 147.

[Illustration: _Amblyrhinchus cristatus_, iguane des les Galapagos.]

       *       *       *       *       *

IMPRIMERIE GNRALE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9,  Paris.

       *       *       *       *       *





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naturaliste., by Various

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electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
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property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
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Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
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LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
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TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
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providing it to you may choose to give you a second opportunity to
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opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
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1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
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If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


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